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NOËL JUCHEREAU, SIEUR DES CHATELETS

La commune de la Ferté-Vîdame, en France, fait partie du département d'Éure-et-Tx)ir.

La Ferté-Vidame appartenait autrefois k la partie de Tancienne province du Perche nommée le Thimerais.

Cette commune s'appela d'abord la Ferté-Emaud) mais on lui substitua le nom de la Ferté-Vîdame, parce qu'elle eut longtemps les vidâmes de Chartres pour seigneurs. •

Le Thimeraîs, ainsi nommé du lieu de Thimër, ruiné dans le onzième siècle, renfermait, outre la Ferté-Vidamo,Châteauneuf-en-Thimeraîs, Senonches, Brezolles, l'abbaye de Saint-Vincent-aux-Bois, la collégiale de Maillebois et sept prieurés, les châtellenies de Champrond, Longny et la Loupe, etc., etc.

On donnait aussi au Thimerais le nom de Terres démembrées, parce que ces terres furent distraites, à l'origine, du Grand Perche.

C^est à la Ferté-Vidame, vers la fin du seizième

8iëcle,que naquit Noâ'l Juchoroau,9ieurde8 Châtelet8.( 1)

La famille Juchereau iStait fort bien po-^ée dans le Perche. Elle avait de nombreux représentants dans la ville de Mortagne où plusieurs Juchereau occupaient dans la magistrature des charges importantes.

Noël Juchereau, sieur des Ohâtelets, étudia la loi et obtînt le degré de licencié en droit.

En 1632, il vint au Canada, dans les intérêts de la Compagnie des Cent- Associés.

Mais les Cent- Associés étaient alors bien près de la banqueroute et ils cédèrent bientôt le droit du commerce de la colonie à un syndicat qui devait virtuellement les remplacer. Le directeur de cette association particulière était Jean Rozée, marchand de Rouen. Antoine Cheftault de la Regnardiëre, avocat, de Paria, en était le secrétaire. IjCs six autres membres se nommaient Jacques Castillon, bourgeois de Paris, Jacques Bcrruyer ou Beruhier, seigneur de Maiiselmont, Jacque Duhamel, marchand de Rouen, le conseiller Pouquet, Jean de Lauzon (qui devint gouverneur en lt>5l), et Noël Juchereau, sieur des. Châtelets. Ce dernier était le seul qui résidât dans la colonie. (2)

M. Aubert de la Chesnaye écrivait en 1676, rappelant ce qui s'était passé de 1682 à 1645 : " Ceux de la compagnie des Cent, qui étaient dos personnes de, dignité et de considération, résidant à Paris, jugèrent à propos de laisser le soin et les avantages du commerce pour le Canada aux marchands de Rouen et de Dieppe auxquels quelques-uns de ceux de Paris se joignirent. Ils furent chargés de payer les appointements du gou-

(1) Les Châtelets, commune d'Eure-et-Loir, à 44 kilomètres de Chartres.

(2) L'abbé Ferland, Cours dC histoire du Canada^ volume 1er, pages 222, 284, 293.

verneur, de lui fourinr sa nourriture, d'entretenir les jBTarnisons de Québec et de Trois-Riviëres, fournir les ehodes nécesBaires pour la guerre, de se payer sur les produits et de rendre compte du surplus au corps de la compagnie (les Cent) en son bureau à Paris. (1)

Kn 1645, les Cent-Associés abandonnèrent une partie do leur commerce entre les mains d'une compagnie dite des Ilabitant?. Par Tentante conclue le 6 mars de cette année, la Compagnie des Habitants obtenait la liberté du commerce pour son compte, sans remplacer toutefois Faneienne organisation des Cent-Associés ; mais en retour du privilëge qui leur était octroyé, les Habitants devaient entretenir le gouverneur-général, ses officiers, les soldats des forts et habitations, les nourrir, payer leurs appointements, réparer les forts, et tenir au moins cent hommes dans les garnisons. (2) M. Juchereau« sieur des Ch&telets, fut nommé commisgénéral de la Compagnie des Habitants.

A l'automne de l'année suivante, il recevait sa nomination de commis-général sur les vaisseaux pour tous les achats. (8)

M. Juchereau, sieur des Châtelets, a joué dans la colonie de la Nouvelle-France, un rôle considérable, de 1682 à 1648.

Agent ou commis-général de la Compagnie des Marchands, M. Juchereau, sieur des Châtelets, était un des premiers personnages de la colonie naissante. On le voit figurer dans toutes les occasions solennelles.

(1) Collection de manuscrite, volume I, page 248.

(2) Benîûvnm Su\fey L'organisation militaire du Canada. Mémoires de la Société Royale du Canada, deuxième série, volume II, page 15.

(3) Journal des Jésuites. The Jesuit Relations and allied documents, volume XXVIII, page 234.

En 1639, lorsque les religieuses Ursulines arrivent au Canada, c'est lui qui loge la Mère de l'Iiicaniation et ses vaillantes compagnes. On lit dans Tsicte de réception du 28 septembre 1639: >'Les prières finies, nous menâmes les dites Révérendes Mères Religieuses Ursulines* et la Dame de la Feltrie en un corps de logis appartenant à Noël Juchereau,* meur des Châtelets, et ses associés, scis sur le bord de la rivière Saint- Laurent au-dessous du magasin- de Messieurs de la Compagnie de la Nouvelle-France." (l) " Cette maison consiste, écrivait la sœur Cécile de Saihte-Croix, en deux chambres assez grandes,une cave et un grenier. On nous- a fait une clôture de pieux do la hauteur d'une petite muraille, mais qui ne sont pas si bien joints qu'on ne puisse voir au travers. Pourtant, cela i^ous sépare, toujours des séculiers. Nous avons la plus belle vue. du monde, sans sortir de notre chambre. Nous voyons arriver les navires, qui demeurent toujours devant notre maieon tout le temps qu'ils sont ici." (2)

Au jour de l'an 1646, le Père Lalemant, supérieur des Jésuites, mentionne, entr'autres étrennes qu'il envoya à divers personnages, celles qu'il fit à M. Noël Juchereau, sieur des Châtelets : ** Je leur {aux Ursulines) envoyai deux images de saint Ignace et de saint François-Xavier en émail : on donna à Monsr. GiflTar un livre du P. Bonnet De la vie de Notre Seigneur^ à Monsr. des Châtelets un des petite tomes de Drexellius De Aeternitate ; à Monsr. Bourdon une lunette de

(1) Les Ursulines de Québec, depuis leur établissement jusqu'à nos jours, tome premier, page 22.

(2) Cette maison de M. Juchereau, sieur des Châtelets, ce petit logis sur le quai, dont parle souvent la Mère de T Incarnation dans ses lettres, occupait remplacement de Thôtel Blanchard ou Cloutier, à la basse-ville.

GalVtec où il y avait une boussole, et à d'autres des reliquaires, chapelets, images, etc." (1)

Le. dimanche après les Rois de cette même année 1646, M. Juchereau, sieur des Châtelets, qui était marg^uillier de Québec, avec M. Robert Giffard, le premier seigneur de Beauport, donnait le pain bénit, eu société r.vec son collègue : " Le 6, jour des Rois, il n'y eut p>oînt de pain bénit, mais seulement le dimanche d'aprèd ; tous les deux marguilliers le firent ensemble, savoir M. des Châtelets et M. Giffar." (2)

" Le Jeudi-Saint, même année, M. Juchereau, sieur des Châtelets, figure dans la cérémonie du lavement fies pieds: "Il y eut lavement des pieds à l'hôpital oà assista le Père Vimont; M. des Châtelets et autres y lavèrent les pieds à 18 sauvages, qui furent ensuite régaler." (3)

Un peu plus tard, il s'agit de la procession du Saint- Sacrement, et M. Noël Juchereau, sieur des Châtelets, est encore dans les honneurs: " Pour la procession, il fut arrêté que M. le gouverneur nommerait qui il lui plairait pour porter le dais de sa part, quei les deux marguî.llierô le porteraient aussi et un sauvage: que les anné^ d'après les marguilliers avec le curé aviseraient à qui il le faudrait offrir de le porter, la disposition de trois bâtons leur étant laissée libre et la disposition du 1er à M. le gouverneur. Ceux qui le portèrent cette année furent M. Tronquet de la part de M. le gouverneur, Monsr des Châtelets et M. Giffar, marguilliers, et Noël Negabamat" (4)

( l ) Journal des Jésuites. — The Jesuit Relations and allied documents^ volume XXVII, page 142.

(2) Idem, page 144.

(3) Ibidem, volume XXVIII, page 176.

(4) Ibidem, page 192.

Le 27 mars 1647, le roi de France signait un " règlement pour établir un bon ordre et police en Canada." Ce règlement, dit M. Tabbé Ferland, était une espèce de charte constitutionnelle, octroyant quelques libertés aux habitants du Canada. Il ne fut pas du goût de tout le monde puisque M. d'Ailleboust, alors gouverneur de Trois-Rivières, passa en France pou^* faire des représentations.

"Il prit la mer le 21 octobre 1647, lisons-nous dans V Histoire des Canadiens-Fravçais^ en compagnie de M. Noël Juchereau des Châteletp, tous deux délégués par les habitants pour obtenir la réduction du traitement du gouverneur-général de vingt-cinq mille à dix mille francs, et autres changements qui furent approuvés par un arrêt du 6 mars 1648.'' (1)

M. Juchereau, sieur des Châtelets,mourut en France, au cours de ce voyage,laissant bien des regrets dans la colonie.

La nouvelle de sa mort parvint d'une manière bien singulière à Québec. Au mois de juillet 1649, arrivèrent en cette ville une trentaine d'Abénaquis, qui apportaient des lettres venues par voie de la Nouvelle- Angleterre. Parmi ces lettres, il s'en trouvait une de madame de Repentigny, A son mari, datée du 31 juillet 1648, — un an auparavant, — dans laquelle elle annonçait le décès de M. Juchereau, sieur des Châtelets.

M. Juchereau, sieur des Châtelets, ne s'était pas marié. (2)

(1) Benjamin Sulle, Histoire des Canadiens- Français, tome IIT, pfcge )4.

(2) Ignotus, La Presse, 24 di»eembre 1808,

PiEMiàsK oftwÉBATiox : Jka.v Juchrbbau, sibur dp. Maur

JEAN JUCHEREAU, SIEUR DE MAUR a)

Jean Jachereau, sieur de Maur, était le frère de Noël Jachereau, sieur des Châtelets.

Comme luî il était né à la Ferté-Vidame, au diocèse de Chartres».

C'est en 1634, qu'il vint rejoindre son frère dans la Nouvelle-France avec sa femme, Marie Langlois, (2) et ses quatre enfants.

Le 15 janvier 1635, Jean.Juchereau, sieur de Maur, et Noël Juchereau, sieur des Châtelets, se faisaient concéder un espace de terre compris entre le Cap-aux- Diamants et le vallon du Cap-Rouge. Le gouverneur de Montmagny trouva bientôt que cette concession touchait de trop près à la ville, et qu'il était mieux de laisser une banlieue, oh aucun fief ne serait concédé et où toutes les terres seraient tenues en la censive de la

(1) Maur, Maure, liftiureà ou More. Maur est la véritable orthographe. Saint-Maur est un lieu de pèlerinage célèbre situé à quelques kilomètres de la Ferté-Vidame.

(2) Elle était fille de Langlois, écuyer, seigneur de

la Potherie et do SaîntRoch.

Compagnie de la Nouvelle-France. Pour cette raison, il déplaça la concession du sieur de Maur et de son frère, feu M. des Châtclets, dont il était l'héritier, et il lui donna en retour, de l'autre côté de la rivière du Cap- Rouge, une étendue de terre égak». (1)

Le 18 septembre 1647, le gouverneur de Montmagny concédait à Jean Juchereau, sieur de Maur, " cinquante arpents de terres situées le long du fleuve Saint- Laurent,proche Québec." C'est la seigneurie de Maur ou de Saint-Augustin. La Compagnie delà Nouvelle- France ratifia cette concession le 29 mars 1649. Juchereau de Maur lut mis en possession de sa seigneurie par le gouverneur d'Ailleboust, le 9 iavril 1650.* (2)

M. Juchereau, sieur de Maur, contribua beaucoup à créer le courant migratoire qui s'établit vers o'^tte époque entre le Perche et la Nouvelle-France. M. Baraeau lui en a rendu un témoignage non équivoque : " Ce fut, dit-il, sous la double influence de M. GiflTard et de M. Juchereau que s'accomplit l'immigration percheronne.''(3)

M. Suite a été encore plus explicite. ''Tournons, vlit-il, nos yeux sur Beauport et la côte de Beaupré. C'est là que fut le berceau du Canada, le nid d'éclosion des cultivateurs, la terre promise des ''habitants." Celui qui joua dans cette occasion le rA\e de Moïse et qui eut le bonheur de vivre de longues années avec le peuple qu'il avait tiré de la France, se nommait Robert Giftard. Il était du Perche et amena des familles choisies pour la tâche qu'il leur réservait. Son josué

(1) Douglas Brymnor. Rapport sur le& . archives du Canada povr l^'85, page 81.

(2) Philias Gagnon, Bulletin des Recherchas Itistoriques, volume VII, page 52.

(3) La France aux colonies, jage 308. ■.

PC nommait Jean Jiichcreau,de la Beaiice,(l) pays limitrophe du IVrthe ; il recruta dans la Beauce des gens pareils à ceux de Giffard. Quoiqu'eu petit nombre, ces familles se mirent résolument à défricher et à labourer, deux opérations qui leur convenaient en tous points, à cause de leurs antécédents. Les colons de ces deux seigneurs étaient d'une trempe exceptionnelle et calculaient sur leurs propres ressources pour se tirer d'affaires. Ces hommes du Perche, de la Beîiuce et de la Normandie étaient débrouillards, exerçant tous des métiers, bons cultivateurs!, entendant la manière de se gouverner et ne demandant de secoure qu'à leur travail. Giffard et Juehereau ne pouvaient faire un meilleur choix." (2)

Lorsque M. de Tracy, lieutenant-général de l'Amérique Méridionale et Septentrionale, repissa en France en 1667, il ne cessa pas de s'occuper des intérêts de la Nouvelle-France. Dans une lettre qu'il écrivait au ministre quelque temps après son arrivée à Paris, à la suite de quelques suggestions importantes, il demandait qu'on accordât des lettres de noblesse aux sieurs Jean Bourdon, Pierre Boucher, Denis^ Joseph Ruette d'Auteuil et Jean Juehereau, sieur de Maur. (3) Le roi ne donna pas suite à la recommandation de son fidèle serviteur.

Marie Langlois, épouse de Jean Juehereau, décéda à Québec, le 14 janvier 1661, et fut inhumée dans l'église paroissiale, sous son banc.

Jean Juehereau, sieur de Maur, mourut à Beauport,

(1) Nous avons vu plus haut que Jean Juehereau, siour de Maur, était de la Ferté-Vidame.

(2) Beauport V8 Québec, L'j^y^nemen^,2l septembre 1898,

(3) L'abbé Ferland, Cours d'histoire du Canada^ tome II, page 60.

" en rhabitation de M de Saint-Denys, son fils," le 7 février 1672, à l'âge de 88 ans, et fut inhumo le surlendemain dans le cimetière de Beauport. (1)

Enfants: IJean , II Nicolas; II [ Noël; IV Ge. neviève.

JEAN JUCHEREAtJ, SIEUR DE LA FERTÈ

Jean Juchereau, sieur de la Ferté, fils aîné de Jean Juchereau, sieur de Maur, prit ce nom de la Ferté en souvenir du lieu de sa naissance, la Ferté-Vidame.

Le 7 septembre 1661, M. Charles de l^uzon-Charny, qui tint quelque temps les rênes du gouvernement après son père, lui fit, ainsi qu'à son frère, Nicolas Juchereau, sieur de î>aiiit-Denyâ, une concession de terre de seize arpents dans sa soîgn îurie de Charny, île d'Oriéans.

M. de Lauzon décrit ainsi la concession qu'il accordait aux deux frères : " Huit arpents de terre de front sur le fleuve de Saint-Laurent, du côté du nord, pour le sieur -îean Juchereau et autres huit arpents pour le dit sieur Nicolas Juchereau, faisant le tout la quantité de seize arpents de terre de haut sur le dit fleuve Saint- Laurent, etc., etc."

Le Conseil Souverain de la Nouvelle-France fut établi au mois d'avril 1668. M. de la Ferté fut un des premiers appelés à exercer la charge de conseiller au

(1) Jean Juchereau de Maur avait une soeur, Françoise? qui ne vint pas dans la Nouvelle Franco, bîlle se maria, le 18 octobre 1627, à Louis Bormon, écuyer, sieur de la Martinière, et fut la mère de Claude de Bermen, sieur de la Martinière, qui, à la sollicitation de son cousin, Nicolas Juchereau de Saint-Denys, passa dans la Nouvelle-France et y joua un rôle important. Voyez Claude de Bermen, sieur de la Martinière, par J.-Edmond Eoy.

nouveau Conseil. Maïs il fut bientôt démis par le gouverneur de Mésy.

MM. de la Fert6 et d'Auteuil, de concert avec le procureur général Bourdon et M. de Chamy, qui représentait révS(|ue au Conseil, s'étaient opposés à la nomination de M. Lemiro comme syndic des habitants- Une première élection de syndics avait été faite en assemblée publique convoquée légalement par le Conseil, et M. Charron avait été nommé. Mais celuici résigna presque aussitôt. Une assemblée convoquée pour une nouvelle élection fut sans résultat. Enfin, une troisième assemblée, convoquée par le gouverneur seul, ce qui était illégal, nomma M. Lemire.

C'est contre cette nomination, qu'ils regardaient comme tout à fait illégale, que protestèrent les conseillers. Le gouverneur de Mésy, qui était d'un caractère extrêmement violent, ne put se contenir et, le 19 septembre 1664, il prononçait la destitution de MM. de la Ferté, d'Auteuil, do Villoray et Bourdon.

A la séance suivante, le 24 septembre 1664, il nomma, de son propre chef, un procureur général et de nouveaux conseillers, pour remplacer ceux qu'il venait do destituer.

M. de Tracy, arrivé à Québec le 30 juin 1665, ne prit pas de temps à se rendre compte de la conduite illégale et extraordinaire de M. de Mésy, qui était décédé dans l'intervalle, et le 23 septembre 1665, il installait solennellement tous les anciens conseillers, MM. de la Ferté, d'Auteuil, de Villeray, de Tilly, Damours et le procureur général Bourdon. (1)

(1) Sur les difficultés de M. de Mésy avec le Conseil Souverain, on peut consulter Gameau, Histoire du Canada^ volume premier, pages 200 et seq, Tabbé Ferland, Cours 'dhistùire du Canada^ volume second, pages 21 et seq, et Tabbd Gosselin, Vie de Mgr de Laval^ tome premier, pages 445 et seq.

Mgr de Laval avait ordonné que le tiers du revenu de r Hôtel-Dieu de Québec serait employé pour les pauvres. Comme cela obligeait les religieuses de l'Hôtel-Diea à un compté fort exact, et que ces dames avaient peur de manquer à la moindre chose, elles demandèrent le partage de tous leurs biens, de manière que chacun eut le soin de retirer ses rentes. L'évêque de Québec trouva cette demande raisonnable, et convint qu'il fallait fjiire estimer les biens de l'Hôtel- Dieu par des arbitres, afin d'en faire une juste séparation. Les religieuses de l'Hôtel- Dieu choisirent comme arbitres MM. Gauthier de Comporté et Jean Jucherean, sieur de la Ferté. On nomma pour les pauvres MM. Hazeur et Pinguet. Tous quatre s'acquittèrent parfaitement de leur tâche, et, en 1G64, les partages furent faits suivant leur estimation. (1)

En ltî63, le gouverneur d'Avaugour avait afiermé le poste de traite de Tadoussac pour deux années coneécutives à dix-sept particuliers : MM. Juchercau de la Ferté, de la Tesserie, des Cartes, LeQ-ardeur, Gourdeau, LeGardeur de Tilly, Desprez, Bissot, Damours, Charron, Madry, MarsoUet, LeGardeur de Villiers? Chartier, P. Denis, Bourdon et Jucherean de Saint- Denys. M. d'Avaugour n'avait pas suivi la pratique du pays qui était de vendre le privilège de la traite de Tadoussac aux enchères publiques. Aussi les habitants ne tardèrent pas à se plaindre au Conseil Souverain, qui, le 4 octobre 1666, mettait à néant le bail consenti par M. d'Avaugour. Us ne furent pas plus avancés car au mois d'avril précédent le roi avait disposé de la traite de Tadoussac en faveur de la Compagnie des

(l) Mère Jucherean do Saint-Ignace, Histoire de V Hôtel- Dieu de Québec, page 231.

ludcà Occidentales qui s'était formée deux années auparavant.

A la mort de son père, en 1672, M. Jucherean, sieur de la Ferté,hérita de la seigneurie de Maur ou de Saint- Augustin.

Le sieur de la Ferté mourut à TIIÔtel-Dieu de Québec le 16 novembre 1685, et fut inhumé le lendemain dans le cimetière des pauvres de l'Hôtel- Dieu. Il était âgé de 60 ans.

Il avait épousé, à Québec, le 21 novembre 1645, Marie, fille de Robert Giffard, seigneur de Beau port, et de Marie Benouard. (1) Elle mourut à Québec le 11 août 1665, et fut inhumée le lendemain dans le cimetière des pauvres de THôtel-Dieu.

De leur mariage naquirent : I Noël ; II Jeanne- Françoise ; III Marie-Ix)uise ; IV Charlotte ; V Paul- Augustin ; V£ Marie; VII Denis-Joseph.

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