‹ La famille et ses traditionsChapitre 64 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

à côté des grands noms qui sont la gloire du Canada.

Les Révérends Pères Jésuites, ces nobles fils de S* Ignace dont le dé voûment va au-devant de toutes les bonnes œuvres, ont tendu une main fraternelle au digne curé de S* Jérôme ; que dis-je ? ils Font suivi dans ces régions incultes, et déjà ils ont marqué l'endroit où devront s'élever la chapelle, la maison d'école et la ferme modèle. Mais écoutons M. Labelle nous parler lui-même de son œuvre chérie :

u A l'ombre du clocher paroissial qui est pour le colon le symbole du progrès, le canadien a vu grandir et prospérer son pays ; et en apercevant, dans la forêt, le prêtre et la chapelle, ou seulement la place d'une église, il entrevoit dans un temps rapproché l'augmentation de la valeur de la propriété, le médecin, le notaire, le marchand, le moulin, la municipalité religieuse, scolaire et civile."

Gomment pourrait-il être déçu dans ces espérances ?

u C'est ainsi que ses ancêtres ont jalonné le Saint- Laurent de magnifiques et florissants établissements. Il sait que l'homme ne vit pas seulement de pain, que s'il est pauvre sur la terre, il est riche dans le ciel, et, si la mort se présente à lui, à sa femme, à ses enfants, avec son triste cortège, le médecin des âmes est là pour lui ouvrir les portes de la Jérusalem céleste. Peut-on reprocher à un chrétien de préférer le ciel à la terre ?

" Que dire de la femme canadienne, cet ange de piété, ce modèle de toutes les vertus, ce trésor

inappréciable de la famille, cette gardienne vigilante de l'innocence de ses enfants ? Elle aussi aime par-dessus tout à aller répandre ses ferventes prières au pied des autels. C'est là qu'elle ravive ses forces, se fortifie contre la souffrance et trouve sa principale consolation. C'est là que son âme sensible, tourmentée de mille inquiétudes, ne s'apaise que par le spectacle de tous les membres de la famille qui pratiquent fidèlement la religion ; et à la pensée des biens spirituels que le ministre du Seigneur peut lui donner, elle oublie ses peines, ses misères, la faim, les afflictions, les maladies."

u Le mouvement colonisateur est déjà créé, il grandit à chaque instant ; il enfante des prodiges ; il ne faut plus que l'entretenir et le seconder par de légers sacrifices qui ne seront lourds pour personne, et, dans quelques années, le résultat sera extraordinaire pour le commerce et la prospérité de Montréal, la paix et le bonheur d'une multitude ■ de familles.

" Ce serait un moyen puissant de porter remède à ce chancre de l'émigration qui nous dévore en éparpillant, dans les pays étrangers, les forces vives de la nation. Elever un enfant, en faire un homme dans la force du mot, et perdre de suite le bénéfice de son intelligence et de son travail, au profit des pays étrangers, c'est un malheur que l'on ne.saurait trop déplorer.

" Que nous a servi d'avoir fait de grandes dépenses pour amener au milieu de nous des émigrants, si, pour un qui s'y fixe, deux de nos concitoyens quittent le sol natal ! Veut-on renou-

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