‹ La famille JouffroyChapitre 27 sur 60 · I.\ FAMILLE JOUl'TllOY m · texte numérisé non relu

I.\ FAMILLE JOUl'TllOY m

excellenl augure. Ali ça! vous serez belle, ce oir? que dis-je, belle! belle, c'est tout simple, mais éblouissante., n'est-ce pas?

— Non! jamais homme si pervers, m dégradé qu'il soit, n'a tenu pareil I m i ■ à mu' femme de dix-neuf ans... à une femme qui ne lui a pas donné le droit de douter d'elle! Mon Dieu! mon Dieu !

— Qu'avez-vous donc?

— Oser nie proposer un marché infâme! oser me dire : Ayez vos amours, j'aurai les miens; [mis, l'âge venu, tous deux vieillis dans le vice, nous parlerons du bon temps...

— Écoutez-moi... je...

— Un homme trompe sa femme, c'est odieux! s'écria douloureusement Aurélie; mais en lin, en outrageant sa femme, cet homme la respecte ordin airemenl encore assez pour lui dire : Madame, prenez garde... mon infidélité ne justifierait pas h votre! l'honneur vous ordonne de répondre à mon outrage par une conduite irréprochable.

— Quoi! l'absurde, le féroce égoïsme de ces stupi.des et jaloux butors ne vous révolte pas, ma pauvre Aurélie? Quoi! traitant de crime abominable les doux méfaits qu'ils commettent à la journée, ils disent à leur femme...

— ■ Ils disent à leur femme : « Je suis un misérable; mais votre honneur vous défend de m'imiter! » Vous, monsieur, vous me dites : « Je suis un misérable! Allons, ma chère, imitez-moi: montrez-vous encore plus misérable que moi... vous boirez le calice de la honte jusquà la lie, car le momie est sans pitié pour les fautes de l'épouse! » Mon Dieu ! ajouta la comtesse, et ses sanglots éclatèrent, on se résigne à n'être plus aimée, à être dédaignée, sacrifiée, mais l'on ne se résigne pas à une pareille insulte!

Mm° Jouffroy entra dans le boudoir au moment où la comtesse fondait en larmes.

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