I. — LA SIGNIFICATION RELIGIEUSE ET MYSTIQUE DU SACREMENT DE MARIAGE
Dans la deuxième partie de ce travail, rous avons montré que le mariage chrétien représente l'union mystique dé Jésus-Christ et de son Eglise.
Cette signification, évidemment ne se limite pas à la cérémonie religieuse du mariage ; elle repose sur le lien vivant, profond, indissoluble qui unit les époux. En d'autres termes, la famille chrétienne doit être, par toute sa vie, la eop'. de la famille mystique constituée par Notre-Seigneur et son Eglise. De telle sorte que les époux chrétiens, du fait qu'ils sont unis par le sacrement de mariage, doivent élever la vie conjugale jusqu'à un idéal de perfection morale, inaccessible aux époux non chrétiens, qui cependant accompliraient tous leurs devoirs d'époux, et pratiqueraient toutes les vertus familiales. Bref, la famille chrétienne doit faire rayonner dans la vie conjugale, la sainteté de l'Eglise, cette sainteté transcendante, incomparable, visible à tous, qui fait dire à tous ceux qui savent juger l'Eglise telle qu’elle est: voilà la véritable Eglise de Jésus-Christ. On devrait pouvoir dire de toute famille chrétienne : voilà une famille telle que seule, la religion de Jésus-Christ peut en produire. Toute famille chrétiénne, doit être à sa manière, un traité vivant d'apologétique. :
Ce n'est donc pas par le seul accomplissement de leurs devoirs réciproques, et de leurs obligations familiales, que les époux: constituent une famille vraiment chrétienne. C'est avant tout, par l'esprit surnaturel qui les anime ; de même que ce qui caractérise à proprement parler, le chrétien, ce n'est pas précisément la nature des actions qu'il accomplit, dans sa vie ordinaire, mais l'esprit de foi qui le fait agir, et qui forcément finit par rayonner au dehors.
C'est là, du reste, la raison l'être, comme l'effet propre du sacrement de mariage et des grâces spéciales qui y sont attachées. è
Mais, évidemment, cet esprit surnaturel exige ou suppose, au moins un minimum de vie intérieure, d'union ou mieux de communion à Dieu, dans ce sanctuaire intime de l'âme,
où s'élaborent les profondes assises intellectuelles et morales de la vie humaine,
Esprit de foi vrai, solide, qui a pénétré jusqu'aux sources mêmes de la vie morale, dans les facultés supérieures de l'âme : telle est donc la condition essentielle, fondamentale de la vie chrétienne, pour la famille, comme pour l'individu,
Or, ce qui domine dans la vie moderne, c'est précisément la légèreté, la dissipation, le sensualisme et le nasuralisme. La vie du monde est trop agitée pour permettre à l'âme de se recucillir au-dedans d'elle-même. La civilisation moderne, semble n'avoir d'autre but que la richesse, le confort, la jouissance ; elle ne fait pas de place à l'esprit de foi, et aux renoncements qu'il impose.
La vice du monde moderne est un courant violent qui entraîne tout sur son passage. Pour lui résister, pour remonter ce courant, il faut une force d'âme, une énergie personnelle peu ordinaire, que l'on ne peut trouver intégralement sans le secours de la grâce, et conséquemment en dehors de la fréquentation des sacréments et par-dessus tout, de l'Eucharistie, le sacrement par excellence.
Or, en raison précisément des conditions modernes de la vie du monde, avec son agitation, ses exigences, on a perdu le goût, le sens des choses spirituelles, le temps fait défaut pour recourir aux sources de la vie de l’âme,
D'autre part, une chose à laquelle on ne pense que très rarement, et d’une manière toute superficielle, ne saurait avoir sur la vie morale qu’une influence très restreinte, sinon pratiquement nulle.
Perdant contact avec la source de la véritable vie, il n'est pas étonnant que la famille chrétienne ne réalise plus son véritable idéal, celui de la mission que lui a assignée Notre- Seigneur lui-même.
Ce manque de vie spirituelle, de vie supérieure semble plus désastreux encore pour les chrétiens que pour les autres.
Les chrétiens, en effet, ont appris, et savent, au moins d'une manière vague et confuse, que la base unique, le seul fondement du devoir, c'est Dieu, Jésus-Christ et la religion qu'Il a apportée sur la terre. Dans la même mesure, ils n'ignorent pas, qu'en se détachant de .Tésus-Christ, et par conséquent du fondement même du devur, leur vie morale ne repose plus sur aucun point d'appui, et, comme un navire désemparé, elle sera ballottée par tous les 1x, exposée
. à toutes tempêtes.
Le grand ennemi de la famille, du inmasinyyxe chrétien,
c'est le manque d'esprit de foi, de cou"iaoa; relirieuses et le manque d'énergie, qui empêche d'en :ouérir.