‹ La famille GogoChapitre 9 sur 37 · ON SE CONNAIT · texte numérisé non relu

ON SE CONNAIT

m'avait soufflé tous ces projets-là... ou bien c^est que cela devait arriver. Je donnai ma démission de ma place à la ferme , et je la donnai même avec joie^ car je savais que je serais remplacé par un brave homme , père d'une nombreuse famille et à qui elle était bien nécessaire pour élever ses enfants ! et sans cet événement-là, comme on ne m'aurait jamais renvoyé, il aurait bien pu attendre ma place encore longtemps. . . car je suis solide, moi!... et mon grand'père a été jusqu'à cent et un ans... Dites donc, ça me donne de l'espoir!... eh! eh!...

Je ne suis qu'un vieux bonhomme , Ménétrier du hameau ; xMais pour sage on me renomme , Et je bois mon vin sans eau !

— Ah ! votre aventure, M. Savenay , votre aventure... .

— C'est juste! j'y reviens... Après avoir

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donné ma démission , je vendis tout mou mobilier là-bas ; car je me disais : Quand je viendrai à la campagne , je louerai un petit pied-à-terre, ça me suffira. Je ne gardai que mon cheval... Mouton, oh! une bien bonne béte, que j'avais déjà depuis neuf ans, et qui me servait à me rendre de Nemours à la forge. Tout cela m'avait fait près de six cents francs, que je me fis donner en orpour être moins chargé. Puis ayant dans un portefeuille soixante mille francs en billets de banque, dans une poche une lettre de M. Cendrillon qui me recommandait à son ami Saint-Godibert, j'attachai ma valise, mon sac de nuit sur Mouton , j'enfourchai mon cheval, et me voilà. en route pour Paris...

— A cheval... vous étiez à cheval?...

— Oui, mon enfant; quelques personnes m'avaient dit : C'est imprudent , père Savenay , de voyager à cheval avec une sonune aussi forte sur vous. Mais moi je répondis :

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