QUATRIÈME PARTIE
douces réminiscences qui font revenir pour vous les meilleurs jours de votre jeunesse. Pour compléter cette joie, je voudrais en, ce moment vous rendre tous vos anciens maîtres et directeurs, celui en particulier dont nous pleurons la perte encore récente et qui laisse parmi nous un vide si profond. A vous surtout, élèves des 25 premières années, je voudrais vous rendre ce visage ami, ce regard, cette parole affectueuse qui vous accueillit au seuil du collège, et vous suivit à travers votre vie d'écolier comme un rayon d'amour maternel. Mais, puisqu'il m'est impossible de réaliser un tel rêve, vous me permettrez de partager une douce illusion de vos cœurs. Vous me permettrez de croire pour un instant que M. Ducharme est toujours vivant dans cette maison. Il revit du moins pour présider à cette fête et saluer le retour de ses enfants. Il sourit en ce moment à votre espérance, Messieurs, à vos bonnes paroles et aux sentiments meilleurs encore qu'elles expriment. C'est lui qui reçoit votre hommage filial et vous en remercie par ma bouche trop faible, hélas ! pour rendre l'effusion de ce cœur paternel et redire les accents de cette voix éloquente."
C'est ensuite l'adresse des élèves actuels aux anciens élèves présentée par M. Oscar Gaudet, élève de Philosophie. Je ne puis résister au plaisir de citer les lignes suivantes :
u Placés aux différents degrés de l'échelle sociale, tous vous avez travaillé au service de la patrie.
Vous l'avez puisée dans l'enseignement du collège chrétien et l'avez emportée dans le monde, cette
conviction que le sentiment religieux et le sentiment national, loin de s'exclure, se fortifient l'un par l'autre, s'élèvent l'un par l'autre, et, comme l'a dit Ozanam, " touchant à la poitrine de chacun de vous, le ciel et la terre y rendront ce cri célèbre :
" c A tous les cœurs chrétiens que la patrie est chère ! ' "
Puis vient la réponse de son Honneur le Juge Routhier. La plus exquise délicatesse, et le plus pur patriotisme composent cette réponse, qui résonne à mes oreilles comme le chant de la brise dans la feuille d'érable le jour de la St. Jean Baptiste :
Réponse de so?i Honneur le Juge Routhier : Messieurs,
L'accueil chaleureux dont nous sommes l'objet en ce moment, la cordiale bienvenue que vous nous souhaitez, les sentiments pleins d'affection que vous nous exprimez ne nous surprennent pas ; nous nous y attendions. Le séminaire de Ste-Thérèse change d'habitants, mais c'est toujours la môme famille. Le père y change de nom, et les enfants se dispersent tour à tour ; mais le chef de la maison est toujours un père, et les enfants qui restent sont toujours les frères de ceux qui sont partis.
A vous donc, les plus jeunes de cette grande famille, salut et affection ! A vous le nouvel espoir de notre Aima Mater, succès, allégresse et bonheur !
Après une longue traversée sur la mer de ce monde, au milieu des écueils et des tempêtes, après