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des blouses et des casquettes ; et on présuma que le coup avait été fait par deux vagabonds , par quelques repris de justice. Je restai à Fontainebleau jusqu'au lendemain, pour me reposer et me remettre de la frayeur que j'avais éprouvée , et puis pour savoir aussi si l'on aurait eu quelques nouvelles de mes voleurs. Mais le lendemain j'appris que la battue faite dans la forêt par les gendarmes n'avait amené aucune découverte.
Alors je réfléchis à ce que je devais faire. Je pouvais retourner â Nemours conter mon aventure et redemander ma place chex le maitre de forges , on me l'aurait rendue; mais je me dis : « Etce pauvre hommeauquel on vient de la donner. .. qui se trouve main* tenant si heureux parce, qu'il a la certitude de pouvoir élever ses enfants; je vais donc aller lui ravir son bien-être; le replacer dans l'embarras, dans la peine... qui lui semblera plus amère encore parce qu'il aura
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eonno quelques jours de joie et de bonheur? Ma foi non , je ne ferai pas cela. Tai six cents francs devant moi ; allons à Paris, j'y trouverai peut-être un petit emploi ; si mince qu*il soit, il me suffira , et comme ça je ne'causerai de chagrin à personne. . . » Aussitôt dît , aussitôt fait. Je remontai sur Mouton et je vins à Paris , et voyez comme on est toujours récompensé quand on fait bien ! D^abord, dès mon arrivée, jeme trouvai, chez le traiteur où je déjeunai , près du commis d'un parfumeur en gros qui avait des écritures à faire mettre en ordre. J'avais conté mon histoire au commis, il s'intéressa à moi , me conduisit chez son patron qui me donna la place , en m'avertîssant cependant qu'il n'y avait de la besogne que pour quelques mois et qu'ensuite il faudrait me pourvoir ailleurs. Mais j'acceptai toujours, je me dis : V. Plus tard nous verrons. » Je cherchai un logement près du magasin de mon né-
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gociant; je louai celui-ci... je vendis ce pauvre Mouton... ah ! ça me fit de la peine, c'est vrai, mais je n'avais plus le moyen de nourrir un cheval ! J'achetai quelques meubles et j'eus encore une chambre à offrir i une pauvre jeune fille qu'on avait amenée toute malade chez le potier d'en bas, et cette jeune fille se trouve avoir été témoin du vol dont j'ai été victime... et elle a prié le bon Dieu pour que les brigands ne me fissent pas de mal. .. et un jour peut-être son témoignage... cette arme qu'elle a trouvée m'aideront aussi à découvrir mes voleurs 1... Ah ! vous le voyez bien, mon enfant, il y a dans tout cela le doigt de la Providence... on a donc raison de ne jamais se désespérer!... eh! eh!
Prêtez un charme à ma philosophie, Pour dissiper des rêves affligeants.
Le verre en main , que chacun se confie Au Dieu des bonnes gens \