‹ La famille et le mariage chrétien [microforme]Chapitre 28 sur 41 · APPLIED IMAGE · texte numérisé non relu

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> Le principe du féminisme, considéré en lui-même. a) Si l'on insiste tant sur les droits de l’homme, c'est évidemment, pour faire oublier les droits de Dieu. C'est là l’immoralité fondamentale, Lorsque l’homme s'éloigne de la source suprême de l'ordre, du Bien, il devient, au-dedans, | la proie de ses mauvais instincts, et au-dehors, la victime

des mauvaises doctrines qui finissent rapidement par développer en lui, toutes leurs pernicieuses conséquences. | C’est la religion qui est la première et la plus sûre sau- | vegarde des droits de l’homme, de sa liberté et du dévelop- | pement de sa personnalité. Là où Dieu n’est pas respecté, on ne respecte plus rien, et l’on peut s'attendre à tous les excès.

Contre les intérêts, contre le plaisir, contre les passions, que peuvent valoir des doctrines abstraites, des théories creu- | ses, que peut valoir une autorité, qui ne peut pas atteindre

à la source du mal, au fond de la conscience, qui n’a d’autres

sanctions à son service, que celles de la force brutale, et qui

s’arrête, impuissante, au seuil de l'éternité? | Les principes de la religion, jouent par rapport à la vie | morale, le rôle que joue l’âme vis-à-vis du corps. L'âme disparue, c'est la corruption qui commence, la corruption fatale qui ne s'arrêtera plus. Sans doute, cette corruption n'est pas complète dès le commencement : on dirait que, | même disparue, l’âme continue à exercer son influence, en empêchant la désorganisation immédiate. Ainsi, les principes religieux, même abandonnés, excrcent encore quelque temps leur influence qui empêche la chute morale, immédiate et totale. Mais dans l’un et l’autre cas la corruption poursuit sourdement et rapidement son travail de destruction.

C'est, en outre, une utopie dangereuse, de vouloir considérer les personnes humaines comme des atômes isolés et

la société comme un composé de ces atômes. La sociabilité est une des premières propriétés de l'homme, et l’association l’une des formes les plus naturelles de la vie humaine. Ce ne sont pas directement les inlividus, mais les familles qui constituent les éléments primordiaux de là société. Audessus des familles, d'autres associations s'échelonnent graduellement jusqu'au pouvoir suprême qui gouverne la nation: et c'est ainsi par une sorte d'organisation morale, que se compose ce qu’on a justement appelé le corps social.

Si, dans l'ordre économique, l’on déplore tant de grèves, de crises, de désodres, la cause doit en être attribuée à l’individualisme dans lequel la Révolution française a jeté l'ouvrier. Le Pape Léon XIII, de glorieuse mémoire, est très explicite sur ce point, dans son immortelle Encyclique sur la ‘‘Condition des ouvriers.”

C’est donc sur une grave et grossière erreur, que repose la théorie du féminisme, en se basant sur l’individualisme.

b) Ce mot ‘‘égalité”’ employé ainsi d'une manière absolue, sans précision aucune, est équivoque, et peut engendrer de désastreuses confusions, dont l'erreur profite pour le mal. Il y a en effet, une égalité mathématique, basée sur la quantité, et qui convient aux choses purement matériel. les. Parmi les hommes, surtout au point de vue moral et social, cette égalité est impossible et serait, d’ailleurs destructive. Elle supposerait :

1° D'une part : que tous les hommes possèdent les mêmes aptitudes, les mêmes dispositions, les mêmes qualités ; 2 que d’autre part les fonctions nécessaires à la société pour l’ordre, le bien-être, ‘‘la prospérité et le progrès, sont identiques, au lieu d’être diverses et extrêmement variées, comme d’ailleurs les besoins eux-mêmes de la société.

En cette matière, la seule égalité qui convienne, et d'ailleurs la seule possible, c'est l'égalité de proportion, celle

qui résulte de l'harmonie. Dans une mélodie, parfaitement une, et parfaitement continue, ce qui produit la beauté, c'est la proportion avec la variété des valeurs et des intervalles. Ce serait un non-sens de vouloir faire un accord musical, avec un unisson .

Pour continuer cette comparaison: dans une mélodie, ou une harmonie, la valeur des notes ne vient pas précisément du degré supérieur ou inférieur, du rang qu'elles occupent dans l'échelle musicale ; mais de l'importance du rôle qu’elles remplissent par rapport à la mélodie, ou à l'harmonie totale. Sans doute sous ce premier aspect, les différentes notes, les notes basses et les notes élevées sont de valeur inégale, surtout comparées les unes aux a ‘e Mais ce n'est là qu'un aspect très secondairé et tre superficiel.

Ce qui donne la véritable valeur aux différentes notes d'un

même accord ou d'une même mélodie, c'est avant tout, la mélodie elle-même, ou l'harmonie de l'accord. Or, cette mélodie, cet accord est un tout indiscontinu et indivisible ; et chacune des parties est pour ainsi dire animée par l'âme du tout. - \ Ainsi en est-il, dans l'ordre moral, surtout au point de vue de la société. Le bien commun résulte du concours varié et harmonieux de toutes les énergies ; des charges et fonctions diverses. Toutes ces différences, tous ces concours divers, s’unifient, s'égalisent, s’harmonisent dans le bien commun dont ils sont les facteurs, c'est également du bien commun que les fonctions, en apparence les plus humbles, tirent leur éminente dignité. Le dernier écheion d’uae échelle n'est ni moins nécessaire, ni moins important que le plus élevé.

C'est donc pæ suite d'une grave confusion de langage, que le féminisme parle de l'esclavage, de l'infériorité de la femme, du seul fait qu'elle n’a pas, à l’égal de l'homme,

accès à tous les emplois publics, à toutes les professions libérales, à tous les droits politiques,

Les développements que nous avons donnés, dans notre deuxième partie, à cette loi de la subordination, suffisent à montrer jusqu'à l'évidence, que le rôle de la femme, bien que subordonné à celui de l’homme, ne lui est cependant nullement inférieur, bien au contraire.

Ces explications préliminaires semblaient nécessaires pour dissiper les équivoques. Arrivons maintenant à la discussion plus directe du féminisme.

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