IT. — CÉLÉBRATION DU SACREMEBNT DE : \R
Comme tout voyage au long cours, la vie Hums:ne s’accomplit par étapes, et comme tout chemin sinueux, elle a ses tournants. Ces étapes et ces tournants sont marqués par certains événements plus importants, certains jours décisifs. L
Lorsqu'il jette un regard en arrière, pour se rendre compte de la route parcourue, le voyageur ne s'arrête qu'aux points saillants du trajet, aux étapes, aux tournants, qui lui servent ainsi de points de repère, et de base de calcul.
Ainsi en est-il du voyageur de la vie, lorsqu'il porte ses regards vers le passé : il s'arrête aux points saillants de sa vie, zux jours décisifs de son existence; et le souvenir de ces jours, lui sert de réconfort et de lumière pour l'avenir.
Les beaux jours de la vie, qui émergent dans le passé, très souvent ramènent l'homme dans le droit chemin.
Combien de fois, n’a-t-on pas constaté, que le souvenir d'une bonne première communion, avait fait revenir des âmes après de longues années passées dans l'erreur et le désordre, dans le chemin du devoir, surtout au moment de la mort.
Muis pour que de tels jours exercent cette influence salu-
taire, il faut qu'ils aient laissé dans l'âme une impression profonde et pleine de charmes.
-‘ C'est pourquoi l'Eglise déploie les ressources de sa magnifique liturgie pour solenniser les jours de première communion, de confirmation, de mariage, de profession religieuse et d’ordination.
La liturgie catholiqué, par son merveilleux symbolisme, rend en quelque sorte, sensible, l'action sanctifiante de Dieu ; elle veut pour ainsi dire ouvrir les avenues de l’âme toutes grandes à l'influence de l4 grâce, et fixer dans la mémoire un souvenir tout imprégné d'idéal surnaturel, presque de contact avec Dieu.
Les époux chrétiens, qui, à l’aurore de leur vie conjugale, ont su vivre un de ces jours parfumés de joie pure ct de sentiments surnaturels ; en d’autres termes, les époux chrétiens, qui à l’exemple des époux de Cana, ont su inviter Notre-Seigneur à leur mariage, attirent les bénédictions de Dieu sur leur ménage, et le souvenir de ce jour embaumera toute leur vie. Aux moments d'’épreuve, il les éclairera : comme une lumière divine dans les ténèbres, et les fortifiera contre les tentations de découragement. À
: Heureuses les vies qui peuvent ainsi se renouveler, se rajeunir à la lumière, à la chaleur de souvenirs sans ombre et sans rémords !
Or, comment la vie moderne conçoit-elle un jour de mariage ? quelle place y tient le côté religieux, même à l'église? Comment se prépare-t-on au sacrement de mariage ?
Trop fréquemment, en certains endroits surtout, la cérémonie du mariage s’accomplit à la hâte, en dehors de la messe, comme une formalité banale, importune, dont on se débarrasse au plus vite.
Et lorsqu'on demande une messe de mariage, c'est pour en faire le plus possible, une parade, une occasion d'étaler des toilettes, d'attirer des regards qui devraient être fixés sur l'autel ei le Tabernacle.
Aussi, dans quels sentiments assiste-t-on à la mess? Où sont les esprits des assistants, des nouveaux époux eux-même, pendant que sur l'autel du sacrifice, la divine victime g'immole pour eux? Quel contraste entre ce qui se passe sur l'autel, et ce qui se passe dans l'âme des assistants ! On dirait que la cérémonie religieuse fait partie de la fête profane.
Le reste de la journée se passe en rèjouissances. Rien de mieux, évidemment, ce. jour-là, qu'une joie saine et pure. Mais, n'est-il pas vrai que trop souvent les noces dégénèrent en joüissances toutes païennes, où la tempérance et la modestie chrétienne sont indignement foulées aux pieds?
Quel souvenir, quelle impression, une journée passée ainsi, au début de leur vie conjugale, va-t-elle laisser aux nouveaux époux? Et comment, dans un tel souvenir, pourront-ils puiser le réconfort dont ils auront besoin plus tard, pour se renouveler dans leur premier amour ?