DEUXIÈME PARTIE
A l'appui de cet avancé j'aime à citer les paroles remarquables de M. Siméon Lesage sur " la question agricole, lors de la grande fête nationale du 24 Juin dernier :
u Quel spectacle mieux fait pour réjouir le cœur d'un bon patriote que celui d'une paroisse canadienne où règne la prospérité, compagne de la bonne culture ? Où trouver une plus parfaite image du bonheur social que cette agrégation de familles honnêtes et craignant Dieu, ayant pour chef naturel et chéri un pasteur véritable qui la protège contre tous les dangers, lui prodigue les bénédictions du ciel, la guide dans les chemins de la vertu, élève son âme et la prépare de longue-main aux jouissances d'un monde meilleur ?"
J'ai dit qu'une santé robuste et une longue vie sont le partage des cultivateurs. Je laisse ici parler la sciexice :
u De tous les hommes, dit M. Rambosson dans son beau livre des " Lois de la vie" les ecclésiastiques sont ceux dont l'existence est la plus longue, et cela est facile à comprendre si l'on fait réflexion que les prêtres sont libres de tout souci domestique ; habitués à vivre en Dieu et à considérer cette vie comme une épreuve et un acheminement à une vie meilleure, ils se laissent moins séduire par les passions qui troublent et agitent les autres humains ; leur esprit est plus calme, et leur cœur plus satisfait. Ce sont là précisément les deux causes principales de la longévité humaine.
u Après les ecclésiastiques, les agriculteurs sont ceux qui vivent le plus longtemps. Ils le doivent à
l'air pur et vivifiant qu'ils respirent, à leur sobriété et au calme que fait naître dans leur cœur l'aspect varié et incessant de la nature."
" Par le travail des bras, dit Mgr Dupanloup, par les vertus du cœur, par la prière de l'âme, viendront s'asseoir sous le toit du cultivateur, qu'il soit riche, qu'il soit pauvre, la paix, la joie, la forte santé, la calme conscience, le tranquille bonheur, les douceurs de la famille, la simple sagesse, c'està-dire les plus précieuses bénédictions de Dieu : tous ces biens, qui sont l'apanage et la récompense du cultivateur honnête, l'honneur pur de sa modeste et noble profession, qu'il sera heureux et fier de transmettre à ses enfants comme un glorieux héritage. Ah ! que les cultivateurs, qui ont compris la dignité de leur état, ne rêvent donc pas pour leurs enfants, rêve sitôt suivi de déceptions cruelles, une autre condition, un autre bonheur ! qu'ils se gardent de jeter imprudemment leurs fils et leurs filles à la corruption des villes ! Mais, leur mettant de bonne heure à la main la bêche, la charrue, la faucille, tous ces nobles instruments de la fécondité de la terre, de la légitime indépendance et du bonheur de l'homme, qu'ils soient fiers de leur dire : u Je vous laisse ce que m'ont laissé mes pères : l'air natal, le toit, le champ, le travail, des goûts simples, l'amour de Dieu, et la paix du cœur ! Puissent les enfants comme les pères continuer à manier la bêche, la charrue, la faucille, à travailler aux champs, sous le ciel, sous le soleil, respirant à pleine poitrine l'air vivifiant et la lu-