I. XoEL JUCHSRBAU DE LA FbRTÉ
Né à Québec le 3 juillet 1647.
Son père Fenvoya recevoir son instruction en France. Il se livra ensuite pendant deux années à l'étude de la médecine et de la pbarmacie.
(1) "Le 4 (novembre 1645), nous fusmes invités le Père Vimon et moi d'assister uu contrat de mariage do la fille de Mun^. Giffar ; nous y assistâmes mais nous n*y signâmes
point. M. le gouverneur et plusieura autres signèrent"
" Le 21 (novembre 1645) se fit le mariage et les noces de Marie Gitfar et du fils de Mons. de Maure, où le P. Vimon ftssisla/'— Journa/ des Jésuites. The Jesuit Relations and allied documents^ volume XXVII, pages 96 et 98. Mgr Tanguay {^Dictionnaire généalogique^ volume 1er, page 266) fait naître madame de la Ferté à Québec le 12 juin 1634 et lui donne le prénom de Françoise. Il Ta confondu avec sa sœur Marie-Françoise qui fut religieuse à l'Hôtel-Dieu de Québec. Madame do la Ferté était née on France, probablement à Mortagne, vers 1628, puisque son contrat de mariage la dit âgée de 17 ans environ.''
C'est en 1665 qu'il résolut de se consacrer au salut des âmes dans la ('Ompagnie de Jésus.
Le frère Juchereau était infirmier de la résidence de Québec lorsqu'il se noya dans le Saint-Laurent le 3 novembre 1672.
"Son rare talent, joint aux émînentes vertus de sa vocation, lui avait acquis, dans un haut degré, la vénération non moins que l'amour des Français de la colonie et des sauvages. Homme de prière et de travail, il donnait, chaque nuit, deux heures au saint exercice de l'oraison, avant le réveil de ses frères ; et bien qu'il fût accablé tout le jour par les malades qui recouraient à sa charité, la présence de Dieu lui était si familière et si vive que, dès qu'il se trouvait seul un moment, il se prosternait pour offrir h Notre-Scigncur quelque acte fervent d'amour et d'adoiation. A l'arrivée et après l'examen de chacun de ses vibiteurs, il lui remettait quelque livre de dévotion i»our occuper son esprit des choses de Dieu, pendant que lui-même préparait les médicaments nécessaire-»; et celte pieuse industrie servît à la sanctification d'un grand nombre d'âmes.
" Ce bon frère avait le plus tendre amour pour la Reine des anges. Tous les samedis, il allait en son honneur, à jeun et tête nue, même en hiver, quelque fût la rigueur du froid, visiter et soigner les pauvres sauvages de Notre-Dame de Foye, à quatre railles do Québec. Souvent il lui recommandait humblement ses malades ; et cette Mère de bonté, qui le favorisa plus d'une fois de sa présence, exauçait si visiblement ses désirs, qu'il finit par lui demander des guérisons un peu moins promptes, dans la crainte de se voir attribuer à lui-même le don des miracles. Peu de jours avant le naufrage où il périt une lumière intérieure fit
comprendre au frère Juchereau qu'un danger prochain le menaçait; et il s'y préparai par un redoublement de ferveur, de pénitence et de charité. La veille même de sa mort, comme il s'^iccusait aux pieds de son confesseur de quelques légères imperfections, il reçut une grâce de larmes et de contrition si extraordinaire, que les sanglots lui coupèrent la voix. L3 lendemain,s'étant embarqué sur un frêle canot d'écorce, pour aller visiter ses chers malades, il fut victime au milieu du fleuve d'un accident imprévu, et il périt dans les flots, au moment oh il récitait avec ses compagnons les litanies de la Sainte Viergs, c'est-à-dire dans l'acte même de la prière, du zèle et de la charité." (1)
Une religieuse de l'Hôtel- Dieu de Québec a dressé une liste des " Serviteurs et servantes de Dieu qu'elle croyait être dans lo ciel et qui ont été zélés pour le bien de cette église de Canada et desquels Dieu s'est servi pour l'établir." Elle place au premier rang le frère Noël Juchereau de la Ferté. (2)
IL Jbanne-Fkancoisb Jucherbau dr li Fehtb
Née à Québec le 1er mai 1650. (3)
" Peu de temps avant la mort de la mère Marie- Françoise Giffard de Saint-Ignace, madame Juchereau de la Ferté, sa sœur, lui ayant amené sa fille Jeanne- FrançoiBe,qui n'était encore âgée que de six ans et demi, la mère de Saint-Ignace la fit approcher de son lit, et l'ayant bénie avec une vive expression de tendresse.
(1) Ménologe de la Compagnie de Jésus. Assistance de France, 3 novembre 1672.
(2) Bulletin des Recherches Historique, volume IX, page 81. On a publié dernièrement un |»orLrait du frèi-e Juchereau. Nous sommes en mesure de prouver qu'il n'est pas authentique.
(3) Baptisée le 7 juillet 1650.