XVIII. l'éducation des enfants
Les devoirs qui incombent aux parents sont bien pesants et pénibles ; mais ils tiennent à un sentiment si fort et si puissant, que tout par lui est rendu facile.
Ne différez jamais de les faire baptiser à l'église ; dans le choix des parrains et des marraines, préférez, s'il est possible, ceux qui ont de la vertu.
Sitôt que vos enfants auront la moindre intelligence, faites-leur savoir qu'ils ont un père qui est au ciel, qui les regarde toujours, encore qu'ils ne le voient pas, et qui leur envoie tout ce qu'il leur donne. Que les premiers actes de leur raison soient employés à le reconnaître comme leur Créateur.
Vous les instruirez vous-mêmes des vérités de la religion : rien de plus important ; car les impressions
reçues, dès le bas âge, des enseignements des parents, ne s'effacent plus dans le cours de la vie.
Corrigez-les surtout pour les fautes qui sont contraires à la loi de Dieu, et avec beaucoup de douceur pour les autres ; par là, ils comprendront qu'il est plus nécessaire de plaire à Dieu qu'aux hommes.
Ne les reprenez point par humeur et colère ; de telles réprimandes ne portent pas de fruits.
Ayez tous les soins possibles pour leur santé physique ; mais ne perdez pas de vue ce qui va au bien de l'âme. Pliez leur volonté et rendez-la flexible ; habituez-les de bonne heure à s'imposer ou du moins à accepter quelques privations ; parlez-leur toujours raison, exercez et fortifiez leur jugement, inspirezleur un grand amour du travail.
Ne leur donnez jamais des exemples qui puissent leur laisser une mauvaise impression, non seulement pour les choses contraires à l'honnêteté, mais aussi pour les défauts de caractère. Vos enfants diront et feront tout ce qu'ils vous verront dire et faire, et môme pire.
Qu'ils s'accoutument à avoir une confiance absolue en vous ; mais ne souffrez dans aucune occasion qu'ils vous manquent de respect ; ainsi, ne leur permettez jamais de vous tutoyer ; car le tutoiement, sous prétexte de développer dans le cœur des enfants l'amour et la confiance, les conduit en très peu de temps à la familiarité ; et de la familiarité au manque de respect, à la désobéissance et au mépris il n'y a qu'un pas — très-facile à franchir...
Quelques personnes nous diront peut-être que nous semblons attacher une grande importance à