‹ La famille et ses traditionsChapitre 44 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

modèle écrivait pour celui de ses enfants qui avait fait 5a première communion, tout un mémorial de vertu et de piété :

" Je te prie, mon cher fils, de le conserver toute ta vie, et je te demande de le lire attentivement chaque année. C'est au nom de toute ma tendresse pour toi et de ton propre bonheur que je t'en conjure.

" Oui, cher enfant, du bonheur, je t'en souhaite beaucoup. Une mère pourrait-elle ne pas en désirer immensément à son fils ? Mais je sais qu'il n'y en eut jamais de vrai et de stable que pour celui qui aima Dieu et qui le servit avec fidélité. J'ignore à quoi la divine Providence te destine ; mais je suis assurée que dans quelque position que tu te trouves, si tu es bon chrétien, ta seras heureux."

Nos pères relataient dans leurs livres domestiques, parmi tous les grands actes de la vie religieuse de leurs enfants, celui de leur confirmation. Si l'un d'eux entrait dans les ordres sacrés, ils enregistraient l'événement de sa première messe, célébrée au milieu d'un grand concours de parents et d'amis ; et ils faisaient de même lorsqu?une de leurs filles prenait le voile.

Les premières leçons, ayant pour objet l'instruction et les études élémentaires, sont données souvent au foyer par les parents eux-mêmes.

cc Dès que mes enfants étaient parvenus à l'âge de trois ans, dit un vieux notaire du siècle dernier, je commençais de leur donner des leçons de lecture. Je leur apprenais ensuite à écrire, et, lorsqu'ils avaient environ sept ans, je leur enseignais les

premiers principes de latinité. Je leur fis faire ensuites les basses classes jusqu'à l'âge de douze à quatorze ans. J'étudiais en même temps leur caractère, en leur inspirant de bonne heure l'amour du travail et la crainte de Dieu."

Tous ces parents modèles considèrent une solide piété et l'amour du travail comme le fondement des éducations et de l'instruction.

" Dieu le rend sage et chrétien, disait de son fils Mme de Lamartine. Puisse t-il aimer ce que j'aime dans les croyances qui me donnent la paix ici-bas et la vraie immortalité en perspective !... Une fois qu'une mère a mis au monde un fils et qu'elle lui a inculqué sa loi, que peut-elle, sinon mettre toujours sa main entre le flambeau de cette foi et le vent du siècle qui veut l'éteindre ? "

Aussi le fils d'une telle mère, — malgré les orages de sa jeunesse et les enivrements de la gloire, — écrira-t-il un jour ces vers sublimes :

li Règne à jamais, 6 Christ, sur la raison humaine,

Et de l'homme à son Dieu sois la divine chaîne !

Illumine sans fin de tes feux éclatants

Les siècles endormis dans le berceau des temps;

Et que ton nom légué pour unique héritage,

De la mère à l'enfant descende d'âge en âge,

Tant que l'œil dans la nuit aura soif de clarté,

Et le cœur d'espérance et d'immortalité ;

Tant que l'humanité plaintive et désolée

Arrosera de pleurs sa terrestre vallée,

Et tant que les vertus garderont leurs autels,

Ou n'auront pas changé de noms chez les mortels !

Pour moi, soit que ton nom ressuscite ou succombe,

0 Dieu de mon berceau, sois le Dieu de ma tombe !

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