ROSE-HARIK CHEZ SON ONGLE
quelques lignes d^une main ferme et avec une grande netteté.
M. Boudin et les deux autres commis font une nouvelle grimace.
— Pas mal ! pas mal du tout ! s'écrie Saint- Godibert. C'est étonnant pour votre âge, vous ne tremblez pas!... Et les chiffres, voyons les chiffres...
Le vieillard pose plusieurs colonnes de chiffres, et les additionne très-vite. Les commis font un nez d'une aune.
— Allons , décidément vous avez du talent! reprend le banquier. Qu'est-ce que vous pourrez ifaire ici?, . . Tous ces messieurs ont leur partie... pardieu! vous ferez les courses... il y en a très-souvent à faire... n'est-ce pas, M. Boudin?
— Oui, monsieur, et il nous manquait quelqu'un pour cela.
— Alors, voilà qui va tout seul... quand il n'y aura pas de courses à faire... eh bien,
VOUS copierez des lettres... enfin, ces messieurs vous donneront toute la besogne dont ils ne voudront pas.
La satisfaction renaît sur le visage des commis. M. Boudin prend un air malin en disant :
— Monsieur remplira les mêmes fonctions que les petits clercs chez l'avoué.
Le vieillard sourit en répondant :
— Allons, soit ! je serai petit clerc, sauteruisseau!... mon Dieu! je serai tout ce qu'on voudra.
— Vous viendrez exactement le matin à huit heures, vous ne partirez jamais qu'après cinq heures et demie, reprend M. Saint- Godibert en se gonflant dans son gilet , et pour cela je vous accorde six cents francs d'appointements.
Le père Savenay s'incline ; les autres commis, qui probablement sont peu rétribués, semblent trouver que cette somme est très-