‹ La famille GogoChapitre 35 sur 37 · UNS VIOLETTE DARS UN PARTERBE · texte numérisé non relu

UNS VIOLETTE DARS UN PARTERBE

en se frappant le front et en s'écriant :

— Ah! j'y suis maintenant... Ah! j'y suis... Ah ! mademoiselle, que je suis donc enchanté!... Oh! certainement j'y suis !...

— Mais nous n'y sommes pas du tout , nous autres, dit la rieuse Francine en regardant M. Roquet; est-ce que vous ne pourriez pas nous y mettre un peu, monsieur, en nous faisant comprendre le motif de vos exclamations ?

— Voilà, belle dame, voilà... c'est qu'en regardant... en admirant mademoiselle , il m'a tout de suite semblé que ce n'était pas la première fois que j'avais le plaisir de la voir, et en effet, maintenant je me rappelle fort bien où je l'ai rencontrée, c'était dans la forêt de Fontainebleau... le jour où nousflmes cette charmantepartie. . . vous souvenez-vous, mesdames... avec des ânes?...

— Oui, monsieur... vous en étiez, je m'en souviens...

iÙè GIIAPITBB VI.

— £h bien! je vous perdis dans la (orét... vous aviez pris le mors aux dents avec vos montores. £n voulant vous chercher je m'étais égaré... je ne trouvais plus m^i chemin... et il m'était même arrivé un acddent assez désagréable, lorsque je fis k i rencontre de mademoiselle... car c'est bien vous, n'est-ce pas^ mademoiselle?... i

Rose-Marie lève les yeux sur M. Roquet, | et répond avec un charmant sourire : I

— Oui, monsieur... c'était mcM... et je me souviens en effet de vous av<»r indiqué votre chemin.

— Vous vous en souvenez... Ah! mademoiselle... je suis bien flatté... Sans Tacci* dent désagréaMe qui me gênait beaucoup... certainement j'aurais cherché alors i.. . mais j'étais horriblement contrarié...

. — Ah çà ! s'écrie M. Gendrillon en s'approchant de M. Roquet, qud est donc cet accident que vous ne nous dites pas... et

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qui vous contrariait tant?... Je suis fort curieux, moi.

M. Roquet se pince les lèvres et s'effwce d'avoir Taîr malin, en répondant :

— Ah! je ne puis pas vous le dire... parole d'honneur, je ne le puis pas, ce serait trop difficile à narrer devant ces dames... demandez plutôt à mademoiselle.

— Comment ! dit M. Brouillard, ma jolie cousine le sait et vous ne pouvez pas nous le dire... voilà qui devient bizarre... alors )a petite cousine nous ledira, je gage...

— Je ne sais pas ce que monsieur veut dire, répond la jeune fille d'un air surpris.

Roquet, qui est alors près de Frédéric, lui dit bas à l'oreille : Il s'agit de ma culotte... fendue complètement!,., ma chemise passait!.. . Mais ce n'était nullement la faute de votre cousine.. • Dieu me garde de l'en accuser.

Frédéric rit au nez de M. Roquet et va

conduire sa cousine sur un siège, puis il s'assied auprès d'elle et tâche, en la faisant causer , de diminuer l'embarras qu'elle I éprouve en se trouvant pour la première fois au milieu d'un cercle aussi nombreux. £n voyant tous les regards qui sont attacha sur elle, la jeune fille, qui est rouge et confuse, dit à demi-voix à Frédéric :

— J'ai eu tort de venir ici, n'est-ce pas, mon cousin?

— Non vraiment! vous avez fort bien fait au contraire... et du reste, je vous avouerai que c'est moi qui , désolé de ne jamais vous rencontrer quand je venais ici, ai conduit toute cette affaire.

— Ah ! mon cousin... madame Saint-<iodibert me fait des yeux qui m'annoncent qu'elle est en colère,., je serai grondée !

— Mais elle ne pourra plus autant vous séquestrer, car maintenant que l'on vous a vue, on demandera souvent de vos nou-

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vélles!... Vous n'êtes pas faite pour passer votre vie enfermée dans une chambre sans voir personne... Oh! s'ils avaient continué sur ce pied, je serais allé le dire à votre père ! ... Je suis sûr qu'ils vous rendent malheureuse... si cela est, dites-le-moi.... ne me cachez rien, je suis votre cousin, je dois vous protéger.

Rose-Marie jette un doux regard sur Frédéric et lui serre tendrement la main, en lui disant :

— Merci ! ... Oh ! vous êtes bien bon pour moi... Vous voulez bien que je sois votre sœur, n'est-ce pas?...

Frédéric va répondre lorsque madame Marmodin s'approche en lui disant d'un air moitié riant, moitié piqué :

— Vous deviez chanter un duo avec moi ce soir... 11 y a longtemps que le piano nous attend... Est-ce que vous n'avez pas un moment à me sacrifier, monsieur?

^â CHAPITRE Vî.

Frédéric se iève aussitôt, et, prenant la main de Francine, se rend avec elle près du piano.

Demesty s'empresse de venir occuper près de Rose-Marie la place que Frédéric a laissée vacante. Il adresse à la jeunefiUe une foule de ces compliments, de ces jMropos galants qu'un jeune homme qui va dans le monde a toujours en masse dans sa mémoire.

Mais la belle Clémence passe près de loi, trouve moyen de lui pincer le bras sans que cela se voie, et lui dit à l'oreille :

— Est-ce que vous n'aurez pas bientôt fini?... vous allez venir près de nM>i ou je ne vous reverrai jamais.

Demesty quitte Rose-Marie en lui lançant un regard fort tendre. A peine est-il éloigné, que Julien vient prendre sa place.

Mais le fils de la maison n'a pas encore eu le temps de dire quatre mots à sa jolie

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