‹ La famille et ses traditionsChapitre 42 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

inculquent de bonne heure aux enfants, en leur répétant qu'ils ne doivent pas compter sur l'héritage. Mais, pour que leurs enseignements aient de l'autorité, ils sentent la nécessité de leur en donner l'exemple ; et, s'ils ont quelque reproche à s'adresser sous ce rapport, ils n'hésitent pas à le dire, parceque leur expérience est de, nature à faire impression. Agrippa d'Aubigné écrit en tête de ses Mémoires :

u Mes enfants, voici le discours de ma vie en la privauté paternelle. Ne pouvant rougir envers vous, ni de ma gloire, ni de mes fautes, je vous conte l'un et l'autre, comme si je vous entretenais encore sur mes genoux. Je désire que mes heureuses et honorables actions vous donnent de l'envie, pourvu que vous vous attachiez plus exprès à mes fautes, que je vous découvre en toute vérité et franchise."

On ne fait pas son livre de raison pour se décerner des éloges. Comme c'est, avant tout, un grand acte de conscience, le père ne néglige pas de constater en quoi il s'est trompé, et il rend en cela un service éminent à ceux qui lui succéderont.

Antoine de Courtois écrit en 1812 :

"Je voudrais pouvoir appeler ce livre " la sagesse de la famille." Il faut qu'il se continue d'âge en âge, qu'il soit le dépositaire de nos succès, comme de nos erreurs, en sorte que faisant tourner au profit de ceux qui viendront le bien et le mal de ceux qui existent, il lie toutes les générations les unes aux autres, et n'en forme qu'une famille toujours vivante."

" Ce n'était pas seulement ce que ma mère avait d'admirable que nous apprenions à imiter, dit Mm-

de Lafayette ; c'était encore ce qu'elle trouvait à réformer qu'elle voulait nous enseigner à réformer en nous. C'étaient même les défauts qu'elle pouvait n'y pas discerner assez clairement qu'elle désirait que nous apprissions à corriger en nous-mêmes, par la comparaison de ces défauts et de ces principes."

2° Le Mariage.

Après avoir résumé de la sorte en quelques lignes sa propre biographie, avec ses états de service, après avoir surtout indiqué sa situation au moment du mariage, l'auteur du livre de raison inscrira le jour et V heure où ce mariage a été célébré, Véglise où il a eu lieu, le nom du prêtre qui a donné la bénédiction nuptiale, et ceux des parents et témoins qui Vont assisté dans ce grand acte.

Il marquera également en substance les principales clauses du contrat de mariage, avec le nom du notaire, l'apport dotal de la femme.

Il notera enfin les faits et fêtes domestiques qui se sont produits à cette occasion, et dont il désire garder le souvenir.

Les formules employées autrefois en de semblables circonstances, sont à citer :

u Voici une des plus importantes actions de ma vie : c'est mon mariage, que je contractai le 1er mai 1605. Le saint sacrement s'administra en l'église de Sainte-Madeleine... Je fus assisté de mes frères- Dieu me fasse la grâce que ce soit pour longues années et à son honneur et gloire." (livre de raison de Joseph de Garidel.)

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