‹ La famille et ses traditionsChapitre 70 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

laborieux. J'aime à le voir revenant gaiement, après son rude labeur, auprès de sa famille bien aimée ! Et chaque fois que je le rencontre, je suis 1 tenté de me découvrir, car je pense alors à l'Homme- Dieu, dont les mains divines ne dédaignèrent pas, après avoir façonné l'univers, de manier les outils de l'artisan dans l'atelier de Joseph. Et je me dis en voyant passer cet homme : la religion peut avoir des défenseurs plus savants ; mais, tant qu'il sera l'homme du travail et du devoir, elle ne peut avoir de serviteur plus fidèle ; la patrie peut avoir des citoyens plus instruits, mais elle n'en saurait avoir de plus honorable et plus dévoué.

" La patrie vit du concours et du travail de tous ses enfants, a dit Jouffroy, et dans la mécanique de la société il n'y a point de ressort inutile. Entre le ministre qui gouverne l'Etat et l'artisan qui contribue à sa prospérité par le travail de ses mains, il n'y a qu'une différence, c'est que la fonction de l'un est plus élevée que celle de l'autre ; mais, à les bien remplir, le mérite moral est le même.'*

Honnête et laborieux ouvrier, reconnais donc ta dignité, et ne rougis pas, toi dont les titres nobiliaires remontent à la divine maison de Nazareth, d'écrire, toi aussi, de ta main virile et loyale, les traditions de ta famille et les annales de ton foyer.

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