‹ La famille Gogo (volume 2)Chapitre 3 sur 37 · LA FOBÈT DE FONTAINEBLEAU · texte numérisé non relu

LA FOBÈT DE FONTAINEBLEAU

par M. Marmodin , car le mari de Francine est connu pour être extrêmement jaloux.

La petite femme n'a pas eu l'air d'entendre ce que vient de dire M. Roquet; elle reprend :

— Ah ! si M. Frédéric était avec nous, je suis sûre qu'il serait déjà au sommet de ces rochers... Je lui aurais dit : Je veux une de ces petites fleurs jaunàti*es que je vois làhaut sur ces buissons... et il aurait couru m'en chercher... mais vous, messieurs, ah! vous n'êtes pas galants du tout !...

— Ma chère amie, dit M. Marmodin, pour monter là-haut , il faudrait avoir une chaussure faite exprès. . . les Romains avaient des chaussures particulières qui distinguaient leur rang , leur état , leur position dans le monde ; nous autres Français , nous ne connaissons que les souliers et les bottes ; nous ne nous servons pas de la caliga, de la crepiday de la gallica, de la baxea; nous met-

tons le cakeus et quelquefois le soccus, mais...

— Oh ! assez !... assez, monsieur, je vous en supplie... je ne monterai pas sur ces rochers, à la bonne heure... mais ce n'est pas une raison pour m'assommerde vos Romains pendant une heure... Ahî c^est égal F... c'eût été bien gentil de faire grimper mon àne sur tout cela!...

£t la petite femme tâche de rapprocher son âne de celui de la jolie blonde, et elle reprend, en parlant de manière à n'être entendue que de celle-ci :

— Dites donc, Clémence, est-ce que vous appelez cela une partie de plaisir, vous? de suivre des allées bien droites de peur de se perdre; de ne s'arrêter que quand cela plâit à ces messieurs ; de ne point courir, sauter, faire des folies?. . . Il me semblait, a moi, que quand on venait à la campagne , ce n'était que pour cela !... Nos maris sont étonnants;

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