‹ La famille et le mariage chrétien [microforme]Chapitre 9 sur 41 · SAT · texte numérisé non relu

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tuée pour donner des enfants à Dieu, des membres à l' Eglise, des frères à Jésus-Christ et des élus au ciel. Ainsi les parents sont donc revêtus d'une sorte de sacerdoce auguste, puisqu'ils servent d'intermédiaires officiels à la paternité de Dieu, à la maternité de l'Eglise et à l'action Rédemptrice de Jésus-Christ, pour les propager.

Dans un ordre de choses bien différent et qui néanmoins, ne manque pas de grandeur, les parents sont les dépositaires officiels des traditions familiales et nationales qu'ils doivent inculquer à leurs enfants: ils ont reçu de Dieu la mission de propager, de faire rayonner l'âme de leur lignée ct l'âme de la patrie.

CONCLUSION

Au chapitre VIII du Livre des Proverbes, la Sagesse divine parlant de son origine éternelle, décrit le rôle qu'elle a joué dans la création du monde, et le résume dans cette formule substantielle : ‘Cum ero eram cuncta componens’" (v. 80). Pour tout, j'étais à l'œuvre avec Lui (Dieu).

Ainsi toute l’œuvre créatrice est le fruit de l'union de Dieu avec sa Sagesse.

Pour couronner son œuvre, Dieu tient conseil au dedans de Lui-même, et conclut par ces paroles qui renferment, en quelques mots, tout ce que la divine Providence devait accomplir en notre faveur : ‘Faisons l'homme à notre image et à notre ressemblance”. Le chef-d'œuvre de la création visible, l'homme, est ainsi le fruit de l'union des trois Personnes divines, se concertant, dans la fécondité de leur pensée et de leur amour, pour engendrer dans la nature humaine, une vie semblable à la leur.

Afin de réparer dans la nature humaine, les ruines qu'y avait amoncelées le péché originel, la justice infinie exigera

l'intermédiaire d'un Homme-Dieu, c’est-à-dire d’un Dieu, d’une personne divine qui, sans cesser d'être Dieu parfait, devient homme parfait, en assumant une nature humaine, issue d'Adam; et, par suite, faisant partie de la grande famille humaine, en vertu des lois du sang, s'installât comme au centre de l'humanité, pour guérir le mal à sa source.

Le Rédempteur, Homme-Dieu, devait donc être le fruit d'une alliance entre Dieu et la nature humaine ; Dieu fournissant le côté divin et la nature humaine, fournissant le côté humain du Rédempteur.

Pour cette alliance, la nature humaine était représentée, personnifiée, auprès de Dieu, par la bienheureuse Vierge Marie, qui, dans le ‘‘fiat’’ de l’Incarnation, donnait ainsi, à Dieu le consentement de l'Humanité à la Rédemption. Car pour être rachetée, la nature humaine devait donner son consentement, comme pour tomber, elle l’avait donnée au péché originel.

Muis, derechef, la nature humaine individuelle, assumée par le Rédempteur, était la nature humaine du Rédempteur, la nature rachetant, et non la nature rachetée. Pourtant il ne pouvait y avoir de Rédemption, s’il n'y avait pas de racheté : la rachetée, c'était la nature humaine, représentée, personnifiée au pied de la croix, par la Mère des Douleurs. Ce que le Sauveur donnait pas son sacrifice, par sa passion et sa mort, l'humanité le recevait en la personne de la sainte Vierge dans sa Compassion.

Ainsi la Bienheureuse Vierge Marie constituait comme la personnification anticipée de l'Eglise catholique, unie indissolublement au Rédempteur, à titre d’épouse et de corps mystique.

A son tour l'Eglise d'vait perpétuer à travers les âges, cette union du Rédempteur et de sa Mère dans le grand acte de la Rédemption.

Enfin la Rédemption à été consommée par la glorification du Rédempteur. La sainte Vierge au ciel, en corps et en âme, représente et personnifie la nature humaine glorifiée. Et de même que l'Eglise miti

ante est ici-baus le prolongement mystique des sources vivantes et personnelles de la Rédemption : le Sauveur et sa Mère; ainsi, au ciel, l'Eglise triomphante est le prolongement mystique du groupe de Notre-Seigneur ct de la sainte Vierge, glorifiés par l'Ascension et L'Assomption.

De ces principes, nous déduisons que le mariage, -— étabii par Dieu pour constituer des sour gardiens d'existences humaines, — représente par sa signi-

*s immédiates, et des

fication, et fait rayonner par sa mission :

1° l'union de Dieu et de la Sagesse cternelle à l’origine des choses ;

2° l'union des trois Personnes divines créant en l’homme une vie à la ressemblance de la leur ;

3° l'union de Dieu et de la nature humaine personnifite par la sainte Vierge, au moment de l'Annonciation ; union dont le fruit fut ie Rédempteur ; et par suite :

4° l’union du Verbe et de la nature hun.aine ;

5° l'union dans l'acte Rédempteur, du Sauveur et de l: nature rachetée, personnifiée par la sainte Vierge au moment de la Compassion ;

6° enfin l'union en vertu de laquelle la vie surnaturelle dérive jusqu'à nous : l'union de Jésus-Christ et de son Eglise. Cette union contient, résume toutes les autres, à tel point que saint Paul, parlant du mariage chrétien, affirme que c'est un grand sacrement, en ce qu'il signifie l'union de Jésus-Christ et de son Eglise.

Ce caractère sacré du mariage a tellement pénétré la pensée chrétienne, que, pour nous faire comprendre l'union du

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Verbe et de la nature humaine, l'union de Jésus-Christ et de son Eglise, l'union du Pasteur suprême avec l'Eglise universelle, l’union de l'évêque avec son Eglise particulière, elle ne trouve pas de comparaison plus exacte que celle du mariage lui-même,

La Sainte Famille, modèle des familles chrétiennes.

Pour compléter ces considérations sur la famille chrétienne, il nous reste à la montrer dans ses relations avec la Sainte Famille. La Sainte Famille de Nazareth est, en effet le modèle et comme le prototype de la famille chrétinne, non seulement en ce sens, qu'elle est comme le foyer ardent de toutes les vertus de la société conjugale et de la société paternelle, mais encore, à plusieurs autres titres dont voici les principaux.

1° Le centre de la Sainte Famille, celui qui en était toute la raison d'être, c'était l'Enfant-Jésus, et dans l’Enfant- Jésus, le Rédempteur. Or saint Joseph n'était que le père nourricier et le fidèle gardien de son Sauveur. D'autre part la Bienheureuse Vierge Marie, était, sans doute, et en toute vérité, Mère de Dieu; mais la nature divine, l’âme, de cet Homme-Dieu, sa mission Rédemptrice, tout cela venait exclusivement du Ciel. Et néanmoins, Jésus était bien son enfant à elle; avec saint Joseph, elle avait la garde de ce dépôt sacré.

Ceci démontre bien, que la priñcipale raison d’être de la famille, c'est l'enfant, et, dans l'enfant, la garde des trésors sacrés renfermés en son âme. À supposer que l'enfant vint au monde par une voie différente de la génération ordinaire, la famille conserverait encore sa principale raison d’être.

Le Verbe Incarné a voulu parcourir toutes les étapes de l'enfance, afin d'être un modèle pour cet âge, mais aussi

afin d'être le lien sacré, divin, qui couronne et parachève cette chose sainte qui s'appelle le mariage et la famille chrétienne.

® De plus, la sainte Vierge, dès le ‘‘fiat’’ de l'Incarnation, personnifiait déjà l'Eglise : de sorte que Jésus-Enfant et sa Mère constituaient déjà par anticipation, ce grand tout mystique désigné sous le nom de l'Eglise et son chef. L'Eglise est ainsi le prolongement de la Sainte Famille, et saint Joseph, étant le gardien de l'Eglise anticipée, qu'était la Sainte Famille, devait devenir et rester le patron et le gardien de l'Eglise Universelle.

D'où il suit que le mariage chrétien, qui, en raison de son caractère sacré ct de sa s'gnification mystique, prolonge et ramifie la mission de l'Eglise, devient, par le fait même, le prolongement de la Suinte Famille. Ta Sainte Famille de Nazareth revit ainsi dans chaque famille chrétienne.

Section 11. — TE MARIAGE CHRÉTIEN.

Aperçu général.

Le mariage, qui fut, dès le commencement, une institution sacrée, a été élevé par Notre-Seigneur Jésus-Christ, à la dignité de Sacrement.

Que le mariage soit une chose sacrée, il est facile de l’établir. Dès les premiers jours, Dieu lui-même, a institué le mariage, non pas seulement, en créant l’homme, pour ainsi dire double ‘‘masculum et feminam creavit eos'’ par la dif-

férence des sexes, et cn imprimant au fond de sa nature, la grande loi de la fécondité, Comme il avait fait pour les autres vivants : mais encore, Par une intervention immédiate, intime et personnelle,

Or, toutes les fois que Dicy intervient ainsi, d'une manière Personnelle, Gans 57 œuvre, qu'il condescend à se mêler, Pour ainsi dire, à la vie de ses créatures, c'est pour leur Communiquer quelque chose de Sa propre vie, pour les faire Participer à l'ordre divin, Surnaturel. Cette intervention personnelle de Dieu dans ln Première institution du mariage, pour unir, dans Je premier couple humain, tous CEUX Qui, par la suite devaient cntracter légitimement une telle alliance, avait donc pour but d'imprimer au mariage un Caractère sucré, une signification sainte : celle-là, même, dont nous Yenons de parler dans les pages précédentes.

De plus le Caractère sacré que nous revendiquons pour le Mariage, lui vient de sa nature même. Cela ressort abondamment de son but et de sa signification.

Le mariage, en consacrant les époux, Propagateurs de la nature humaine, en fait les mandataires de tous les agents, de toutes les influences qui sur la nature humaine, ont greffé cet ensemble de droits, devoirs, privilèges, etc., qui Constituent Je Plus précieux des héritages. Auprès de la vie issue de leur union, Jes Parents représentent Dieu, l'Eglise, la patrie, la famille, Si dans la grande famille humaine, Comme dans toute famille Proprement dite, chaque génération est dépositaire des trésors communs, les époux seuls, en sont constitués, les Propagateurs. C'est là, une mission Auguste, un sacerdoce sacré,

Après ce qui a été dit plus haut, il semble superflu d'in. sister sur ce point,

Au surplus, l'histoire nous Montre que toujours, chez tous

les peuples, la célébration du mariage a revêtu le caractère d'un rite religieux. d

Quoique sacré, en raison de l'institution divine, et par sa propre nature, le mariage, néanmoins n’est devenu un sacrement que dans la Nouvelle Loi, par l'institution de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Dire que le mariage est un sacrement, c'est affirmer équivalemment, qu'il est non seulement une chose sainte, mais encore un principe de sanctification, par une vertu spéciale subordonnée à la vertu sanctificatrice de l'humanité de Notre-Seigneur. Les sacrements, en effet, appliquent et détaillent, pour ainsi dire, l’action sanctificatrice du sacrement des sacrements : l'humanité sainte du Sauveur.

Mais ici, il importe de bien préciser, afin d'éviter toute équivoque. La dignité de Sacrement, qui convient au mariage, dans la nouvelle Loi, n'est pas une simple formalité ajoutée au contract qui constitue le mariage. C'est le contrat lui-même, dans sa réalité substantielle de contrat, qui a été élevé à la dignité de sacrement. Entre chrétiens, c'està-dire entre baptisés, tout mariage valide est nécessairement, essentiellement un sacrement, et par suite, là où il n’y a pas de sacrement, il ne saurait y avoir de mariage. La matière et la forme du contrat de mariage constitutent la matière et la forme mêmes du sacrement de mariage.

Quoique inséparables et identiques dans leur réalité concrète, le contrat et le sacrement de mariage gardent néanmoins leurs caractères distinctifs que l'on doit considérer séparément. Tout en étant un véritable sacrement, le mariage reste un véritable contrat, une alliance; il doit donc être consédéré comme tel, mis en parallèle avec les autres contrats, afin qu'on puisse voir en quoi il leur ressemble, ‘et en quoi il se différencie d'eux. De même, le sacrement de mariage tout en étant un contrat substantiellement,

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n'en reste pas moins, un véritable sacrement : il doit donc être considéré comme tel et mis en parallèle avec les autres sacrements.

C'est pourquoi nous nous proposons de parler du mariage chrétien 1° comme contrat et ensuite 2 comme sacrement.

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