‹ La famille et ses traditionsChapitre 63 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

" Ne reste jamais sourd au cri de la pairie ; Sers-la dans le danger et plains-la dans l'erreur ; Défends-la, s'il le faut, au péril de ta vie, Jamais au prix de ton honneur.

Mais si tu l'as servie, il n'en faut rien prétendre ; On doit pour cette mère, à tout danger prochain, Toujours lever son bças, mais jamais ne le tendre Quand arrive le lendemain. "

Ces beaux sentiments, qui sont l'écho de toutes les grandes âmes, semblent avoir été inspirés par ces paroles si pleines de noblessse du Rev. P. Lacordaire :

c; Quel que soit le traitement que me réserve ma patrie, je ne m'en plaindrai pas. J'espérerai en elle jusqu'à mon dernier soupir. Je comprends même ses injustices, je respecte même ses erreurs, non comme le, courtisan qui adore son maître, mais comme l'ami qui sait par quels nœuds le mal s'encliaine au bien dans le plus profond du cœur de son ami " (1).

11 faut plaindre ces astres errants, qui n'ont plus voulu briller au firmament de la patrie, et tâcher de les ramener dans leur orbite par la douceur et la charité : c'est le seul procédé auquel ces fières intelligences voudront se soumettre. L'âme tourmentée de Saùl s'apaisa aux sons harmonieux de la harpe de David, et c'est après avoir pleuré sur Patrocle qu'Achille reprit ses armes et triompha d'Hector.

Comme le fils de Pelée, ces transfuges du patriotisme, au lieu d'imiter les René et les Child-Harold,

(lj " Mémoire, " etc.

reviendront combattre sous le drapeau national à la voix de l'amitié ; et, sous le soleil de la patrie, bénis par leurs concitoyens, ils goûteront encore des jours heureux :

'4Et sans crainte ils verront arriver la vieillesse, Encor bénis par leurs enfants ! "

4° La Colonisation.

Je viens de dire l'éloge aussi éloquent que mérité que Mgr Laflèche fait des colons canadiens. Cet éloge est sans doute complet par lui-même, et tombe de trop haut pour ne pas suffire à ceux auxquels il s'adresse. — Mais, je croirais manquer à la justice autant qu?à l'amitié si je taisais ici le nom d'un prêtre que l'industrie réclame pour l'un de ses patrons, et que la colonisation nomme avec amour son apôtre : vous avez nommé le Révérend Monsieur A. Labelle, curé de S1 Jérôme.

Cet homme a une idée, qu'il poursuit avec la foi tenace et l'infatigable persévérance qui caractérisent les grandes natures et les cœurs héroïques. Il veut combler l'immense vallée de l'Ottawa de belles et riches paroisses. Et ce qu'il veut, il le fait, même en dépit des obstacles, et surtout en dépit des obstacles, car c'est alors qu'il est le plusactif, le plus intrépide et le plus sûr du triomphe.

Déjà de nombreuses familles ont répondu à son appel, et s'applaudissent d'avoir suivi ses conseils. L'impulsion est donnée ; d'autres familles viendront s'ajouter à celles-ci, et bientôt le désert aura disparu, et le nom de M. Labelle, déjà si glorieux, sera béni des heureux habitants de la Rivière Rouge, en attendant qu'il soit inscrit dans l'histoire

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