‹ La famille irlandaise; mélodrame en trois actesChapitre 25 sur 46 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Mad. WILSON, DONALD, ARTHUR, MARIA.

Mad. WILSON.

Que signifie ce discours? grand Dieu laurait-ildécouvert?..

DONALD

Qu'avez-vous, ma mère?., d où naît cet effroi?

arthur, vivement sortant du cabinet.

Ah ! Madame , j'ai tout entendu...

DONALD

Me trompai-je?...

ARTHUR

Et vous ne serez point la victime de votre noble dévouement. Je vais subir mon sort.

donald, reconnaissant Arthur.

Quoi ! ma mère, c'est vous qui avez donné asile...

Mad. WILSON* Crois mon fils, que j'étais bien loin de soupçonner...

DONALD

Ah! l'action est trop belle, ne vous en repentez pas !

ARTHUR

Hôtes généreux ! vous avez acquitté votre dette envers 1 humanité ; c'est à moi maintenant d'acquitter la mienne envers vous. Mon séjour ici serait un arrêt de proscription auquel je ne veux pas vous exposer; recevez mes adieux. Mad. WILSON.

En vous quittant, nous sera-t-il permis , au moins , de vous demandera qui nous avons eu le bonheur de rendre service

ARTHUR

Gardez-vous de l'apprendre... vous détesteriez votre générosité.

Mad. WILSON.

Je ne hais personne... il n'est qu'un seul homme...

ARTHl'R.

An nom du ciel , n engagez pas ma délicatesse à me trahir: ma discrétion m'esl pénible j mais elle m'est nécessaire. maria, arrivant du fond de l'appartement Un peu émue.

Je ne sais quel des ein attire le peuple autour de celle maison; mais je viens de distinguer un grand rrornbrc:dè personnes qui semblent l'investir eu silence el la cerner de tous côtés. Mad. wilson.

Notre perle est certaine!

Arthur, a\cc un grand sang-froid.

Non, Madame , tout votre zèle n'a pu me sauver; mais vous n'en serez pas la victime : puisque ma témérité a compromis voire existence, je vous offre les moyens de m'en punir.

Mad. wjlson.

Que voulez-vous dire ?

ARTHUR

Si l'on me découvre ici , vous êtes mes complices.

DONALD

Eh bien !

ARTHUR

La loi fait grâce au citoyen qui livre un rebelle réfugié chez lui...

mad. WILSON.

Grand dieu !

Qif osez-vous nous proposer ?

La mort plane sur vous; il n'est que ce moyen delà concentrer sur ma tèle... Vous liés iiez encore... il me reste, pour vous déterminer, un moyen terrible, mais décisif : vous avez témoigné le désir de connaître mon nom?

Mad. wh..îo>, Si ma curiosité doit vous être funeste, gardez-vous de la. satisfaire.

ARTHUR

Non, Madame; il est temps que je m 'acquitte. Un mot va lever Ions vos scrupules, un mot va vous rendre ma perte facile et nécessaire.

Mnd. iviLSor.

S'il est vrai, au nom du ciel , ne le prononcez pas! L a Fa m Me Irlandaise. 5

ARTHUR

Vo!re bonté m'accable !

DONALD

Biais s'il nous plaît d'être généreux, de quel droit voulezvous nous en retirer le mérite?

ARTHUR

Je ne mérite que voire colère, voire malédiction?

donald , à part.

Serail-il possible?

Mad. 1VTLS0N.

Ah! je tremble maintenant de trop bien deviner!

ARTHUR

Osez tout , vous le pouvez sans crainte; nommez l'être qui a causé lous vos malheurs...

Mad. W1LSON.

Quel trait de lumière... O ciel !

ARTHUR

Le perturbateur de votre paix domestique.

mad. wilson.

Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'elle n'existe plus chez moi.

ARTHLTR.

L'assassin de votre fils!

DONALD

C'est un crime pardonné.

Mad. WILSON.

Ah! n'achevé pas, malheureux! j'en ai trop entendu. (Elle se jette dans un fauteuil , cache son visage avec ses mains et se détourne avecun geste cVindifjnation. ) arthur , à ses genoux.

Oui , Madame; cet assassin , ce ravisseur, cet Arthur, c'est moi !

DONaLD.

A son couraje j'aurais dû le reconnaître.

Mad. YTILSON.

Et moi ! à son audace !

ARTHUR

Mes remords ont. devancé vos reproches ; et tous ces reproches je me les siu^ faits. Celui d'avoir porlé le trouble, la désolation dans votre cœur, déchire le mien. Mais après avoir reçu l'aveu de mon crime, ne rejelez pas le pardon que \<t

vous il emaïul o... l'expiation que je VOUS offre, Que je ne meurspas >ans vous avoir fléchie; mais que je même pour conservervos jouis !

mm\. WILS0N, attendrir et relevant Arthur.

Infortuné!., pour mériter ce pardon, songez d'abord à con— server voire vie.

Donald , se jetant dans les bras de sa mire.

Digne mère !

àrthuh , baisant la main de madame TVilson. Bouté Louchante !

(Moment de sensibilité, ensuite effroi : on écoute. Donalct court à la croisée et retient effrayé. )

DONALD

La maison est investie; les moyens de sortir deviennent de plus en plus difficiles; le peuple semble vouloir forcer les portes, {ouvrant un cabinet à yauclie.) Ah! cet escalier donne sur le jardin ; il est encore libre. Fuyez.

ARTHUR

Mon évasion ne saurail vous sauver, je cours me livrer à ces furieux.

iwad. wilson.

Malheureux! que va lu faire?

DONALD

Par pitié , arrêtez!., au nom de ma sœur... de Nelly... p r o. filça du seul mo yen qui vous reste.

iviad. wiLsnv.

Son habit va le trahir... crue! embarras...

Donald , apercevant sa capotte sur un fauteuil,

Celte capolle d'uniforme !

ma. WILSON.

Quel est ton dessein ?

" DONALD

Vile , Maria, la capolta ! ( 11 Arthur. ) passez-la prompte— meut, voilà mon chapeau. Vêtu deeelle iaçori ; les milices, vous prendront pour un des leurs, et vous parviendrez ain-i , je l'espère, à échapper i leur poursuite.». (Arthur met la capotte)

ÏX-^, maria.

"*, le luniulU augmente! bientôt il-sera trop lard.

DONALD

(C'est fini. ( Prenant nue paire de pistolets dans un secrétaire et les donnant à Arthur. ) Voilà votre passe-port , pariez.

aathur , prenant les pistolets et serrant la main de Donald.

Excellent fi ère! (A Madame IVilson. ) Adieu , Madamel adieu , mu mère! [Il sort par l'escalier à^auc/ie. )

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