‹ La famille et le mariage chrétien [microforme]Chapitre 12 sur 41 · — 59 — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

— 59 — CHAPITRE II

La famille et la double loi du complément et de la hiérarchie.

Si étroite que soit l'alliance contractée par le mariage, cependant, elle n'abolit pas la personnalité des époux. Toute restreinte qu’elle est, la famille constitue une véritable société et, comme toute société, elle est soumise à la double loi du complément et de la hiérarchie. La société complète, perfectionne, parachève l'individu : c’est pour s'entr'aider, se compléter mutuellement, que les individus s'unissent en société ; et nulle société n'est possible sans hiérarchie.

Art. I. — LA FAMILLE, ET LA LOI DU COMPLÉMENT.

La loi du complément, apparaît d'une manière éclatante dans cet ordre merveilleux établi dès le commencement, et que l’on appelle : les différences, les affinités, l'harmonie des sexes. C'est tout d'abord une loi d'ordre physiologique écrite par Dieu, pour ainsi dire, en caractères de chair, mais la pensée créatrice dans la formation de l’homme et de la femme, ne s’est pas arrêtée aux corps; par les corps elle a voulu atteindre et manifester les âmes. Ces différences, affinités, harmonies, se prolongent jusqu'aux sommets de l'âme; par delà la sexualité des corps, Dieu a créé la sexualité des cœurs, des esprits, des âmes. Dans tous les domaines de l'activité humaine : domaine de la pensée, de l'action, de l’art, de la morale, de la religion, de la charité, domaine de la vie individuelle, de la vie sociale, la femme est destinée à tout embellir par le rayonnement de son sexe, en mettant partout, comme une empreinte de virginité et de maternité.

Sans doute l'idéal humain, dans son intégrité, comprend l'ensemble des vertus : aucune vertu chrétienne n’est l'apanage exclusif d'un sexe: il resté néanmoins vrai que cet idéal revêt dans chaque sexe, des caractères différents. Jusque dans les sommets de la sainteté, l'homme et la femme conservent les caractères respectifs de leur sexe. Et, en définitive, rien n’est plus conforme au plan divin, puisque, à la source même de la Rédemption, Dieu a voulu associer les deux sexes, dans la personne de Notre-Seigneur et de la sainte Vierge, afin de montrer que dans l’ordre surnaturel, comme dans l’ordre naturel les deux sexes se complètent pour constituer l'humanité.

La Bienheureuse Vierge Marie, par sa mission auprès du Rédempteur, a élevé jusqu'à Dieu, ces deux privilèges du sexe fémuin : la virginité et la maternité. T,'Eglise, unie à son divin chef, perpétue cette union à travers les âges.

A son tour, le mariage chrétien la reflète dans sa signification sacrée. ñ

En somme, partout où l'humanité se trouve en présence

. de ses origines et de ses destinées, de son idéal, les deux sexes, avec leurs caractéristiques propres, apparaissent indissolublement unis.

Au foyer domestique, la formation morale de l'enfant, à l'instar de sa vie physique, est le fruit de deux principes : paternel et maternel qui s'unissent et se complètent pour ne constituer qu’une seule source d'éducation : chacun apportant le caractère spécial de son sexe moral.

Pour se faire une idée de ce tout harmonieux qui résulte, dans la société conjugale, du mariage des âmes, dss pensées et des cœurs, il faudrait dire tout d’abord, ce qui, dans la psychologie humaine caractérise l'âme féminine, et l’âme masculine, Ainsi, d'elle-même, de son propre élan, cette

question du complément, dépasse les limites de la famille, pour revêtir un intérêt d’une portée universelle.

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