‹ La famille et ses traditionsChapitre 71 sur 235 · JANVIER · texte numérisé non relu

JANVIER

M. le Président, M, le Surintendant, Messieurs,

L'étude que j'ai commencée, il y a un an, sur " la famille et ses traditions," s'est développée jusqu'au point de former aujourd'hui un volume assez considérable.

Avant de s'embarquer sur l'océan de la publicité, si fertile en naufrages, elle vient vous faire ses adieux et vous demander, en vous remerciant de l'encouragement que vous lui avez donné, de prier le ciel qu'elle ait une heureuse traversée.

Veuillez lui permettre, Messieurs, avant ce solennel départ, de vous lire quelques pages encore en famille.

Parmi ces pages, il en est une que je dois ouvrir avant toutes les autres, bien qu'elle soit sombre et mélancolique : c'est la page qui parle de la mort Voici ce que dit cette page, et ce qu'elle vous adresse en ce moment, M. le Surintendant: " Le cœur encore tout saignant de la plaie que la mort

vient de vous faire, (1) vous venez chercher au sein de cette famille qui vous est dévouée, une diversion à votre douleur dans l'accomplissement du devoir. Veuillez croire, M. le Surintendant, que cette famille sympathise de tout cœur à votre affliction et qu'elle voudrait sécher toutes vos larmes ; mais il est des peines que Dieu seul peut consoler. C'est ici que la Foi et l'Espérance jouent leur plus beau rôle ; elles disent à la douleur en deuil : " Le tombeau ne renferme pas la meilleure part de l'être chéri que tu pleures. Regarde le ciel ! Dieu est père aussi, et le meilleur des pères: " C'est lui qui donne et qui ôte les enfants, et il sait pourquoi." Dans le port tranquille de l'éternité ton fils sera pour toujours à l'abri des orages de la terre et des séductions du monde. Que la volonté de Dieu soit faite, et que son saint nom soit béni !" Maintenant, Messieurs, voici les sujets pour lesquels je sollicite, ce soir, votre bienveillance ordiordinaire : le testament, la bénédiction paternelle, le conseils aux enfants, et les archives des collèges et des couvents.

(1, L'Honorable G. Ouimet avait vu, deux jours auparavant, la tombe se fermer sur un de ses fils, âgé de 16 ans, pendant qu'il faisait son cours avec beaucoup de succès au Séminaire de Québec.

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