‹ La famille et le mariage chrétien [microforme]Chapitre 17 sur 41 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Mariage et vie parfaite.

Aux Sadducéens, qui lui demandaient insidieusement à qui, au jour de la résurrection, appartiendrait une femme qui avait eu successivement sept maris, Notre-Seigneur fit cette réponse : ‘Vous êtes dans l'erreur, ne comprenant ni “les Ecritures, ni la puissance de Dieu. Car, à la résur- ‘‘rection, les hommes n'ont point de femmes, ni les femmes ‘‘de maris ; mais ils sont comme les anges de Dieu, dans le “ciel” (S. Matt., XXIT, 29 et 30). Si élevé que soit son

idéal, le rnriage n'est donc qu'un état provisoire, imparfait, qui finit au tombeau pour ne plus se reconstituer dans l’autre vie. É

Pourquoi cela? Pourquoi une chose aussi sainte, instituée par Dieu lui-même, consacrée par un Sacrement de la Nouvelle Loi, pourquoi un lien qui représente l'alliance éternelle et indissolub! + Jésus-Christ et de son Eglise, serait-il ainsi réduit ‘. ‘à aurée éphémère des choses qui meurent pour ne plus revivre jamais?

C'est que, dans le plan divin, toute la raison d’être du mariage, de la vie conjugale, se termine ici-bas. La propagation du genre humain, le développement du corps mystique de Jésus-Christ : telle est la mission du mariage. Or le genre humain ne se propage que sur la terre, et le corps mystique de Jésus-Christ se parachève ici-bas. Au ciel, tout est consommé dans la gloire.

Néanmoins, il ne faudrait pas conclure de là, que rien, du mariage ne survit à la dissolution du corps. Car si le mariage contient un élément corruptible, il en contient aussi d’autres qui sont éternels, parce qu'ils se rattachent aux destinées de l’âme immortelle. Comme toutes les choses saintes, le mariage doit avoir au ciel sa récompense et son suprême couronnement.

Chaque mérite, au ciel, aura la récompense qu'il aura gagné : les cœurs unis ici-bas pour travailler, prier, souffrir, aimer Dieu, ne seront point séparés dans la gloire ; ensemble, ils ont travaillé, ensemble ils jouiront du repos et de la récompense.

Les liens de famille se renouent par-delà la mort, et se consommeront au jour de la résurrection. Les parents chrétiens qui auront su donner des élus au ciel, seront entourés de leurs enfants comme d'une couronne de gloire. Et cette couronne sera d’autant plus glorieuse, que les

joyaux en seront plus nombreux. En résumé, ce qui, duns le mariage, est transitoire, éphémère, qui n'a pas de place au ciel, c'est l'élément terrestre ; ce qui au contraire, survit à l'existence d'ici-bas, c'est l'élément céleste,

Quelque saint que soit l'état du mariage, cependant, en raison mème des soins et soucis matériels, terrestres, dont il est encombré, par sa nature méme, et qui tiennent l'âme captive, il ne peut constituer un état de vie parfaite, ct l'état de célibat volontaire lui est préférable. Le Concile de Trente, au canon 10° de la session 24° jette l'anathème à qu'nque oserait soutenir que l'état de virginité et de célibat n'est pas plus parfait que l'état du mariage,

En parlant ainsi, le saint Concile fait écho à la doctrine non équivoque de Notre-Seigneur lui-même (S. Matth., chap. XIX, 9 - 12) ainsi qu'aux paroles très formelles de saint Paul (I, Cor., VII, 38). C'est d'ailleurs l'enseignement constant des Pères de l'Eglise,

Or, de cette supériorité du célibat sur le mariage, saint Paul donne la raison suivante: ‘‘Celui qui n'est pas marié ‘‘a souci des choses du Seigneur, il cherche à plaire au Sei- ‘‘gneur ; celui qui est marié a souci des choses du monde, “il cherche à plaire à sa femme, et il est partagé. De mè- ‘me, la femme célibataire, et la vierge, ont souci des choses ‘du Seigneur, afin d'être saintes de corps et d'esprit; mais ‘celle qui est mariée, a souci des choses du monde : elle ‘cherche à plaire à son mari." (T, Cor., VIT, 32-35).

Cette simple observation du grand Apôtre, contient, en substance, toute la doctrine de la perfection chrétienne. En effet, si tout état de vie chrétienne doit nécessairement tendre à Dieu, comme à sa fin dernière ; si Dieu doit être le motif suprême de toutes les actions humaines, si l'exercice de toutes les énergies qui concourent à la vie morale, doit être suborlonné aux trois vertus théologales : la foi,

l'espérance et la charité, néanmoins, il n'y a de vie parfaite, que là où Dieu est l'objet direct, immédiat, exclusif, des pensées et des affections ; là où il y a don total de soi à Dieu, selon la parole que prononce le jeune homme qui franchit le premier pas de la cléricature ‘‘Le Seigneur est la part de mon héritage."

La vie parfaite demande le renoncement complet à tout ce qui n’est pas Dieu, par les vœux de religion ou de la vie cléricale. Ce renoncement entraîne le sacrifice de toutes les aspirations, affections, ambitions, jouissances terrestres, même les plus légitimes. L'âme qui tend à la perfection, s'isole du côté du monde : c'est l'objet même de son sacri-

| fice; mais pour s'ouvrir toute grande, du côté du ciel : et c'est le prélude du bonheur du ciel.

Car le sacrifice, le renoncement, par lui-même, n'est pas un but, mais simplement une condition, un moyen : le but de la vie parfaite, c'est la consécration de soi-même à Dieu.

Or, à l'âme qui se consacre à Lui, généreusement, Dieu ne peut pas manquer de se donner à son tour. Là où on ne vit que de Dieu, l'on possède Dieu ; et la possession de Dieu, même dans les épreuves, les angoisses et les sacrifices, c'est le royaume de Dieu, le ciel anticipé. Et l'on comprend que Notre-Seigneur, dans son sermon sur la montagne, ait qualifié de bienheureux, les pauvres volontaires, ceux qui souffrent, ceux qui pleurent, ceux qui ont faim et soif de la justice, ceux qui ont le cœur pur, ceux que le monde persécute, pour la justice : car tous ceux-là, par toutes leurs affections, par tous leurs désirs, ne tiennent plus à la terre, muis uniquement au ciel.

De la sorte, le truit d'union entre l'Eglise militante, et l'Eglise triomphante, se fait, ici-bas, par les âmes généreuses qui ont renoncé à tout pour l'amour de Dieu. Par leurs sacrifices, le crucitiement de la nature, ces âmes ap-

partiennent à la terre où l'on souffre ; mais par le sommet de leur âme, où Dieu réside en maître souverain et absolu, elles font déjà partie du ciel. Sans en avoir la jouissance complète, elles en possèdent la réalité par anticipation.

CONCLUSION

Telle est, au point de vue des principes, la nature de la famille et du mariage chrétien.

N'est-il pas évident, que si l'on voulait comprendre et mettre en pratique ces principes, la société tout entière, ‘en retirernit d'immenses avantages? et l'on n'aurait pas à déplorer tant de mauvais exemples, tant de scandales, qui sont la ruine des familles, et pour les générations naissantes, un milieu empoisonné où elles respirent la mort de l'âme et des pures affections.

Malheureusement, la naturalisme, le sensualisme, la soif de plaisir, de jouissances qui ont envahi la société moderne, enferment l'homme dans un égoïsme étroit qui l'empêche de s'élever au-dessus de lui-même.

Les principes sont à l'homme ce que les ailes sont à l'oiseau. Un homme qui a des principes peut s'élever vers les régions supérieures où l’on respire un air pur ct fortifiant, le seul aliment véritable de l'âme humaine.

Mais, précisément, pour faire pénétrer les principes dans les âmes, il faut, au préalable, les gucrir de l'égoïsme et du terre à terre, dont elles souffrent cruellement. C'est pourquoi, pour compléter les considérations précédentes, il nous reste à dire quels sont les maux dont souffrent la famille et le mariage, et quels remèdes il convient d'apporter à ces maux. Ce sera l'objet de la 3° et de la 4* partie de ce travail.

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANS! and ISO TEST CHART No. 2)

nN

FFEE

FFFF

== Ed [e]

FEFEE n LT EF

e F CA

LE

LE

APPLIED IMAGE Inc

1653 East Main Street Rochester, New York 14609 USA (716) 482 - 0300 - Phone

(716) 288 - 5989 - Fox

Page 1