‹ La famille et ses traditionsChapitre 104 sur 235 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

un mot, qui ne saurait, après tout, influer sur les sentiments. A cela nous répondrons avec Mgr Dupanloup " qu'il ne faut pas compter les mots pour peu de chose ; qu'ils sont à la pensée ce que le regard est à l'âme, une lumière, une physionomie ; que toutes les plus grandes révolutions, bonnes ou mauvaises, se sont accomplies par la puissance des mots, c'est-à-dire par la puissance des idées et des choses que les mots expriment. "

Plusieurs maîtres, frappés comme nous de la nécessité de faire disparaître ce qu'ils regardent comme une faute dans l'éducation de la famille, font suivre à leurs élèves l'antique formule de la politesse française, toutes les fois que les parents n'y mettent pas une opposition formelle. C'est là un exemple qu'on ne saurait trop encourager.

Les corrections sont toujours nécessaires ; gardez-les seulement pour les choses essentielles, et accompagnez-les d'une sévérité toujours tempérée par la douceur. En pareil cas, il est bon de suivre la maxime que Saint Ambroise recommandait à Sainte Monique au sujet de son fils : " Parlez-lui peu de Dieu, mais parlez beaucoup de lui à Dieu".

Quant à l'instruction, vous saurez faire en sorte que vos enfants reçoivent celle qui conviendra le mieux à leur état en vue de la carrière qu'ils auront plus tard à embrasser. J'ai là-dessus une seule recommandation à vous adresser : " Vous ne devez jamais les confier qu'à des maîtres sages et craignant Dieu, qui, en enrichissant leur esprit des , sciences humaines, les prémunissent contre la dépravation de l'impiété de ce malheureux siècle."

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