DEUXIÈME PARTIE
entreprise sans consulter votre compagne. Les femmes ont un tact sûr, même dans les choses qui ne paraissent pas être de leur ressort ; d'ailleurs, il est bon qu'elles ne soient pas étrangères aux affaires difficiles et épineuses.
u Lorsque la Providence vous aura donné des enfants, les plus doux comme les plus assidus de vos soins seront de les bien élever. L'éducation est encore plus importante que l'instruction. Celle-ci a pour but d'orner l'esprit de connaissances utiles et de procurer des talents agréables ; l'éducation bien plus générale et plus importante, tend à former le cœur et à le douer de toutes les vertus privées et sociales. Les principes de la religion catholique sont la base fondamentale d'une bonne éducation. L'instruction doit être dirigée en raison de^ dispositions des enfants et de l'état auquel ils sedestinent. Il faut presque toujours de la sévérité dans l'éducation, de la bonté et de l'indulgence dans l'instruction.
" L'héritage le plus précieux qu'on puisse laisser à sa famille est le bien inestimable de l'union et de la paix. " T. B. Garron de la Bévière.
Le 18 Juin 1787.
6° Principaux événements domestiques.
Rien de mieux que de prendre des notes au jour le jour, comme certaines personnes le pratiquent ; mais ces notes ne peuvent être que des matériaux à utiliser dans une juste mesure ; car la surabondance même des détails serait hors de proportion avec les pages nécessairement limitées du Mémorial
domestique. Il convient de réserver pour ce Livre de la famille tout ce qu'il y a de plus remarquable. Le ménage a eu déjà son journal, quant aux personnes. Les biens ont, eux aussi, leur article particulier. Il n'y a donc plus qu'à rappeler et à résumer simplement dans l'ordre chronologique les quelques événements ayant une certaine importance, qui appartiennent au cadre de la vie domestique et qui constituent ses annales. Mais ici nous ne saurions avoir même la pensée de tenter l'esquisse d'un programme, et il est superflu d'observer qu'il n'y en a point de possible là où tout est subordonné aux situations, aux circonstances et aux convenances personnelles.
Et"2nements heureux : — Succès d'un fils dan s sa carrière; — mariages, survenus dans la parenté ; — fêtes domestiques célébrées à l'occasion d'anniversaires ; — voyages un peu marquants et qui ont laissé des impressions, des souvenirs tout particuliers, etc.. Lorsqu'un bonheur leur arrivait, nos pères en remerciaient Dieu. Le fait est mentionné en peu de lignes, puis on ajoute :
uJ'en rends grâces à Dieu, je le prie de m'accorder la grâce d'en faire un bon usage, et que ce soit pour sa gloire et pour mon salut. "
Evénemenes malheureux : — Accidents, années d'épreuves, maladies, morts. Nous avons dit plus haut que l'auteur du livre de raison, après avoir tracé, la biographie de ses parents, ne devra pas oublier ses frères et sœurs, ses proches et les amis de la famille. Il pourra ici, dans le journal des