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DEUXIÈME CONFÉRENCE

27 mai, 1880.

Depuis notre dernière rencontre dans cette enceinte, quatre mois se sont écoulés. De ce temps, j'ai fait deux parts ; mes devoirs professionnels se sont partagé la première, et la seconde a été consacrée, dans des veilles chères à mon cœur, à la continuation de mon travail sur la famille.

Encouragé par le bienveillant accueil dont vous avez honoré ma première conférence, je viens de nouveau me présenter devant vous, pour vous lire quelques pages encore sur un sujet qui intéresse à un si haut degré tous les membres de la grande famille canadienne.

Je voudrais avoir, Messieurs, pour vous faire oublier les heures, la concision de La Bruyère, ou la grâce enchanteresse de Fènelon ; mais n'est pas Fènelon,ni même La Bruyère, qui veut... Puisqu'il en est ainsi, pour moi surtout, je ne dois donc compter, cette fois encore, pour vous être agréable, que sur les qualités intrinsèques de mon sujet, et sur les sympathies que des cœurs aussi bien faits que les vôtres sont incapables de lui refuser. Dans ma Conférence du 30 Janvier dernier, je vous ai fait part d'une lettre à un ami, dans laquelle j'exposais

mes idées sur la famille. Je vous ai ensuite raconté comment j'eus la bonne fortune de rencontrer l'intéressant ouvrage de M. de Ribbe, ayant pour titre : " Le Livre de famille" Puis, j'ai essayé de vous en faire connaître la première partie, dans laquelle vous avez vu passer les nobles et sereines figures de nos ancêtres, avec celles de nos parents, de nos amis, de nos maîtres et de nos condisciples. Cette partie renferme le passé de la famille.

Depuis cette époque, des voix éloquentes ont fait connaître M. de Ribbe au Canada. Auprès de ces voix autorisées, la mienne sans doute fera peu de bruit ; mais je n'en serai pas jaloux, pourvu que le bien se fasse ; au contraire.

Quand j'aurai apporté à cette œuvre de patriotisme et de régénération mon contingent d'estime et de propagande, je serai satisfait : j'aurai rempli ma promesse et j'aurai fait mon devoir.

Après ce préambule, — trait d'union entre notre dernière entrevue et celle qui nous réunit ce soir, — je reprends le fil de ma conférence à l'endroit où j'ai dû l'interrompre.

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