‹ La famille et ses traditionsChapitre 139 sur 235 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

mité que vous leur avez données : ils s!en souviennent aujourd'hui, et, reconnaissant qu'ils doivent tout à vos lumières et à votre esprit de patience, ils vous remercient pour chacune de vos peines et pour chacunede vos leçons, en vous disant d'une voix et d'un cœur unanimes : adieu ! et au revoir !

Chers compagnons de classe, d'étude et de récréation, après avoir vécu ensemble pendant dix mois de cette vie d'écolier que notre amitié réciproque et la bienveillance de nos maîtres nous ont fait trouver si courte, nous allons, nous aussi, nous séparer. Mais, quelque part que nous nous rencontrions sur l'océan de la vie, nous ne passerons point les uns devant les autres sans nous reconnaître et sans nous adresser le salut des marins : " adieu ! va ton chemin ! que les vents te soient favorables ! "

Bien aimés confrères du cours primaire, " Vous êtes jeunes, il est vrai, mais aux âmes bien nées la valeur n'attend point le nombre des années ; " c'est pourquoi, l'an prochain, vous viendrez en grand nombre vous joindre à nous pour continuer les nobles combats de l'intelligence et de la vertu, auxquels vous ont si bien dressés votre vénérable directeur M. Odonoughue et vos excellents maîtres ] à vous aussi, jeunes amis, qui devez, à votre tour, faire la gloire de cette Académie, notre commune aima mater, nous adressons de grand cœur ces mots d'espérance et d'amitié fraternelle : Adieu ! et au revoir !

Chère Académie du Plateau, toi qui fus pour nous le navire de l'espérance et du bonheur, avant

d'entrer dans le port des vacances, où ton amour pour nous veut que nous nous reposions pendant deux mois loin de nos livres et de nos pensums, nous te remercions avec toute l'effusion de nos cœurs de tes soins et de ta tendresse. Tes salles et tes classes, où nous avons dû apprendre à devenir meilleurs en devenant plus instruits, ne seront plus habitées, pendant soixante jours, que par la solitude et le silence ; mais, chère Académie, nous ne partirons pas tous pour toujours : nous reviendrons dans ton sein où nous coulerons encore, nous l'espérons, des jours de bonheur, plus nombreux et plus unis que jamais, en attendant de nouveaux combats, d'autres devoirs et un autre port ! "

Qu'il me soit permis, en finissant, de formuler un dernier vœu.

Je m'adresse ici à tous ceux qui tiennent, ou qui tiendront des Archives.

Quand vous aurez fidèlement enregistré pendant une dizaine d'années les événements de l'école et les souvenirs qui s'y rattachent, vous aurez sans doute assez écrit pour faire un joli volume. Avec le concours bienveillant de Messieurs les Commissaires, faites imprimer ces pages dans une élégante édition, que vous présenterez, moyennant un prix modéré, à vos amis et anciens élèves, qui seront charmés de voir que vous n'aurez pas perdu pour eux la mémoire du cœur : ce sera comme un trait

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