‹ La famille et ses traditionsChapitre 56 sur 235 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

" Autour du berceau, dit-il encore, la vraie loi du mariage se révèle avec une éloquence irrésistible- Essayez donc de poser un terme à la double espérance qui berce le sommeil du nouveau né ; l'indissolubilité décrétée par la nature ne suffit point à ce jeune père et à cette jeune mère, amoureux de leur espoir, selon le vœu de la Providence : ils voudraient l'éternité de la chaîne qui est leur force et leur courage."

u Je vous le dis à grande voix, dit le P. Didon dans son beau livre du " Divorce " : Nous sommes ici pour fonder la vaste unité de la famille humaine. Voyez : nous commençons petit à petit, nous arrivons sur la planète comme les étoiles, une à une, dans le ciel immense. La multiplication se fait. Mais, en nous multipliant, nous devons rester unis. La terre n'est pas un désert, où comme les bêtesfauves, les fils de l'humanité s'entre-dévorent, la terre est un foyer autour duquel nous devons vivre et nous aimer."

M. Laurentie a écrit sur ce sujet une page éloquente qui se trouve ici à sa place :

" Chaque foyer domestique, dit-il, a frémi à l'apparition de la scandaleuse doctrine du divorce ; le père le moins chrétien, la mère la plus frivole a senti que tout lien se brisait dans la vie, si l'amour des époux n'était pas sacré. Le fils de famille s'est demandé s'il était jeté sur la terre comme un être isolé et sans abri ; la fille, la fille pudique, si elle n'était pas assurée de la protection de son père et des embrassements de sa mère ; et tous ces senti ments éclatant à l'envi, ont fait une protestation

sublime contre les malheureux qui disaient anathème à la famille et tuaient la société."

Mais la famille vivra parcequ'elle est la société par excellence ; Dieu Ta faite pour Tordre et pour la durée du monde. C'est pourquoi les lois politiques doivent tendre à se conformer aux lois de la famille ; non que la société politique puisse être conduite avec la môme simplicité que la société domestique ; mais le commandement doit y être paternel, la liberté respectueuse, l'obéissance pleine d'amour, et c'est par là que la famille reste un modèle pour l'association domestique. Le plus grand éloge de l'empire de Gharlemagne à été de pouvoir dire qu'il était réglé comme sa maison."

L'Auguste Léon XIII, l'éminent Pontife qui gouverne aujourd'hui l'Eglise avec tant de science et de sagesse, a dit le dernier mot sur cette grave question du divorce dans son admirable " Encyclique sur le Mariage" du 10 Février dernier. On pense involontairement, en la lisant, à la puissante dialectique de Tertullien et à l'éloquence contenue de St-Léon-le-Grand.

Il y a dans l'Evangile une de ces paroles dont le Maître infaillible a dit : " Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. "

Cette parole, la voici : " Que l'homme ne sépare point ce que Dieu a uni."

Sur cette parole, comme sur une base inébranlable, s'élève la grande, l'indissoluble institution du mariage. Les législateurs et les gouvernements ont beau s'agiter, ils ne renverseront pas cette base, ils n'effaceront point cette parole !

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