‹ La famille et ses traditionsChapitre 190 sur 235 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

content d'avoir fait le bien, laissant à ses enfants des exemples de probité et de vertu, ayant le respect de tout le monde, avec une médiocre fortune qui ne lui a pas coûté un seul remords, le cultivateur mène une vie, sinon brillante, du moins infiniment honorable et heureuse.

Je ne puis, Messieurs, après cette énumération des avantages et du bonheur que l'on trouve à la campagne d'un côté, et de la vie pénible que l'on mène à la ville, m'empêcher de m'écrier : 0 heureux habitant des campagnes ! Que de raisons, que de motifs puissants n'as-tu pas de chérir ton humble chaumière, de t'attaches à la terre que tu cultives, et qui te rappelle tant de' chers souvenirs ! Fixe- toi plus fortement que jamais à la demeure qui t'a vu naître, en travaillant tous les ans à l'embellir. Souviens-toi que le riche, l'opulent des villes envie ton bonheur ; il voudrait pouvoir sortir de l'air étouffant qu'il respire, secouer la poussière qui le couvre, se soustraire au bruit étourdissant dont sa tête est brisée, pour respirer avec toi la douce brise du soir, savourer l'air pur des champs, et goûter le calme dont tu jouis. Quand il peut s'arracher à ses devoirs, il se hâte de se rendre à la campagne; c'est là que l'homme d'état vient se délasser des soins du gouvernement, l'homme de lettres, s'inspirer au spectacle de la belle nature, et l'homme d'affaires, quelqu'il soit, réparer ses forces et prendre une nouvelle vigueur,

0 heureux habitants des campagnes ! puissiezvous toujours apprécier votre bonheur comme il le mérite ! C'est mon dernier mot, et le meilleur

souhait que je puisse vous faire dans ce beau jour de la Saint Jean-Baptiste !

Ls. Dagenais, Ptre.

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