UNE VIOLETTE DANS UN PARTEBBE
Cependant M. Brouillard, qui savait bien trouver tout le monde, puisque Frédéric l'avait prévenu, arrive au milieu du salon, près de M. Saint-Godibert, en criant à tuetéte:
— Eh !. bonsoir, cousin ! ah ! sapristi ! je ne savais pas que vous aviez du monde ce soir... moi qui suis venu sans façon... Pourquoi donc ne pas me prévenir comme de coutume?... Ma cousine, j'ai Thonneur de vous souhaiter le bonsqir. . . Est-ce que vous avez été malade?...
— Eh ! pourquoi donc aurais-je été malade, monsieur? répond Angélique avec aigreur.
— C'est que vous me semblez avoir mauvaise mine ce soir... Oh! après cela, ce ne serait pas une raison... on est journalier... on peut avoir le teint jaune et se porter trèsbien.
Madame Saint-Godibert a presque une
attaque de nerfs ; mais elle ii*ose pas répliquer ; elle veut au contraire tâcher de sourire et il lui est impossible d'en venir à bout.
— Ah ! voilà le cousin Mondigo et son estimable épouse...
M. Brouillard appuie sur le mot estimable ccHnme s'il y mettait de l'intention. Après avoir salué l'homme de lettres, sa femme et les personnes de la réunion avec lesquelles il s'est déjà trouvé quelquefois , le cousin Brouillard revient ai( milieu du salon, et là, ayant l'art de saisir un moment de silence, il s'écrie :
— A propos... mais où est donc cette charmante personne. .. cette jolie petite cousine qui demeure chez vous maintenant, à ce que j'ai appris?...
Saint>-Godibert et sa femme deviennent violets. Mondigo baisse le nez. Clémence écoule avec inquiétude. Le cousin poursuit, parlant toujours très-haut :