‹ La famille GogoChapitre 25 sur 37 · BOSE-MARIE CHEZ SON ONCLE · texte numérisé non relu

BOSE-MARIE CHEZ SON ONCLE

— Mais onî... Hier... ce vieillard Fa nommée...

— C'est possible, je n'y ai pas fait attention. Bref, je n'ai consenti à tout cela qu'à la condition que jamais le nom de Go. . .go. . . ne sortirait de leur bouche ni à l'un ni à l'autre... à la première indiscrétion je les chasse sur-le-champ.

— Mais ce... vieux monsieur... est-ce que vous avez l'intention de le recevoir quelc[uefois... chez vous... dans votre société?

— Par exemple! pour qui me prenezvous, mon fils? est-ce que je reçois mes commis?... et ce vieux qui a l'air d'un paysan... ne faisait-il pas un bel effet hier au soir dans mon salon?... j'en avais mal au ventre.

— Et... ma cousine est chez vous?

— D'abord je ne veux pas que vous l'appeliez votre cousine comme ce grand sanscœur de Frédéric ! vous lui direz mademoi-

selle, c'est suffisant. Elle loge en haut... dans la pièce que vous deviez habiter... Mais qu'en ferons-nous ici... toute la journée?... Ah ! quel ennui ! que de tracas! et tout cela parce qu'on a le malheur d'avoir une famille !... Qui est-ce qui a pu inventer les familles?...

— Mais, mon père...

— Allez-vous coucher, monsieur, et laissez-moi ruminer sur tout cela.

M. Saint-Godibert va s'enfermer dans sa chambre. Là, après avoir longtemps cherché dans sa tète sans y trouver la moindre chose , il se décide à passer chez sa femme.

Rose-Marie était descendue près de sa tante à l'heure que celle-ci lui avait indiquée. Madame Saint-Godibert avait conduit la jeune fille dans une petite pièce qui tenait à son boudoir, et dans laquelle on ne faisait jamais de feu, vu qu'il n'y avait ni

rose-hârie chez son ongle. 119

cheminée ni poêle, et elle lui avait donné diverses choses à coudre, en lui disant :

— Vous travaillerez là!... et surtout ne vous avisez jamais de chanter en travaillant; je déteste cela... il n'y a rien de si mauvais genre.

La jeune fille s'était inclinée sans rien dire ; mais en elle-même elle pensait bien que là elle n'aurait jamais envie de chanter. Puis sans oser prononcer un mot elle s'était mise à travailler.

— Eh bien, dit M. Saint-Godibert en entrant chez sa femme , que faites-vous de cette petite?

— Elle est là , répond madame en indiquant la petite pièce, elle travaille , je dois convenir qu'elle coud très-bien!... j'en ai été fort surprise. • /

— Allons , elle vous servira du moins à quelque chose...

— Où la ferons-nous dîner?

lâO CHAPITRE IV.

— Mais... quand nous ne serons que nous... je pense qu'elle pourra dîner à notre table. Quand nous aurons du monde eUe restera dans sa chambre.

— C'est entendu. Mais avez-vous pensé au plus important?. . . Si le père de votre nièce allait s'imaginer de venir la voir ici... comprenez-vous , monsieur, comme cela serait dégoûtant pour nous?

— Vous avez raison, mais je vais lui dire d'écrire à son père qu'elle est ici , que ce n'est pas la peine qu'il se dérange pour venir la voir, et que c'est elle qui se rendra de temps en temps près de lui.

— Fort bien imaginé. Je vais l'appeler, vous allez la faire écrire tout de suite.

Madame Saint- Godibert appelle Rose- Marie. La jeune fille s'avance les yeux baissés et d'un air craintif.

— Vous savez écrire, je pçnse ? dit Sainl- Godibert en regardant sa nièce.

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