C'EST-A-DIRE LA SOCIÉTÉ COMPOSÉE DES PARENTS ET DES ENFANTS
principal : la propagation du genre de vue physique et moral; ou en d'eutres termes : la procréation et l'éducation des enfants.
Contre cette fin double, les parents peuvent pécher doublement ; à savoir : 1° par la limitation volontaire et criminelle de la famille. 2 Par la négligence de l'éducation des
eufants.
Le mariage a pour but humain, au double point
$ 1. -— La limitation criminelle de la famille.
Par le sacrement de mariage, les époux acquièrent des droits mutuels, leur permettant d'atteindre la fin pour laquelle le mariage a été institué.
Ces droits conjugaux ne sont pas nécessairement une obligation, c'est-à-dire que les époux ne sont pas tenus d'en user. Et l’on comprend parfaitement que pour des raisons supérieures, par exemple, de sacrifice, de renoncement, ou d’autres raisons moindres, par exemple, des raisons de santé, soit encore, pour adopter plus facilement une famille étrangère, ou simplement pour éviter les charges d’une famille trop nombreuse ; l’on comprend, disons-nous, que les époux, d’un commun accord renoncent, librement à l'usage de leurs droits conjugaux, et consentent à vivre comme frère et sœur.
Mais s'ils veulent user de leurs droits, ils doivent le faire d’après la loi de Dieu, exprimée dans la loi de la nature. C'est là, une obligation stricte, qui constitue la base principale de la chasteté conjugale.
L'immoralité et la gravité de la limitation criminelle de la famille, provient de ce qu'elle est :
1° Une violation de la loi naturelle, qui est, au fond, la loi même de Dieu; loi, qui à chaque chcse ici-bas, assigne un rôle spécial, conforme à sa nature, En créant les sexes distincts, Dieu leur a assigné une destination qui concerne le bien du genre humain tout entier :‘et la limitation criminelle de la famille est opposée à cette destination foncière.
2 Un défi à Dieu, créateur des âmes.
A chaque génération nouvelle, Dieu collabore directement, personnellement par la création de l'âme. Et cette loi de la création des âmes par Dieu, est subordonnée à la loi de la paternité humaine. De sorte que cette loi de la création
des âmes, est frustrée par le crime des parents qui, volontairement, violent les lois de la génération humaine.
g Un défi à Dieu, fin dernière des hommes, et récompense des élus ; à Dieu qui attend, qui demande des adorateurs et des enfants, et qui a confié aux parents la mission de lui en donner. Les parents qui limitent ainsi volontairement la famille, tarissent criminellement la source de laquelle Dieu attendait des .lus.
Et ceci est particulièrement triste pour nos immensités, qui pendant de longs siècles furent soumises à l'empire du démon. Ces vastes contrées réclament des voix pour faire monter à Dieu l'hommage de leur adoration. Et ces voix, elles les demandent aux familles chrétiennes.
4 Un défi à l'Eglise, qui des mariages chrétiens, attend des enfants : et par suite: un défi à Jésus-Christ, dont le corps mystique est privé des membres qu'il était en droit d'attendre : le mariage ayant pour but supérieur l'extension du corps mystique de J ésus-Christ.
$ Un défi à la société, à qui le mariage doit donner des citoyens. Aussi, lorsque cette plaie atteint certaines proportions dans un pays, elle porte le nom de guicide social. C'est ainsi que les nations périssent d'inanitian, par le crime de ceux qui avaient pour mission d'être ses sources vitales.
6° Un défi à la race, à la famille, dont les époux sont , les mandataires, presque les prêtres. |
La famille, la race, comme tout être vigoureux, cherche, à s'épanouir, à donner la pleine mesure de sa vitalité : elle se repose de ce soin sur les époux.
C'est donc pour ceux-ci un crime d'infidélité, envers la famille, envers la race, que de la frustrer de l'attente qu’elle basait sur eux. x ?
‘æ Enfin, c'est une sorte de malédiction pour les époux
eur-mêmes. Ils ne sauraient. jouir, dans le crime, de cet amour vrai, sincère, qui fait le bonheur et le charme du foyer, mais qui ne saurait aller sans le respect mutuel, la oureté du cœur et l’accomplissement du devoir.
Du fond pour ainsi dire, du néant, où leur égoïsme criminel les a laissés, ces existences qui auraient dû voir le jour, crient vers leur conscience, comme un mystérieux et éternel remords.
Dans leurs enfants eux-mêmes, leur conscience leur fait entendre un reproche muet: ‘‘Si vous étiez de bons éoux, nous aurions des frères et des sœurs ; nous serions plus de ‘‘cœurs pour vous aimer, et dans votre vieilless::, plus ce ‘‘bras pour vous aider. Nous serions pour vous une vivan.+ ‘‘bénédiction ; tandis que Dieu ne bénit pas les familles à ‘ls source desquelles le crime 4emeure en permanence."
Ce crime est tellement contraire à l4 nature, qu'on se demande comment il se fait que des époux, surtout des époux chrétiens puissent s’en rendre coupables.
Evidemment à cela, il y a des causes multiples. Les principales, les plus profondes proviennent des époux cux-mêmes, de leur égoïsme, de leur lâcheté — ils redoutent les charges de la famille — du manque d'esprit de foi, manque de confiance en Dieu, enfin du fléchissement géréral du sens moral.
Ces’ causes sont connues, et nous n'insistons pas. Mais il y en a d’autres auxquelles on ne songe pas, ou que l'on conr :it beaucoup moins ; celles-ci sont étrangères aux époux.
Remarquons, d’abord, que le mal dont nous parlons, sévit beaucoup moins dans les campagnes que dans les villes. Pourquoi cela? On dirait qu’un préjugé, une sorte de mode morale, reçue dans la société mondaine, exige, pour qu'une famille soit bien vue, considérée, comme étant dans le mouvement, en un mot une famille du monde, qu’elle n'ait qu’un
nombre très limité d'enfants: deux ou trois tout au plus. On laisse le soin d'avoir des enfants nombreux aux familles ouvrières, ou encore aux époux que l'on traite de naïfs. ‘Il est de bon ton de n'avoir que deux ou trois enfants : que voulez-vous? C'est la mode! et l’on s'y conforme !””
La société, ane les villes surtout, est saturée d’égoïsme ; on cherche la :“anquillité, le bien-être, les aises; c'est pourquoi l’on n'aime pas les familles nombreuses : les enfants font trop de bruit. Les logements que l'on bâtit, ne sont pas faits paur des familles nombreuses : on n'aime pas à louer une maison à un homme père d’une nombreuse famille: les enfants peuvent causer des dégâts, mettre la maison en désordre : ou bien on demande un prix exorbitant, qui l'oblige de chercher ailleurs.
Les riches, où même les institutions publiques, qui louent les services d’un ménage, n’acceptent que les ménages sans enfants, ou n’en ayant qu’un ou deux. Les pères de familles nombreuses, sont bien souvent les derniers à qui on donnera du travail; il est plus commode d'employer des célibataires ; ils sont plus libres, La fièvre des affaires, de mandant des déplacements continuels, difficiles, ne s'accommode pas de nombreux enfants, qui sont un grand embarras.
En un mot, les familles nombreuses, dans nos sociétés modernes sont traitées comme des parias : le monde leur ferme ses portes.
Sans doute ces obstacles n'excusent pas la stérilité volontaire, mais ils l’expliquent un peu; surtout, ils aident à faire le départ des responsabilités et par suite, ils indiquent où il faut appliquer le remède.
Il y a certainement là, un travail de régénération sociale à entreprendre, afin que, dans la société es parias ne soient
pas précisément ceux qui ne reculent devant aucun sacrifice pour accomplir intégralement leur devoir.