‹ La famille et le mariage chrétien [microforme]Chapitre 27 sur 41 · TIT. — LA LÉGISLATION ET DISCIPLINE DU MARIAGE · texte numérisé non relu

TIT. — LA LÉGISLATION ET DISCIPLINE DU MARIAGE

Le mariage chrétien, étant, de par la volonté de Notre- Seigneur Jésus-Christ un sacrement de la Nouvelle Loi; d'autre part, la législation, et la discipline des sacrements,

ayant été confiée à l'Eglise par son divin Fondateur; il ” s'ensuit que, pour tout ce qui concerne le contrat de mariage dans sa substance, le lien conjugal avec ses différentes conditions de validité et de licéité, l'Eglise seule possède l'autorité et la compétence nécessaires. Nous croyons superflu d'insister, après ce que nous avons dit dans notre deuxième partie.

Ce droit d’ailleurs peut être établi solidement par Îs raison théologique, s'appuyant sur le caractère sacré et religieux du mariage.

Pour prouver les droits de l'Eglise, en matière d’éducation, les Théologiens comparent la génération surnaturelle à la génération naturglle et se servent de l'argumentation suivente :

Les droits de la famille, en matière d'éducation sont basés sur la génération naturelle.

Le droit primordial, comme le premier devoir, concernant l'enfant, relève tout d’abord, des parents dont il est le prolongement naturel : la vie de l'enfant, est, en quelque sorte greffée sur la vie de: parents.

Or, l'Eglise est mère ; elle engendre à la vie surnaturelle par le baptême. En raison de cette génération spirituelie, l'Eglise a donc un droit sacré, imprescriptible sur tous les baptisés. Et ce droit de l'Eglise, est en un certain sens, supérieur au droit même des parents, en raison de l’infinie supériorité de la vie de la grâce sur la vie de la nature,

Ce raisonnement établit aussi les droits de l'Eglise en ce qui concerne la législation ct la discipline du mariage; car la vraie raison d'être du mariage c'est de donner des enfants à l'Eglise, et, par l'Eglise, à Dieu.

Tout cela est fort juste. Mais, à notre avis, ce n'est pas assez dire ; car la comparaison entre la génération naturelle et la génération surnaturelle prouve beaucoup moins par ses analogies que par ses contrastes.

En effet, 1° tandis que, pour la vie naturelle, l'enfant vient au monde, naît à vrai dire, en se séparant du sein maternel, au contraire, c'est en entrant dans le sein de l'Eglise, en devenant membre de l'Eglise, en s’incorporant au corps mystique de Jésus-Christ, que l'enfant naît à la vie surnaturelle; et pour l'homme se séparer du sein de l'Eglise, c’est la mort spirituelle.

2 Si, par la bi des origines, et la loi de la continuité vi*aie, l’iomme ne cesse jamais d'appartenir à !a famille de laqueiïie il a reçu le jour ; c’est, par contre à une loi de décontralisation qu'il obéit, pour le développement et le plein épanouissement de sa personnalité intellectuelle et morale.

Dans l’ordre de la grâce, au contraire, la loi de centralisation préside au développement, comme à la naissance de la vie surnaturelle. C'est par une incorporation toujours de plus en plus grande, de plus en plus intime à l'Eglise, par une dépendance de plus en plus profonde et universelle visà-vis de son autorité et de son magistère, que le chrétien développe sa vie morale.

En d’autres termes, la vie du chrétien, fait intimement partie de la vie même de l'Eglise. Lorsque l'Eglise légifère sur la vie chrétienne de ses membres, c’est donc de sa propre vie qu'elle s'occupe ; elle fait un acte d'organisation intérieure.

.Or, le mariage, par sa signification, par ses fins essentielles, et par l'institution positive, de Notre-Seigneur, est au premier chef une forme de vie chrétienne. La deuxième partie de ce travail l'a démontré abondamment.

La législation du mariage est donc essentiellement pour l'Eglise, un exercice de sa vie intime.

Par conséquent, sur ce point, le danger, pour la famille, provient de tout ce qui s'oppose à l'action législatrice et disciplinaire de l'Eglise concernant le mariage.

Or, cette opposition vient de deux sources : la liberté individuelle, et l’autorité civile.

De plus en plus, la volonté humaine cherche à se soustraire à tout ce qui peut ressembler à un joug, à une restriction de la liberté. En particulier, pour ce qui concerne le mariage, l’on croit avoir tout dit, lorsqu'on a répété ce sophismé aussi ridicule au fond, qu’il pataît simple, à la surface :

‘Le mariage est une question de consc ace : après tout ce sont les évoux qui se marient et cela ne regarde qu'eux seuls.’ L est à peu près, comme si l'on disait : le vol, l’adultère, le mensonge, sont des affaires de conscience individuelle, cela regarde celui qui les commet, et personne autre.

Malheureusement, la très grande partie de la littéräture matrimoniale moderne repose sur ce sophisme, et son action dissolvante sur un grand nombre d'esprits, a faussé la notion fondamentale, essentielle du mariage chrétien.

Ce même esprit d'indépendance, fait que l'on méconnaît absolument la segesse, la prudence, comme la nécessité des prescriptions de l'Eglise, relatives au mariage ; prescriptions que l’on traite de tyranniques, ou de mesures cupides et intéressées. Tout cela entretenu par les calomnies d'une presse hostile, finit par s'accrèditer dans l'esprit des catholiques eux-mêmes.

Ainsi, l’on considère volontiers comme un abus, une grande partie des empêchements que l'Eglise met au mariage, l'argent qu'elle exige pour accorder des dispenses, ses nouvelles législations, en particulier, le décret ‘Ne temere'’, etc., etc. L'ignorance ou la mauvaise foi, en cette matière, sont une source de graves inconvénients. Et peut-être n'est-il pas inopportun d'attirer sur ce point, l’attention du clergé des paroisses et des missions, pour qu'il donne aux fidèles, sur ce sujet, des explications claires, satisfaisantes, qui détruisent les préjugés en faisant la lumière dans les esprits. A leur tour, les fidèles pourront, à l'occasion, justifier victorieusement l'Eglise contre les multiples attaques de ses ennemis.

Une autre cause de désordre, provient des pouvoirs publics, qui, par une violation sacrilège des droits de Dieu et de l'Eglise, légifèrent sur la substance même du mariage,

s’attribuent le pouvoir de briser le lien conjugal et sanctionnent le divorce.

Que ces lois du divorce soient acceptées ainsi dans les nations modernes où règne le suffrage universel, cela suppose évidemment qu'il est reçu dans les mœurs; mais d’autre part, le fait que le divorce est sanctionné légalement, contribue puissamment à le faire passer dans les mœurs. Il y a là une sorte de cercle vicieux.

Nous le répétons avec insistance, les lois qui reconnaissent et sanctionnent le divorce, sont des lois immorales et sacrilèges.

| Section II. — Deux1ÈME LoI DE LA SOCIÉTÉ CONJUGALE : | LA LOI DE SUBORDINATION.

Le sacrement de mariage unit les époux pour qu'ils furlb |! ment une société conjugale une et indissoluble: mais il | n'abolit pas leurs personnalités respectives. Or, il ne saurait y avoir d'union pour une société, que dans la hiérarchie, qui, par définition, implique la subordination. Cette loi de ln À | hiérarchie et de la subordination, dans la famille, ou plutôt | dans la société conjugale, consiste en ce que l'homme est À chef de la femme ; principe exposé ot longuement développé | dans notre deuxième partie.

| Sous ce rapport, le danger, pour la famille, c'est tout ce | qui tend à affaiblir ou à détruire cette loi. Dans nos temps modernes, c'est avant tout, le féminisme, dont nous allons exposer les doctrines subversives et' que nous réfuterons ensuite.

Art. I. — ExP0SÉ pu FÉMINISME.

D'une manière générale, le féminisme se propose comme idéal à réaliser, et but à atteindre : l'émancipation de la femme. Gela suppose que la femme est esclave, et qu'il faut la soustraire à cet esclavage. Mais ces mots : émancipation, esclavage, etc., sont très élastiques, c’est-à-dire, peuvent signifier une foule de choses et deviennent par là même, une source de dangereuses équivoques. C’est pourquoi il importe avant tout d'en bien préciser le sens, en montrant exactement, 1° ce que n'est pas le féminisme, 2% ce qu'il est.

$ 1. — Que la femme ait à subir la tyrannie de la mode dont elle est l’esclave souvent complaisante ; que dans les ménages malheureux ce soit habituellement la femme qui est la victime d'un mari ivrogne, paresseux, violent ou brutal; que, en cas d’infirmité, ou de maladie, ou encore de paresse du mari, ou simplement d'insuffisance de’ son salaire pour faire vivre la famille, la femme soit obligée de travailler, et qu'elle soit contrainte de le faire dans des conditions inférieures et défavorables ; que cette femme, mère de famille, soit forcée par la nécessité, de quitter le foyer, de négliger presque totalement l'éducation de ses enfants ; que dans plusieurs pays, le travail des femmes soit indignement exploité par des industriels sans conscience ; que dans une foule de cas, surtout chez les ménages ouvriers, les veuves soient exposées à toutes sortes de privations et de misères; que dans la charge d'élever les enfants, la femme porte souvent tout le fardeau, tandis que le mari s'en désintéresse ; que, principalement, dans bien des centres industriels les jeunes filles, éloignées de leur famille, soient exposées à toutes sortes de tentations et de dangers; que trop souvent, l'éducation des jeunes filles soit superficielle ou frivole ; que les connaissances même sérieuses qu'elles acquièrent, leur servent trop souvent de matière à coquetterie : que d’une façon générale, le retour aux mœurs païennes, . constaté douloureusement par tous les gens restés honnêtes, dans la société moderne, aboutisse à ce résultat fatal, de faire de la femme un simple ornement de la vie, et un objet de convoitise pour les passions de l’homme : tout cela — et la liste pourrait s’allonger — constitue sous différentes formes, un véritable esclavage pour la femme: esclavage dont il est urgent de la délivrer.

Travailler à l'émancipation de la femme, dans ce sens, et dans ces limites, c’est faire une œuvre éminemment 80-

ciale, une œuvre à laquelle le christianisme s'est appliqué de tout temps; mais ce n'est point là, le féminisme, du moins au sens moderne du mot.

$ IL. — Ce qu'est le féminisme : a) la doctrine, b} les preuves.

a) Toute la doctrine du féminisme moderne, tient dans la formule suivante : égalité absolue de la femme et de l'homme en regard des professions libérales, et de l'accession aux emplois publics, au moins pai croit de vote, sinon d'éligibilité pour ce qui concerne les foncti ns publiques. C'est-à-dire que les femmes au même titre ::::: l'omme, et, avec autant de droit, peuvent aspirer à êt:* : :edecins, avocats, notaires, juges, magistrats, députés, 1. 1nistres, chefs de pompiers, etc.

b) Les preuves. Elles sont multiples, mais pevent aisément se ramener à trois chefs : 1° un principe ; 2° la constatation et la réfutation d'un préjugé ; 3° un fait.

1° Le principe. C'est celui qui a inspiré à la Révolution française le titre flamboyant des ‘‘Droits de l’homme’ : à savoir : la source des droits et des devoirs, pour l'homme réside dans sa liberté, et dans sa conscience qui en règle l'usage.

Or, la liberté et la conscience, sont choses essentiellement individuelles : chacun est maître absolu. ‘‘chez lui’, surtont à l’intérieur de sdn âme. Et si les capacités ne sont pas les mêmes chez tous, du moins, les droits sont égaux.

C’est pourquoi, la formule ‘‘Les Droits de l'homme’’, équivaut à celle-ci qui ést beaucoup plus précise et beaucoup plus juste : ‘‘Les droits de la personne humaine.”

Ainsi,-les devoirs, charges, obligations morales, ne peuvent provenir que de la liberté individuelle, s'engageant librement. Par exemple, le mariage est un contrat mutuel,

librement consenti, dont les conditions dépendent de la volonté des conjoints. Ce qui rend le mariage permanent, ce n’est donc pas le consentement donné une fois pour toutes et obligeant pour toujours, en vertu d'un lien mystérieux indissoluble ; mais c'est le libre consentement, renouvelé, pour ainsi dire, continuellement.

Dans de telles conditions, il est clair, qu'il ne saurait y avoir de place pour la loi de subordination.

2 Constatation et réfutation d'un préjugé. Le préjugé constaté par les féministes, c'est celui qui consiste à considérer la femme comme inférieure à l’homme. C'est ce préjugé qui, dans le passé, a empêché la femme d'exercer ses aptitudes et ses talents dans les sphères supérieures de l'activité humaine. !t maintenant que l'on peut constater l'absence, ou l’abstention de la femme dans les productions de génie, dans les chefs-d'œuvre, par exemple, en peinture, en architecture, en science, en littérature, en poésie, en musique, en philosophie, etc., l'on conclut à son infériorité intellectuelle, artistique et morale.

C'est là, manifestement un cercle vicieux, duquel proviennent de désastreux résultats. Ce préjugé de l’infériorité de la femme est passé dans les mœurs, et il est extrêmement difficile de l'en déraciner. La femme elle-même en a pris son parti, et s’est rabattue sur les bagatelles, les frivolités ; l'éducation féminine, en général, est basée d'ailleurs sur ce principe ; on enseigne aux jeunes filles les arts d'agrément ; mais l’enseignement supérieur lui est resté fermé, du moins jusqu'aux temps modernes. L'on comprend du reste que l'homme cherche à faire prévaloir ce préjugé : l’orgueil masculin y trouve tout avantage.

En réalité, cependant les aptitudes intellectuelles de la femme sont aussi étendues, aussi profondes que celles de l'homme.

Que l'on donne, par exemple, à l'éducation féminine, les avantages réservés, jusqu'ici, à l'homme, et bientôt l'on Pourra s'en convaincre.

D'ailleurs, en certains pays, les exemples sont là, nombreux, qui le prouvent d'une manière éclatante : l'on y ren. contre des femmes docteurs en droit, en médecine : des femmes avocats, magistrats, juges, etc. N'a-t-on pas vu des femmes présider avec succès, à des empires? et combien d'institutions, ou organisations sociales sont gouvernées par des femmes avec un tact et un talent dont bien peu d'hommes seraient capables ! :

8° Un fait. Enfin, les femmes comme les hommes, ont des intérêts qui dépendent de la magistrature, des professions libérales, et même des conditions politiques. Conséquemment elles ont droit sur ces carrières. Et si, per exemple, les femmes avaient le droit de vote, aux jours d'élec. tion les choses Pourraient certainement changer et très probablement pour le mieux. Tenir ainsi la moitié de l’humanité, peut-être la plus saine, en dehors des affaires publiques, c’est priver le bien commun d'un puissant moyen d'équilibre et de prospérité.

La conclusion de tout cela, c'est que l'émancipation de la femme son accession aux charges ou fonctions publiques, au même titre que l'homme, s'impose comme une réforme sociale urgente,

Art. II. — CRiTiQue pu Féuinisme.

Après avoir exposé ce Gu est le féminisme, il nous reste à le juger. Evidemment, ve système, comme fout système du reste, vaut ce que valent les preuves sur lesquelles il s'appuie, Ce sont done les preuves du féminisme que nous

avons à juger présentement ; et nous le ferons par les observations suivantes.

$I. Le principe fondamental du féminisme examiné : 1° dans ses conséquences ; 2 en lui-même.

1° Dans ses conséquences.

De même que l'on peut juger d'un arbre à ses fruits, ainsi l'on peut juger d'un principe, aux conséquences qu'il engendre.

La première conséquence du principe en question, est celle-ci : puisque la volonté humaine est la source de tous les droits individuels, de toutes les obligations individuelles, ii s'ensuit que la volonté générale, résultant de l'entente des volontés individuelles, ou plutôt, de la majorité des volontés individuelles, sera, à son tour, et d’une manière infiniment plus étendue, la source des droits et des devoirs dans la société. Et comme, en fait, la majorité, c'est le parti au pouvoir, et dans le parti, les chefs, il s'ensuit que les chefs du parti au pouvoir seront les maîtres absolus des volontés individuelles, C'est la négation de la liberté individuelle qui était, cependant, au point de départ, considérée comme un dogme sacré, intangible. La conscience individuelle s'est transformée en l'Etat omnipotent, impersonnel, dont elle est devenue l'esclave.

C'est au nom de la liberté de onscience, qu'en certains pays, on persécute violemment l'Eglise catholique, on proscrit les religieux et les religieuses ; on a créé le monopole de l'Etat en matière d'éducation ; on a imposé les écoles neutres: on oblige les catholiques à payer double taxe pour avoir leurs écoles confessionnelles, auxquelles, d'ailleurs on ne cesse pas de susciter toutes sortes de difficultés, etc.

La monstruosité de telles conséquences, dit assez qu'elles proviennent d'ure source nécessairement empoisonnée.

MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART (ANSI and ISO TEST CHART No. 2)

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