DEUXIÈME PARTIE
rudes épreuves. Mais, forts des témoignages décisifs qui nous sont fournis par l'histoire des foyers modèles, nous affirmons que toujours et partout, la plus grande somme de bonheur, de biens réels et sojides, a été possédée d'une manière stable par les familles qui ont marché dans la voie tracée par Dieu même.
Cette voie tracée par Dieu, il importe de la connaître ; il faut l'étudier, s'en rendre un compte exact et la suivre. C'est pour les enfants un devoir religieux du premier ordre, en même temps qu'une nécessité absolue de conservation.
2<> La Maison paternelle.
Si l'on a le privilège (chose de plus en plus rare aujourd'hui) d'avoir un foyer qui soit ancien dans la famille, ou même si l'on en a simplement un que recommande aux affections une longue habitation, le Livre de raison doit le mentionner à part.
A-t-on à parler de la maison où l'on est né, et à la conservation de laquelle on veut intéresser ses enfants? On rappellera son origine, et, s'il y a lieu, le nom de l'ancêtre qui l'a construite, ou acquise ; on dira comment elle a été successivement réparée, embellie, et les aménagements nouveaux qui ont permis à la famille de mieux s'y établir. " Quelques pages seront réservées pour les meubles auxquels l'ont tient tout particulièrement, pour les portraits des parents et des aïeux, pour les manuscrits et livres précieux, en un mot, pour les divers objets auxquels sont attachés des souvenirs."
Le jour est venu où les gens de bien doivent
réagir énergiquement contre le matérialisme du siècle, qui détruit un des éléments essentiels de la vie domestique.
Le foyer a eu chez tous les peuples un nom consacré, et il a toujours eu un titre particulier à la vénération des hommes : c'est la maison paternelle ; et ce titre ne lui a été donné que parce que la paternité doit y avoir son siège permanent et durable.
Voyez les païens : ils ont perdu l'idée du vrai Dieu ; mais le respect du foyer les sauve d'une dissolution qui sans lui eût été l'anéantissement de la famille. Ils vont jusqu'à en faire une religion. Le foyer, pour eux, ce sont les dieux lares, c'est la conservation du culte dû aux ancêtres, c'est la famille rendue immortelle au point que, dans le principe, la propriété de l'habitation était imprescriptible, inaliénable. Le feu qui y est entretenu n'est pas comme l'élément physique " qui échauffe et qui brûle, qui transforme les corps, fond les métaux, et sert d'instrument à l'industrie humaine ; " c'est un feu divin, il est descendu du ciel, et on l'invoque pour obtenir la pureté de l'âme : " Rends-nous florissants, ô foyer, rends-nous aussi sages et chastes, " est-il dit dans un hymne religieux de l'antique mythologie.
L'idolâtrie s'est emparée d'un des sentiments les plus profonds de la nature humaine, pour en faire l'objet d'un culte ; mais elle est impuissante à rendre pur le cœur de l'homme, et elle finit par le jeter dans une effroyable corruption. Les sociétés chrétiennes sont nées d'un souffle absolument nouveau, dont le point de départ a été la divine maison