SCÈNE VI
Les Mêmes, DONALD , plusieurs soldats , domestiques.
Mad. wilson , allant à Donald.
Mon fils !... mou cher fils!...
DONALD
Ma mère... je souffre beaucoup... mon bras et dans un état... Oh ! ma mère. ( lise jette dans ses bras.)
Mad. WILSON.
Donald, cher Donald, prends courage.
( Elle le conduit près d'un siège , déchire vivement la manche qui cache sa blessure 3 donne les ordres nécessaires ; Maria prépare tout ce qu'il j dut : on passe une ccharpe noire au col de Donald. Celte àcharpe lui soutient le bras pendant la fin de l'acte. )
DOUGAL
Je sais que les révoltés trouvent asita chez les habitants.». Malheur à leurs partisans! il est temps de punir celte odieuse partialité ; pas plus de grâce pour les atFidés, que pour les rebelles eux-mêmes. {Mouvement d inquiétude mafqué, de la part de madame ïVilson.) Mais rassurez-vous, Madame, bienlot vous pourrez satisfaire votre vengeance ! on est à la recherche du coupable; en vain il tenterait de nous échapper! des
rapports dignes de foi assurent qu'il s'est jeté dons ce quartier.
Mad. wTlsok , se rapprochant.
Dans ce quartier, monsieur le Colonel?
DOUGAL
Oui, et c'est près de votre maison que l'on a perdu sa trace.
aiad. wilson, à part.
Qu'entends-je?
DOl'GiL.
Il est bien signalé, la pAleur qui couvre son front, le désordre de ses vetemens , son air égaré, le trahissent aisément, et ne permettent pas de le méconnaître.
Mad. wilson , faisant un mouvement vers le cabinet.
Quoi! ce serait? {plus bas , ) horrible situation!
dougal, qui remarque le mouvement.
Qu'avez-vous Madame? connaitriez-vous la retraite du lâche assassin de votre fils ?
donald, reprenant ses forces au mot d'assasin . Assassin!... non pas , non pas!
Mad. wilson, revenant à son fils.
Mon cher fils , rassure-toi.
MARIA
Pauvre jeune homme !
DONALD
C'est donc moi qui ai causé tant d'alarmes, il me semble cependant... {remuant ses bras ) qu'il n'y a pas lieu.... ( sentant son bras gauche , ) lu douleur est bien calmée. Mad. ttilscn.
Cher enfant !
donald , s' efforçant de sourire.
Oh! bien enfant, eu vérité, de défaillir, pour une légère blessure au bras, se trouver mal pour si peu de chose ! Pardon, ma bonne mère ! ( à Maria et aux domestiques, ) pardon de la frayeur que je vous ai causée à tous ; mais ce n'est pas dangereux... ce ne sera rien (se levant, ) et puis les soins d'une mère sont un baume si souverain , que déjà...
DOUGAL
Maintenant que votre fils vous est rendu, je cours le venger i
donald l'arrêtant.
\h\ moment, Milord; avant de poursuivre celui qui m'a frappé, il importe (pie vous le connaissiez, mieux. Ce n'est point un lâche assassin, comme vous venez de le dire; pour rebelle je le crois , mais brave, mais loyal , je le jure !
DOUGAL
Vous prétendriez le défendre?
DONALD
Non; mais je lui rends justice en repoussant la calomnie,
Jliail. WILSON.
Mon fils , ton état dépose contre ta générosité.
Mon état... mon étal est ma faute et non la sienne. Je vous quittais et j'allais à mon poste avec mon ardeur ordinaire, quand, au détour de la rue et presqu'à votre porte, un homme en désordre et d'un costume suspect, se présente à mes regards : arrête ! ai-je crié en marchant vers lui; arrête , tu es Un rebelle ! Je ne m'en cache pas, a-t-il répliqué ; mais je n'eu veux qu'à rues tyrans et non à mes concitoyens. N'importe , rends-toi , lui dis-je en le couchant en joue ; je crains peu la mort , répond-il. Ces paroles ne me touchent point: entraîné par mon ardeur , le désir de me signaler, et plus encore par l'irréflexion de mon âge, je l'ajuste, je tire, et voyant mon coup manqué, je me précipite sur ce malheureux sans armes; j'allais l'atteindre.... quand parant d'une main ma baïonnette et saisissant de l'autre mon fusil, il me l'arrache, me renverse et se sauve, me laissant, sur la place, beaucoup plus étourdi de ma chiite que de celte légère blessure reçue dans l'action. Mad. WILSON.
O mon fils! de quelle perplexité ton récit ma tirée, ( elle regarde vers le cabinet. ) et combien je craignais... dougal, quia cru démêler quelque arrière pensée dans le mouvement de madame l'Vilson.
Que voulez-vous dire, Madame?
Mad. wilson, se reprenant et montrant son fils. Sa blessure n'est pas aussi dangereuse que vous le disiez; jugez s'il peut me rester aucune inquiétude. bougal, la regardant avec une scrupuleuse attention. Afin de prévenir le retour de pareils accidents, je vais ordonner les plus sévères perquisitions dans les maisons de la
ville; la loi martiale sera exécutée dans toute sa rigueurcontre les rebelles et leurs officieux partisaus. Madame, quand le devoir parle, la pitié doit se taire; souvenez-vous (pie la justice réclame l'assassin de votre fils. (// sort avec son escorte; le* domestiques suivent. )