LA FORÊT BB FONTAINEBLEAU
parce que ça leur convient de cheminer gravement, il faut que nous en fassions autant, et que cela nous amuse!... Ah! que les hommes sont despotes!... Du reste, si monsieur votre neveu et son ami étaient venus avec nous, comme ils l'avaient promis, c'eût été beaucoup plus gai... Est-ce que vous n'êtes pas de mon avis?
— Mais sans doute.. . C'est la faute de mon mari. Il n'a dit qu'hier à son neveu que nous voulions aller en chemin de fer à Corbeil , et de là à Fontainebleau.
. — Ah 1 comme c'est adroit ! dire cela aux personnes le jour même où l'on fait la partie !
— Frédéric a dit : Je ne puis vous accompagner maintenant , mais demain matin, de bonne heure, je partirai avec Dernesty. Si vous êtes dans la forêt, dites seulement, à l'endroit où l'on descend de voiture, quelle route vous suivrez , et nous vous rejoindrons.
— Quand on fait une partie et que Ton ne part pas tous ensemble , on ne se rejoint jamais!... Ces messieurs n'auront pas pu venir, peut-être , et nous avons pour nous divertir M. Roquet... Fhomme le plus ennuyeux de Paris ! ... et qui se permet de venir soupirer près de moi en louchant !...
— C'est peut-être pour votre àne qu'il soupire.
— Oh ! si je savais cela, je le laisserais bien vite monter dessus , parce que j'aurais le plaisir de le voir bientôt par terre.
— Que vous êtes mauvaise!...
— C'est qu'il est stupide, cet homme... Et puis, il vous regarde toujours dans deux endroits à la fois , c'est indécent ! . . . Ah !.. . si nos jeunes gens étaient venus !... je vous assure que j'aurais couru et ri avec eux sans écouter mon mari.
— M. Mariùodinest cependant fort jaloux, à ce qu'on dit?
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— Ça m'est bien ^al... Au contraire, c'est une raison de plus pour que je le fasse endêver.,. Voys êtes bien heureuse, vous, M. Mondingo n'est pas jaloux!...
— Oh! il n'y songe pas !... Il est vrai que je ne lui ai jamais donné lieu de l'être.
— Vraiment! je trouve votre réflexion charmante; vous pensez donc que je me conduis , moi , de façon à rendre mon mari jaloux ?
— Mon Dieu ! mais je n'ai pas eu l'intention de dire cela ! Seulement , connue vous êtes très-rieuse... quelquefois il y a des personnes qui pourraient penser que cela vous plaît quand... quand on vous fait la cour...
— Ces personnes -là auraient raison, j'aime beaucoup à être courtisée... je voudrais que tous les hommes fussent amoureux de moi... Oh! cela m'amuserait infiniment! et d'autant plus que cela ferait
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enrager tant d'autres femmes... Allons, botRTiqnet, veux-tu bien relever la tête ?... Est-ee que tu cherches encore des simples ?. . . Ah ! mon pauvre âne, tu n'as pas besoin de flairer si bas pour en trouver.
— Cette forêt est Immense ! dit M. Roquet en regardant d'un air effaré autour de lui ; savez-vous que l'on pourrait' s'y égarer...
—On est libre de s'égarer, s'écrie madame Marmodin en riant.
— C'était anciennement la forêt de Bière, dit le monsieur au nez crochu ; elle a près de trente-trois mille arpents.. ^ Les Romains, quand ils visitaient les forêts sacrées , se mettaient sur la tête...
— Ah ! mon bon ami ? vous m'aviez tant promis que vous me feriez grâce des Romains dans cette partie de campagne...
Tâchez donc d'être gentil , une fois par hasard !... Savez-vous, messieurs, à quoi cette