‹ La famille et ses traditionsChapitre 150 sur 235 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

Je voudrais faire encore plus d'un extrait dans ce charmant journal, mais il me faut borner ici mon choix. Je dirai cependant encore un mot. Je voudrais avoir la voix assez forte pour le faire entendre à tous mes compatriotes; ce cri de mon âme. le voici :

" Encourageons par tous les moyens en notre pouvoir l'admirable institution des sourdes-muettes de la rue St-Denis ! " Les intéressantes créatures auxquelles nous ouvrirons cet asile de la charité et ce sanctuaire de la religion ne seront pas ingrates. Voici ce qu'elles vous diront, si vous leur faites du bien :

" Notre langue est condamnée au silence ; elle ne peut tout au plus pour les moins infortunées d'entre nous que faire entendre des accents privés de force et de douceur. Notre cœur du moins n'est pas muet, et, nous en avons la douce confiance, Dieu l'entend quand nous le prions pour ceux qui nous font du bien. Nos oreilles sont fermées à toutes les mélodies de la nature, à la voix de nos mères, au chant des petits oiseaux, aux murmures des vents et au roulis des flots ; mais nous nous consolons en pensant qu'un jour, si nous faisons le bien, elles s'ouvriront dans le ciel au concert des anges ! "

" Charge-toi seule, ô Providence, De connaître nos bienfaiteurs, Et de puiser leur récompense Dans les trésors de tes faveurs !

Que leurs mères dans leur vieillesse Ne meurent qu'après des jours pleins, Et que les fils de leur jeunesse Ne restent jamais orphelins ! "

On m'a fait une objection concernant les cahiers de notes tenus par les élèves : on y voit un danger pour la morale.

Je réponds : cette objection ne serait fondée en raison que si ces sortes de cahiers, ou journaux, devaient se tenir en dehors du contrôle et de la direction des maîtres et des maîtresses ; mais telle n'est pas ma pensée. " S'il faut, comme on Ta si bien dit, s'assurer de la jeune génération," je crois qu'on ne saurait faire contracter de trop bonne heure cette habitude aux jeunes gens, qui sont l'espérance de l'avenir.

Si la jeunesse de nos collèges, de nos couvents et de nos écoles est exclue de la croisade dont mon livre sur la famille s'est fait l'humble organe, je doute fort que le " Mémorial Domestique" prenne racine au Canada. Mais avec une jeunesse ardente, dirigée par la sagesse et l'expérience, je suis sûr du succès : l'avenir, — qui est à Dieu, — sera aussi à nous !

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