LA MÈRE ET L'ÉDUCATION DE L'ENFANT
Là où la mère exerce la plus noble tâche de sa mission c'est lorsqu'elle travaille à faire épanouir les trésors que Dieu a renfermés dans le cœur de son enfant, à répondre aux premiers besoins de son âme qui s'éveille. Or le premier et le plus profond besoin de l’âme humaine, c'est celui du bonheur qui se rattache indissolublement au besoin religieux. Dieu a créé l'âme humaine pour Lui, ct c'est pourquoi, il a mis, au fond de cette âme un besoin d'infini, que Lui seul peut combler, Mais, entre ce besoin d'infini, et Dieu, il y a toute la distance qui sépare un vide immense, de l'immense plénitude. Pour que s'opère la rencontre entre ces deux abîmes, l'âme de l'enfant doit être orientée du côté de Dieu, et de l'Eglise qui conduit à Dieu. C’est pourquoi, corrélativement, à ce besoin d’infini, qu'il a mis dans l'âme de l'enfant, Dieu a mis dans l’âme de la mère, une sorte de sens religieux qui l’incline à mettre son enfant sur la voie du vrai bonheur, en lui inculquant la crainte, l'amour de Celui qui a promis de donner son ciel à ceux qui auront observé sa Loi sainte.
La mère revit dans ses enfants ; l'éducation de ses filles surtout, lui appartient presque exclusivement, En formant, comme elle le doit, l'âme et le cœur de ses jeunes filles, la mère chrétienne en fait le plus bel ornement de son foyer. La jeune fille joue dans la famille un rôle considérable : auprès de ses plus jeunes frères elle remplace la mère: elle devient pour sa mère elle-même la meilleure des compagnes et la plus sûre des amies.
En elle son père voit revivre le charme qu'il aimait chez celle qui fut sa fiancée et qui est maintenant, la compagne
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de sa vie : ce renouveau bienfaisant ravive et rajeunit en lui l'amour conjugal, et les liens de famille en sont puissamment affermis. La jeune fille est souvent la confidente de ses frères plus jeunes ou même plus âgés : c'est elle qui éclaire les fronts, assombris par la tristesse, le chagrin, ou les passions : messagère de paix, elle dissipe les malentendus, prévient les froissements, réconcilie les éœurs ennemis ; en un mot, elle complète l'action de la mère, et lorsque celle-ci vient à disparaître, elle la remplace, devient le cœur, l'ange gardien, l'âme de la famille.
Enfin, une mére selon le cœur de Dieu, sait que la mission suprême de la famille chrétienne, o'est de donner des prêtres à l'Eglise, et à Dieu des âmes exclusivement consacrées à son service : la tâche sublime de discerner, au fond des âmes, les aptitudes à la vie sacerdotale ou religieuse, d'attirer sur elles le regard de Dieu, par la prière et le sacrifice, de faire germer en elles des aspirations, désirs, une orientation que la Providence conduira un jour jusqu'à l'appel divin; cette tâche sublime appartient tout d'abord et surtout à la mère. C'est une grande grâce que d'être la mère d’un prêtre, et de ressembler ainsi à la Bienheureuse Vierge Marie qui fut la mère du prêtre éternel et souverain : Jésus-Christ. Cette grâce toute mère chrétienne devrait la demander instamment à Dieu, et s’efforcer de s’en rendre digne. i
Nous venons d'esquissei, en traits rapides, le portrait de la femme chrétienne (vierge, fiancée, épouse et mère) d'après l'idéal dont Dieu a semé le germe dans son âme.
Cet idéal admirable, Dieu en a encore imprimé l'exigence dans le cœur de l'homme resté droit et pur. Quel est, en effet, le frère, le fiancé, l'époux, le père, le fils qui n'a pas
désiré pour sa sœur, 5 fiancée, son épouse, sa fille, sa
mère, une âme en qui se trouve tout cet ensemble de vertus qui constituent l'idéal féminin dans toute sa beauté?
Enfin, que fut la chevalerie chrétienne, sinon un culte, en même temps qu'un hommage rendu par l’homme, à la femme idéalisée? Les sentiments que la Dame de ses pensées, inspirait au chevalier chrétien, prenaient place, dans son cœur, auprès de ceux que lui dictait la religion. Sa devise était ‘Dieu et ma Dame’ comme d'autres devises sont ‘Dieu et mon droit ;'’ Dieu et mon pays’’. ‘‘Notre foi, notre langue'’. |
Si nous avons insisté si longuement sur la mission de la femme, et par suite, sur l'âme féminine, telle que Dieu l'a faite en vue de cette mission, c'est d’abord à cause de l’importance capitale de cette mission, au point de vue de la vie morale et religieuse, de la société, de la famille, comme de l'individu ; c’est ensuite, parce que la mauvaise littéra-
ture: livres, romans, journaux, revues et ‘‘magazines’’, illustrés, annonces et étalages, etc. ; les mauvais théâtres, les modes inconvenantes, ridicules et déshonnêtes, les fêtes mondaines, le relâchement des mœurs, par suite de l’abandon des pratiques et des convictions religieuses ; c’est parce que des doctrines subversives autant que nouvelles ; les 80ciétés secrètes, eto., et bien d'autres influences, encore, coalisées, dirait-on, sous l'inspiration de l'enfer, pour déchristianiser la société, cherchent à pervertir la femme, comme l’un des plus sûrs moyens d'arriver à leur but.
Eh bien! pour enrayer cette croisade ignoble du mal, ce‘doit être une des formes de l’apostolat social du vingtième siècle, de relever la femme au niveau de sa mission providentielle, et par elle de former à nouveau, de fortes générations de chrétiens, qui rétabliront le règne de Notre- Seigneur Jésus-Christ sur la société.