‹ La famille Gogo (volume 2)Chapitre 31 sur 37 · LE CAFÉ AUX PIEDS HCHIDE · texte numérisé non relu

LE CAFÉ AUX PIEDS HCHIDE

mais je ne m'attendais pas que le café était en plein air... Farceur de Bichat, qui me dit qu'il est ouvert toute la nuit !... j'crois bien, et comment donc qu'on ferait pour le fermer?...

— On emporterait la table, les tasses , la chandelle, et n, i, ni, plus personne, rétablissement disparaît ! . . .

— C'est juste, au fait. Alors on ne dîne pas ici ?

— Non, mon fiston, s*écrie le jeune Féroce en allant frapper sur l'épaule du boutonnier ; mais si tu veux payer ta bienvenue avec les amis, je te mènerai tantôt dans un restaurant un peu soigné. C'est à l'entrée de la rue de Crussol, dans une échoppe, où l'on peut tenir jusqu'à cinq personnes à la fois, au Petit Véry enfin ! Pardi, c'est connu ! tout le monde t'enseignera ça ! et pour dix sous par tête nous dînerons comme des députés du centre !

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— Ça va, je veux bien... Bichat m'a avancé trois jours d'appointements, et, ma foi ! je serai bien aise de connaître les bons endroits de Paris.

— Eh bien, viens, tu ne pouvais pas mieux tomber, gnîa pas un lieu public un peu chouette que Féroce ne connaisse. . . demande plutôt aux amis.

— Féroce?

— C'est mon nom... mon sobriquet, si tu veux. . . parce que je suis un peu brutal avec le sexe... c'est ma manière de me faire adorer.

— En revanche, dit Ratmort d'un ton moqueur, il ne l'est pas du tout avec les hommes, va!...

— Et toi, inspecteur du balayage, comment que tu t'appelles?

— Moi, je me nomme Glureau... Désiré Glureau.

— Ah! ce nom!... je t'appellerai Cosa-

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que ; c'est plus gentil, et ça va mieux à ta frimousse.

— Cosaque... ah! ah !... ça m'est égal, pourvu que je sois toujours Glureau.

En ce moment le vieux chiffonnier se rapproche de la table, et il tape plusieurs fois dessus avec son crochet en criant :

— Je demande la continuation du journal. . . je paye assez souvent des petits verres à Ratmort, c'est pour qu'il me tienne au courant des affaires de l'État. L'arrivée de l'inspecteur au balayage ne doit pas interrompre nos récréations.

— Ah ! quelle scie que ce chiffonnier avec son journal ! dit Féroce en faisant une pirouette.

— J'appuie la motion du vieux père Crochet ! dit l'individu aux grandes bottes. J'ai plusieurs égouts à nettoyer aujourd'hui, et tout en travaillant avec les confrères, je tiens à être au courant de notre situation

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politique sur la surface quelqueeonque du globe!...

— Mais pourquoi ne les lisez-vous pas vous-même, les journaux, puisque vous tenez tant à savoir ce qu'ils chantent?

— Parce que je ne savons pas lire, apparemment, jeune serin.

— Ça ne sait pas lire, et ça veut raisonner sur les affaires du gouvernement.

— Tout de même, mon petit ! ça n'empêche nullement. Il y a mieux : je veux fonder un nouveau journal ; je veux t'être directeur d'une feuille qui servira au peuple dans ses besoins... je l'intitulerai : la Gazette des Chiffonniers...

— Pourquoi pas des récureurs?

— Et pourquoi pas des paveurs?

— Et pourquoi pas des charretiers?

— Et pourquoi pas desregratteurs?

— Tiens, après tout, il devrait y avoir un journal pour chaque profession !

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