‹ La famille et le mariage chrétien [microforme]Chapitre 30 sur 41 · AN · texte numérisé non relu

AN

âme, pour inculquer profondément à ses enfants, des convictions, des habitudes, qui seront plus tard, la plus sûre gorantie de leur intégrité morale, de lenr ?sprit chrétien, au milieu des luttes de la vie.

De ces deux femmes, laquelle travaile le plus efficacement et le plus profondément au bien commun?

L'incompatibilité des soins du ménage, des devoirs d'une mère de famille, avec les agitations et les tracas de la vie publique, est d'ailleurs tellement évidente que les féministes eux-mêmes, dans leurs théories, font une exception pour la mère de famille, du moins jusqu'au jour où elle aura élevé ses enfants. Jusque-là, elle peut déléguer son mari pour la défense de ses intérêts, dans la vie publique.

Voilà donc un cas très intéressant, dans lequel les principes du féminisme viennent s'échouer contre une impossibilité.

C'est là une simple exception, insistent les féministes, qui n'affecte en rien la règle générale.

Examinons la chose d'un peu plus près. Tout d'abord, il est bien étrange que cette exception porte précisément sur les femmes à qui incombent les charges les plus lourdes, les devoirs les plus astreignants, et, par conséquent, dont les intérêts sont les plus graves; et cela, pour la raison, qu’elles accomplissent le rôle lc plus essentiel pour lequet leur sexe a été créé. Voilà bien une exc:ption, qui ressem ble fort à une règle. Cela seul suffirait à montrer l’inconséquence et le ridicule des théories féministes. Mais il y a plus.

Avant d'être épouses, et d'êtr. mères, ces femmes étaient des jeunes filles. Nous demandons aux féministes: Est-ce que ces jeunes filles ne pouvaient pas, également délégue. leurs pères, ou leurs frères, pour défendre leurs intérêts dans les questions politiques, ou autres?

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Car si l'on veut lancez les jeunes filles dans la politique. on en fera fatalement des émancipées, c'est-à-dire des personnes dont la vertu facile s'accommode de tous les milieux et de tous les contacts.

Et puis l'on supprime ce rôle si touchant de la jeune fille, au foyer domestique : être l'aide, la compagne, l'amie de choix de la mère; être une seconde mère pour les cadets ; remplacer la mère, malade où morte ; consoler le père, ramener la joie et le sourire, sur les fronts embrunis, être le cœur mystérieux qui peut recevoir toutes les confidences, consoler toutes les douleurs, faire aimer tous les sacrifices ; en un mot, être l'ange du foyer, le vivant trait-d'union de toute la famille. Cela, on ne le remplace pas, surtout avec le féminisme ; et ce serait un sacrilège de le détruire.

Enfin, lorsque ces jeunes féministes contracteront mariage, il est très probable qu'elles ne perdront pas le goût de la vie publique ; par contre elles seront incapables de comprendre et d'accepter les charges de la maternité : que deviendra alors le mariage et la famille.

Considérons maintenant ces vierges du siècle, pures vestales du christianisme, qui, tout en restant dans le monde, ont renoncé au mariage, pour n'avoir pas au cœur d'autre amour, que Dieu ; qui, des privilèges de la famille et de la maternité, n'ont accepté que les sacrifices, le dévouement, consacrant leur vie, à servir les autres, à répandre le bien autour d'elles, sans bruit, sans éclat, avec l'humilité, des petites fleurs cachées, au milieu des prairies et qui embaument la nature.

Est-ce que le féminisme remplacera cela ?

Que dire des vi-rges consacrées à Dieu dans la vie religieuse? Et par là, nous n’entendons pas seulement celles qui se dévouent au rude ministère de l’enseignement dans les écoles des villes, et des campagnes.

Leurs œuvres, à ces dévoutes institutrices, ne sont pas toujours appréciées, comme elles devraient l'être, et jamais la société ne saura suffisamment reconnaître ce qu'elle leur doit, Mais du moins, ces œuvres paraissent au-dehors ; on les peut constater : souvent même on voit éclater leurs merveilleux résultals. Nous voulons aussi parler des communautés contemplatives, qui prient et s'immolent dans le silence des cloîtres. De celles-là, l’action est d'autant plus profonde qu'elle est moins apparente. Victimes d'adoration, d'expiation et de réparation, elles arrêtent les châtiments divins, et attirent sur le monde les bénédictions du Ciel. Comme un organe essentiel, caché au sein de l'organisme, elles font cirruler dans tout le corps mystique de Jésus-Christ, les flots de vie, qu'elles puisent sans cesse à la source même du Sacré-Cœur.

Ce serait presque un blasphème de parler de fé nisme à leur sujet.

Mais alors, que reste-t-il pour le féminisme ?

Les désabustes, les célibataires malheureuses ou désespérées, en un mot, celles dont la vie est manquée.

Certes, c'est une portion de l'humanité qui mérite une attention spéciale ; il y a peut-être là, une plaie profonde à guérir une œuvre de régénération sociale à entreprendre. Là, du moins, le remède viendra-t-il du féminisme? Il est au moins permis d’en douter, d'autant plus que ces personnes manqueraient du prestige nécessaire pour exercer des fonctions publiques, et il est à présumer, que les autres femmes hésiteraient à reconnaître en elles des mandataires pour la défense et la sauvegarde de leurs intérêts et de leurs droits.

Sans doute, il y a les jeunes filles, les femmes, les veuves qui sont obligées de travailler pour gagner leur vie ou la vie de leurs proches. Mais, si large que l'on fasse la mesure

des réformes à réaliser en leur faveur, pour améliorer leur condition, à qui fera-t-on croire, que, même là, le problè. me doit se résoudre par l'accès de ces femmes aux professions libérales, du moins à toutes indistinctement, et aux charges publiques ? :

Non! le mouvement féministe est une irrémédiable faillite, il porte en lui le principe d’une profonde dissolution sociale ; c’est pourquoi, il ne faut pas craindre de le dénoncer au public sensé, afin d'en.enrayer les progrès,

L’Esprit-Saint, au livre des Proverbes, ch. XXXI, v. 10 à la fin, nous donne de la femme un magnifique tableau dont nous transcrivons ici quelques passages.

‘Qui peut trouver une femre forte.

Elle a bien plns de prix que les perles .

Le cœur de son mari a confiance en elle.

Et les profits ne lui feront pas défaut.

Elle lui fait du bien et non du mal Tous les jours de sa vie.

Elle se procure de la laine et du lin.

Elle travaille de sa main joyeuse... ...

Elle se lèv:, lorsqu'il est encore nuit Et elle donne la nourriture à sa maison.

Et la tâche à ses servantes. .....

Elle met la main à la quenouille

Et ses doigts prennent le fuseau.

Elle tend la main au malheureux,

Elle ouvre la main à l’indigent.....….

Elle est revêtue de force et de grâce

Et elle se rit de l’avenir.

Elle ouvre la bouche avec sagesse,

Et les bonnes paroles sont sur sa langue.

Elle surveille les sentiers de.sa maison.

orer leur e problè-

x profes- , et aux

able failssolution dénoncer

I, v. 10 > tableau

Et elle ne mange pas le pain de l'oisiveté.

Ses fils se lèvent et la proclament heureuse ;

Son époux se lève et lui donne des éloges :

Plusieurs filles se sont montrées vertueuses,

Mais toi, tu les surpasses toutes.

Trompeuse est la grâce et vaine est la beauté ,

La femme qui craint Dieu, est celle qui sera louée.”

Quelles nobles modèles féminins, l'Ancien Testament nous met devant les yeux: Rébecca, Judith, Esther, la mère des Macchabées, etc.

A son tour, le Nouveau Testament s'ouvre sur des figures telles que sainte Anne, sainte Elisabeth, et cette figure radieuse qui les domine, et les éclaire toutes : la Bienheureuse Vierge Marie.

Qu'on lise les Annales de l'Eglise catholique, qu’on ouvre le martyrologe Romain. Quelles théories de femmes admirables, qui, à la suite de la sainte Vierge ont élevé leur sexe jusqu'aux plus hauts sommets de la grandeur morale, et de la sainteté. Faut-il citer des noms, parmi celles qui ont travaillé d'une manière plus éclatante au bien et au progrès de l'humanité? N'est-ce pas à sainte Hélène que nous

‘ devons le grand Constantin, à sainte Monique, que nous

devons saint Augustin, à sainte Clotilde, que nous devons Clovis, à Blanche de Castille, que nous devons saint Louis? Qu'on se rappelle seulement les noms de sainte Elisabeth d'Ecosse, sainte Elisabeth de Hongrie, sainte Thérèse, sainte Catherine de Sienne, la Bienheureuse Marguerite Marie, mais pourquoi aller chercher au loin, alors que nous avons ici dans notre pays, une Marie de l’Incarnation, une Marguerite Bourgeois, une Jeanne Mance, une Mère Youville, et combien d’autres !

Combien de noms d'hommes publies, ou de grands capi-

taines, pourraient figurer à côté de ceux-là, pour les services rendus à l'humanité?

Bien plus, si dans les carrières libérales, gi dans la vie publique, l'on rencontre des hommes intègres, qui sont l'honneur non seulement de leur profession, mais encore de leur pays, de l'Eglise et de l'humanité, dans la plupart des cas, si l'on veut remonter aux origines, ces grandes vies ont

reçu leur élan au foyer de l'amour maternel.

blics dans leurs luttes et

Ce qui soutient les hommes pul

leurs travaux, c'est la pensée de retrouver le repos auprès

d'affection pures, dans une atmosphère sereine que n'agitent

point les passions de la politique ou les tracas des affaires. C'est un tableau qui devrait tenter la plume d'un écri-

vain catholique : l'histoire de la femme chrétienne, et de

son influence sur la société, depuis le commencement du

Christianisme.

I1 suffirait de lire quelques pages de cette épopée grane ridicule du féminisme

diose pour faire toucher du doigt, 1 moderne.

Question 11. — LA SOCTETE PATERNELLE :

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