DEUXIÈME PARTIE
plois au réfectoire, et on lui donna une chambre dans la nouvelle bâtisse, à la montagne, où il suivit le collège. Il n'a cessé depuis ce temps d'édifier maîtres et élèves par sa piété et sa charité, se rendant utile autant que ses forces le lui permettaient, passant la plus grande partie de la journée à la chapelle, s'occupant du soulagement des pauvres et des défunts pour lesquels, chaque année, au mois de novembre, il faisait célébrer un certain nombre de messes.
" Au mois de février dernier, il fut frappé d'un affaiblissement général. Il trouva assez de force dans son énergie pour résister à cette débilitation corporelle, et se traîner encore quelques jours ; mais bientôt il fut forcé de s'aliter. Le mal fit de rapides progrès en peu de jours. Le 4 mars, il sollicita les derniers secours de la religion ; il les reçut avec reconnaissance et ferveur, tomba dans une douce agonie, et s'éteignit en quelques heures, dans la paix du Seigneur, et alla recevoir la récompense promise aux bons et fidèles serviteurs.
" De ses biens, il fit trois parts : une, pour Dieu et les âmes souffrantes de l'autre vie ; la seconde, pour les pauvres ; la troisième, pour ses parents, et satisfit ainsi toute justice.
" Le service funèbre se célébra dans la chapelle du Grand-Séminaire. Deux des anciens directeurs du collège, M. Villeneuve et M. Nercam, M. Toupin, ies directeurs du Séminaire des Ecclésiastiques, et tout le personnel du collège se firent un devoir d'honorer de leur présence les obsèques du" vénérable vieillard. Une députation des hautes classes
accompagna sa dépouille mortelle jusqu'au lieu de la sépulture.
" Il n'y eut point d'oraison funèbre, comme sur la tombe des grands ; mais il y eut dans tous les cœurs un regret et une louange sincères pour le modeste serviteur qui a relevé sa condition par tant de nobles vertus. Il y avait 57 ans qu'il servait le collège. Lorsque la cinquantième année de son engagement fut écoulée, on voulut lui donner une petite fête. A cette occasion, fut composé par M. Denis, un chant bien simple, mais qui a le mérite de résumer en quelques traits l'éloge du vieux serviteur. C'est celui que nous donnons ici comme un éloge funèbre qui sera goûté de tous les gens de bien :
'< Dans un emploi modeste Cinquante ans révolus Donnent un droit céleste Au bonheur des élus.
D'un serviteur fidèle Louons l'intégrité, Donnons-le pour modèle A la postérité.
Plein de délicatesse, Prévenant sans flatter, Il servit sans bassesse Et se fit respecter.
Dans cette longue chaîne De services rendus, Quel travail ! quelle peine î Que de soins assidus !