‹ La famille et le mariage chrétien [microforme]Chapitre 13 sur 41 · L'AME FÉMININE · texte numérisé non relu

L'AME FÉMININE

C'est une loi générale de la Providence divine, que Dieu proportionne toujours ses dons et les aptitudes dont il enrichit les êtres, à la mission qu'Il leur assigne.

Le problème que nous posons en ce moment, trouvera donc sa solution, dans la réponse à cette question: pour quelle mission Dieu a-t-il créé la femme ?

Or la raison d’être de la femme, l'idéal féminin, tient dans ces quatre mots: la vierge, la fiancée, l'épouse et la mère.

a) Que ce soit au sein de la famille ou dans l'austérité du cloître, la vierge chrétienne personnific un idéal moral et religieux fait de pudeur, de pureté, d’humilité, de réserve, de modestie, de désintéressement, de dévouement, de délicatesse, d'amour chaste, de tendre piété : tout un ensemble d'idéale beauté dont Dieu a voulu lui-même former les symboles, en créant les plus belles fleurs qui ornent la terre : le lis immaculé, la rose éclatante, l'humble et aimable violette. Il y a quelque chose d'angélique, de céleste dans l'âme de la véritable vierge chrétienne.

Pour conserver ces précieux trésors, pour les défendre contre les nombreux ennemis qui les menacent, la jeune fille n’a pas reçu on partage, la force qui se fait redouter, mais Dieu a imprimé sur son front une auréole de douce majesté qui inspire le respect ; elle possède en outre de la perspicacité, de la réserve, de la prudence, de la finesse, de la défiance, et comme l'instinct du danger; toutes choses nécessaires pour marcher sûrement au milieu des écueils de la vie. Ces dons et qualités, finiront vite par tourner en

défauts, ou par s'oblitérer, et la jeune fille deviendrait bientôt perverse, et une cause de perversion, si elle ne maintenait pas les trésors de son âme au niveau des sources pures qui alimentent tout idéal véritable ; les pratiques religieuses.

C'est pourquoi, Dieu a mis au fond de son cœur, une sorte d’instinct religieux. Et cela explique ce double phénomène universellement reconnu : que, généralement, la femme est plus religieuse que l'homme, et que d'autre part, sa religion contient quelque chose d’impulsif et de spontané.

Enfin, en créant les deux sexes, pour se compléter mutuellement, Dieu leur a donné de nombreuses et profondes uffinités réciproques.

La femme, instinctivement, tend à faire valoir ses dons et prérogatives auprès de l'autre sexe : ce qui exige, de sa part, une grande souplesse, de l'insinuation et comme une psychologie native du cœur de l’homme.

b) A ce merveilleux ensemble qui constitue l’âme de la vierge chrétienne, la fiancée ajoute le lien sacré d’une promesse que doit couronner le sacrement de mariage. Mais ce qui fait le charme idéal de la fiancée, c'est précisément ce qui constitue la beauté morale de la vierge chrétienne. Toujours et partout la véritable fiancée chrétienne, a su inspirer à son fiancé, s’il est digne d'elle, un profond respect, une sorte de culte quasi-religieux. À

c) Lorsque la jeune fille change sa couronne de fiancée pour le diadème de l'épouse, elle n'abdique pas les qualités et vertus qui faisaient son charme de vierge et de fiancée, mais elle les transforme, les fait épanouir en qualités et vertus de la femme chrétienne. Les vertus de l'épouse se superposent à celles de la jeune fille et de la fiancée mais elles ne les abolissent pas. En devenant, par le mariage, l’âme, le cœur, l'ange gardien du foyer conjugal, la reine

de l'intérieur, la fémme doit garder, avec quelque chose de plus auguste, un cœur de vierge et de fiancée,

Pour faire du foyer conjugal, un intérieur où le mari soit retenu autant par l'attrait que par le devoir, pour tenir en échec toutes les fascinations du monde qui attirent le mari hors de chez lui: pour conserver dans son époux, le cœur du fiancé, la femme doit avoir toutes les délicatesses, les prévenances. Elle doit tirer parti des moindres détails, en apparence les plus vulgaires, les plus insignifiants, mais qui sont, en réalité, comme les innombrables fils ténus dont est tissée la trame quotidienne de la vie, Elle doit savoir quand se taire, quand parler, ce qu'il faut dire, quand le dire et comment le dire, ete., ete, Or de tout cela il n'y a ni science, ni technique : il faut à la femme cette qualité précieuse entre toutes : le sens des détails de la vie.

d) Le diadème de l'épouse ne serait pas complet s'il ne

venait s'y ajonter le joyau de la maternité. Mais, pas plus que l'épouse, la mère n'abdique le charme et les vertus de la fiancée et de la vierge chrétienne. La fécondité transpose la virginité dans un autre état : mais de la virginité elle doit conserver le parfum délicat. C’est précisément parce qu’elle garde un cœur virginal, une âme virginale, que la mère chrétienne peut inspirer à ses enfants les plus belles et les plus pures vertus de l'idéal évangélique.

Qu'est-ce donc que Dieu a semé dans l'âme féminine, qui en se superposant à l'idéal de la jeune fille, doit s’épanouir, un jour, en vertus maternelles? Une brève analyse de la mission de la mère va nous le révéler.

La femme est mère, à partir du moment où les lois mystéricuses que Dieu a établies pour présider aux origines de la vie, forment dans son sein, de sa propre substance, cet être à qui elle doit donner le jour. Or qui ne sait combien profonde est l'influence que peut avoir l’état physique et

ui

moral de la mère sur l'enfant qui naîtra d'elle? Cependant cette influence est à peu près inconsciente ; mais la première chose à laquelle devrait penser toute mère chrétienne, dès les premiers instants de sa maternité, c'est de consacrer à Dieu, au Sacré-Cœur de Jésus, à la sainte Vierge Marie, ce fruit de son amour, qui sera un jour son enfant. De plus, par une admirable disposition de la Providence divine, dès ces lointaines origines, l'âme maternelle, par une sorte d'aimantation mystérieuse, agit déjà sur l'âme encore inconsciente qui s’agite en elle, enveloppée de ténèbres au sein de la matière qu’elle anime. Cette compénétration presque anticipée de l'âme de l'enfant, par l'âme de la mère, développe en celle-ci, le sens profond, la vertu intuitive de la vie. Et lorsque cet enfant aura vu le jour, alors que longtemps encore, il sera incapable d'exprimer ses besoins, ses douleurs, ses souffrances, autrement que par des pleurs, sa mère devra lire en lui, le deviner tout entier, La science humaine est insuffisante à fournir une technique précise qui puissé faire comprendre ce qu'il y à de vie profonde et mystérieuse dans cette âme humaine qui cherche à se faire jour sous l'action rudimentaire des sens. Il y faut l'instinct maternel.

Pendant cette longue période de ses débuts dans la vie, l'enfant, impuissant à se suffire en quoi que ce soit, a continuellement besoin de sa mère : ce qui exige, de la part de celle-ci un dévouement de tous les instants, qui va jusqu'à l'oubli complet de soi: la mère, penchée sur le berceau de son enfant malade, suspend pour ainsi dire, sa propre vie, à l'existence de cet être fragile qu'elle dispute à la maladie ou à la mort. Même lorsque son enfant a cessé de faire partie de sa propre substance, la mère continue de vivre en lui, et pour lui. L'amour et le dévouement font partie du cœur féminin tel que Dieu l’a créé. Toute femme est natu-

rellement mère pour tous ceux que l'inclination ou le devoir confient à sa sollicitude,

Page 1