QUATRIÈME PARTIE
bien des alternatives de succès et de revers, de jours de soleil et de nuits d'orage, nous revenons prendre un jour de repos au foyer matériel. Or, ce n'est pas le moindre de nos bonheurs de constater que nos places n'y sont pas restées vides, et que vous avez su, non pas nou£ faire oublier, — une mère n'oublie jamais ses enfants, — mais consoler cette mère de notre absence.
En ce jour nous nous sentons véritablement vos frères aines. En jetant les yeux sur vous, nous nous revoyons, comme dans un miroir, à cet âge où la vie est un arbre en fleur, et le cœur plein d'espérances et de promesses. Nos travaux, nos plaisirs, nos rêves et nos aspirations d'alors, sont vos travaux, vos plaisirs, vos rêves et vos aspirations d'aujourd'hui, de même que nos labeurs, nos épreuves et nos espérances actuels seront vos labeurs et vos espérances dans l'avenir. Gomme vous nous avez remplacés dans ces murs, un jour vous viendrez prendre nos places dans le monde, ces places que Dieu nous a marquées à tous aux divers degrés de l'échelle sociale. Comme nous, vous arriverez par divers chemins aux diverses positions plus ou moins élevées, mais toutes honorables qui vous attendent.
Sans doute vous saurez faire bien mieux que nous, et servir plus utilement la religion et la patrie. Vous saurez mieux que nous vous rappeler et mettre en pratique les leçons de sagesse et de vertu que vous aurez reçues dans cette maison bénie, de ses directeurs si distingués par leur zèle, leur dévouement et leur science. Mais il y a une chose dans
laquelle vous ne pourrez pas nous surpasser : il y
a un sentiment dans lequel vous ne pourrez que ùous égaler ; c'est notre amour filial, et notre reconnaissance pour la maison de Ste. Thérèse.
Messieurs, nous vivons dans un siècle d'égoisme et d'ingratitude, mais nous ne sommes pas des ingrats, et nous reconnaissons que nous devons à Ste-Thérèse ce que nous sommes devenus. C'est ici que nous avons acquis ces connaissances qui nous ont permis de remplir différentes missions dans le monde, et que nous avons puisé cet amour de la religion et de la patrie sans lequel la science n'est qu'un figuier stérile.
Vous l'avez dit, Messieurs, le sentiment religieux et le sentiment national sont inséparables. Celui, qui dans notre pays, n'aime pas l'Eglise catholique, ne peut pas aimer le Canada, et nous ne saurions trop vous recommander de ne jamais oublier ce double amour. Gravez-le profondément dans vos cœurs, et emportez-le dans le monde partout où la Providence vous conduira. Il vous donnera de la force au milieu Jdes épreuves, et des consolations dans l'adversité. A sa lumière, vous irez droit votre chemin, et vous connaîtrez les saintes allégresses du devoir accompli et les douces énergies des convictions fermes et durables.
Messieurs, permettez-nous en terminant de vous remercier, en même temps que vos Directeurs, de votre gracieuse hospitalité, et de vous féliciter de la part que vous avez prise dans cette fête que vous avez su rendre si belle et si grande.
Bientôt, hélas ! elle touchera à sa fin, mais nous