‹ La famille et le mariage chrétien [microforme]Chapitre 15 sur 41 · L'AME MASCULINS · texte numérisé non relu

L'AME MASCULINS

L'homme, lui aussi, nous devrions dire, l’homme surtout, a reçu de Dieu une grande mission à remplir ; et pour cela le ciel lui a départi un ensemble de dispositions, d'aptitudes, qu'il doit développer, transformer en qualités, en vertus, afin de compléter ce que nous avons appelé l'âme féminine, et constituer l'idéal humain, dans son intégrité.

Or ce que doit être l’homme, sa mission, la nature de l'idéal qu'il doit réaliser, tout cela nous est manifesté par le rôle spécial que Dieu lui a assigné dans la famille ; rôle auquel nous consacrons les considérations suivantes.

Art. II — LA FAMILLE ET LA LOI DE LA HIÉRARCHIE.

L'homme chef de la femme.

Dès les premières pages de is Genèse, nous voyons que Dieu accorde à l’homme une place spéciale dans l'œuvre de la Création. (Gen., chap. IT et IlÏ)

En effet, Adam est d'abord créé seul, et à lui seul est confiée la destinée de la nature humaine, avec, pour sanction, le précepte concernant l'arbre de vie. Ce n’est qu'ensuite qu'il est question pour Adam d’une compagne semblable à lui, afin de constituer avec lui, une source unique du genre humain. Ainsi, dans la pensée créatrice, la femme est pour l’homme, à qui elle est subordonnée.

Après la chute, Dieu, parlant à la femme, lui dit ces parales: Tu seras sous la domination de ton mari.

Dans le Nouveau Testament, cette subordination est encore plus clairement exprimée. Nous lisons dans l'Epitre de saint Paul aux Ephésiens, chap. V, versets 23 et suivants: ‘Que les femmes soient soumises à leurs maris, comme au Seigneur ; car le mari est le chef de la femme, comme le Christ est chef de l'Eglise... ; or de même que l'Eglise est soumise au Christ, les femmes doivent être soumises à leurs maris, en toutes choses.’ Le même saint Paul écrit aux Colossiens : chap. III, v. 18, ‘‘Vous, femmes, soyez soumises à vos maris, comme il convient dans le Sei. gneur,"” et à ses tilèles de Corinthe, chap. XI ‘‘Je veux que vous sachiez que le chef de tout homme c'est le Christ, que le chef de la femme, c'est l'homme, et que le chef du Christ, c'est Dieu.’ Ici la hiérachie est très explicite, formelle et complète.

Après avoir fait aux femmes l'obligation de se voiler la tête à l'église, saint Paul ajoute: ‘‘L'homme ne doit pas se couvrir la tête, parce qu'il est l'image de la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l'homme. En effet l’homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme de l’homme, et l'homme n’a pas été créé pour la femme, mais la femme pour l'homme. C'est pourquoi la femme doit, à cause des anges, avoir sur ia tête un signe de sujétion.’ ;

Et plus loin saint Paul ajoute encore: ‘‘La nature elle. même ne nous enseigne-t-elle pas, que c'est une honte à un homme de porter une longue chevelure, tandis que c'est une gloire pour la femme qu'une longue chevelure, parce que la chevelure lui a été donnée en guise de voile.’

Tous ces textes que nous venons de citer, affirment d'un: manière catégorique, que le rôle de l'homme est un rôle de chef. Quelques-uns de ces textes, il est vrai, ne concernent directement que la société conjugale: mais les autres

contiennent une signification d'une portée universelle. Du reste, la société conjugale ne change pas la nature respective des époux, et chacun des deux apporte, dans le mariage, les qualités, aptitudes spéciales de son sexe, Si le mari doit être le chef de son épouse, c'est que, au préalable et d'une manière générale, le sexe masculin est le chef du sexe féminin.

Au surplus, par sa conduite même, l'Eglise de Jésus- Christ affirme cette doctrine d'une manière incontestuble, en excluant la femme du sacerdoce, et de toute fonction liturgique proprement dite : le rôle de médiateur, de représentant officiel, dans l'Eglise, est réservé à l'homme seul. Et il en était déjà ainsi dans l'Ancien Testament.

Nous ne nous attacherons pas à démontrer cetto doctrine par des raisons d'ordre physique, physiologique, psychologique, moral et social : nous préférons en exposer l'exacte signification, afin d'en recueillir les précieux enseignements.

Pour éviter toute équivoque fâcheuse sur ce point, il est nécessaire de prévenir les interprétations qui tendraient à fausser le vrai sens du principe que nous venons d'établir. Chef n'est pas synonyme de maître ou de propriétaire, et les relations d'un chef avec ses subordonnés, ne sont pas celles d'un maitre avec ses esclaves. Dire que la femme est soumise à l'homme, qu'elle doit obéir à l'homme, n'équivaut donc pas à dire qu’elle doit être l'esclave de l'homme.

. Le maître avait tout pouvoir sur son esclave, il n'avait pas de devoir à son égard, et l'esclave n'avait aucun droit sur son maître (c'est l'idée païenne de l'esclavage). Or le mari a des devoirs très graves à l'égard de son épouse et la femme a des droits vis-à-vis de son époux.

Il y a esclavage lorsque le maitre commande par son seul caprice, pour son seul avantage, et non selon une. loi. qui le dépasse, à laquelle il obéit lui-même en comman-

dant. Or l'idéal du mariage est régi par des lois auxquelles le mari, comme la femme, est tenu d'obéir ; et de plus rette domination de l'homme est toute à l'avantage de la femme elle-même, 5

Entre le muitre et l'eselus il n'y avait rien de commun, Or la femme fait pour ainsi dire partie de son mari, la tête et le corps ne font qu'un seul tout dise luble,

Ecoutons encore sur ce sujet, Le: au ls enseigne. ments de saint Paul: ‘Mari: on Miies comme “le Christ à aimé l'Eglise «1 \ pour elle, fin de “la sunctifier, après l'avoir : »« | pusmale, ‘avec la parole, pour la ‘airs aitre ‘il lui, cette ‘Eglise, glorieuse, sans tucie, saine mx , rien de sembla. ‘ble, mais sainte et immacult sl ins que Les maris ‘doivent aimer leurs femmes comme ler propres corps. ‘ “Celui qui aime sa femme, s'ainu lui-imème. Car jamais ‘personne n'a haï sa propre chair; mais il la nourrit et “l'entoure de soins, comme fait le Christ pour l'Eglise ; ‘parce que nous sommes membres de son corps (formés de ‘sa chair et de ses os). C'est pourquoi l'homme quittera ‘‘son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, ct de ‘deux, ils deviendront une seule chair. Ce mystère est ‘grand, je veux dire, par rapport au Christ et à l'Eglise, ‘Au reste, que chacun de vous, de la même manière, aime ‘sa femme, comme soi-même, et que la femme révère son “mari.” Epitre aux Ephésiens, chap. V, 95 à la fin.

En somme, le mari doit avoir pour sa femme, un ensemble de sentiments qui implique de la protection, du respect, une sorte de culte affectueux : il doit être son chevalis chrétien.

Bien plus, l'on doit dire en un sens, que la femme possède sur l'homme, une certaine supériorité : elle gouverne par le cœur, elle est la reine du foyer, de l’intérieur : elle est

selon l'expression consacrée : “La maîtresse de la maison.”

Ceci ouvre un nouvel horizon sur la mission respective de l'homme et de la femme. .

Si l'on oppose leurs aptitudes et qualités distinctives, il faut dire que le domaine propre de l'homme, c'est celui de la force, du commandement, des affaires publiques, de la politique, des découvertes scientifiques et de leurs applications aux progrès économiques et sociaux. Au point de vue de la famille, c'est lui qui la résume, la personnifie, en porte la responsabilité ; il en est le représentant officiel. C'est lui qui, au foyer familial, est le dépositaire de l'autorité, tient le sceptre du commandement. La famille, comme toute société bien organisée, repose sur l'autorité, et non sur’ l'individualisme ou l'indépendance. En définitive c'est l'autorité du chef de famille et l’obéissance de ses membres qui constituent la véritable unité familiale. L'union des esprits et des cœurs est sans doute une condition de paix et de bonne harmonie : elle peut bien créer une certaine communauté de pensées et d'affections, de liens intimes et très forts; mais, outre que cette union ne peut se réaliser que dans un cercle très restreint de personnes ayant les mêmes goûts, et des aspirations identiques ou analogues, il ne peut y avoir de société vraie, de hiérarchie proprement dite que 18 où il y a un principe unique, supérieur aux manières de voir des individus, à leurs sentiments personnels, et qui

s'impose par voie de contrainte morale engendrant l'obligation : ce principe ne saurait être que l’autorité.

Mais, d'autre part, ce serait une erreur de donner à ln supériorité de l’homme sur la femme, cette interprétatior d’ailleurs humiliante, que dans le domaine de l'intelligence, de la volonté, de l'initiative et des fortes vertus, la femme ne peut que se traîner péniblement à la suite de l’homme, le laissant seul atteindre les sommets. En tous ces domaincs,

Ta

la femme est la compagne de l’homme, en tous ces domaines, son action, son influence féminine est marquée par la divine Providence, à côté de l'homme. Elle est la reine de l'intérieur du savant, de l’homme de génie, de l'homme d'Etat, de l'homme public, de l'homme d'affaires, comme elle est la reine de l'intérieur du simple artisan. L'intelli. gence, la volonté, le cœur de la femme sont capables de s'élever aussi haut que l'intelligence, la volonté et le cœur de l'homme, mais à leur manière, qui est différente, parce qu'elle est féminine. L'émulation qui anime l’homme et la femme, dans la poursuite de l'idéal, ne doit être, ni de l’antagonisme, ni de la concurrence, mais l'accord harmonieux de deux âmes qui se complètent mutuellement. En vertu de cet accord, de cette union, la femme participe à l'autorité, aon pas en ce sens que la famille peut avoir deux chefs, mais en ce sens que par ses conseils, elle l'éclaire, par son cœur, son savoir faire, elle l'adoucit et la rend aimable. La véritable femme chrétienne est la grande inspiratrice intérieure de l’homme : surtout lorsqu'il s’agit des intérêts et du bonheur de ses enfants : car là plus qu'ailleurs le sens maternel possède une merveilleuse pénétration.

CONCLUSION

En résumé, par le mariage, l’homme et la femme, mettent en commun leurs aptitudes, activités, qualités diverses pour ne constituer qu'un seul principe d'idéal moral et religieux qu'ils ont mission de transmettre à leurs enfants par le moyen de l'éducation familiale.

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