‹ La famille Juchereau DuchesnayChapitre 66 sur 126 · Juchereau de Saint-Denys. Elle mourut · texte numérisé non relu

Juchereau de Saint-Denys. Elle mourut

enfant dans un incendie.

LOUIS-IGNACE JUCHEREAU DUCHES^îAY

Ké à Beauport le 3 août 1743.

Décédé à Beauport le 7 octobre 1743, et inhumé daas l'cglise.

Née à Beauport le 28 février 1745.

Décédée à Beauport le dernier jour d'avril 1745, elle fut inhumée dans le cimetiëre paroissial.

PRIMI^RB GivftRATIOV .* JRAX JUOBIRRAU, SIRUS DB HAOS DKUXIÂXB OfoiRATIOH : KIOOLAR JUCaRRRAU, 8IRUR DR SAUfT-DRlTTS TR'lIâlilf R OÊyftRATIOir : lOXACR JUCHBBRAU DUORRRNAT DR SAIRT-DRITTS QUATRlàxiOftiriRATTOir : ANTOINR JOCHRRRiU DUCItRSirAT, 8R CtVQUliMf GiirtRATlOK : AVTOINR iUORRRRAU DU0HR85AT, JR

Né à Beauport le 7 février 1740.

II entra comme enseigne dan» les troupes de la marine.

Ses descendants conservent avec soin l'ordre suivant qui lui fut donné par M. de Bougainville, qui devait s'illustrer quelques années plus tard par ses voyages t

'* Louis- An toi ne de Bougainville, colonel d'infanterie, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint- Louis, commandant sur la frontière du lac Champlain.

"M. Duchesuay, enseigne en pied de nos troupes de la Marine, partira demain dans un petit canot d'é. corce, avec cinq Canadiens, pour se rendre au fonds de la baie de Mîsiskoui, qu'il fouillera pour découvrir s'il n'y a point de détachement ennemi. Il doublera pour cet eflfet la pointe du détour, pour se rendre à rîle aux Cochons, et de là vers les rivières de Misiskoui et au Brochet.

" Dans tous les lieux suspects, M. Duchesuay observera de ne marcher que do nuit. En cas qu'il fût obligé par des berges ou la marine ennemi d'abandonner son canot, il se jettera à la côte du Roi de la Baie,

i-IIOX. WroiNS JU IIU'R U LU 2 N.W, It

et fora poar 66 rendre vis-à-vis de FIle-aux-Noix, le N.-O. ; arrivé à portée de Tîle il fera signal de deux coups de fusil tirés à une demie minute Tune de l'autre. Si M. Duchesnay rencontrait l'armée ennemie ou un détachement considérable d*ici à la pointe du détour ou à l'entrée de la baie de Mîsiskoui, il reviendrait sur le champ m'en donner avis. Au reste on peut s'en rapporter entièrement au zèle et à l'intelligence de cet oflScier dont la commission est aussi délicate qu'intéressante.

'' Fait à l'île aux Noix ce 16 juillet 1760.

" De Bougainville. "

En 176 i, il servit comme capitaine dans un corps canadien levé pour soumettre les Sauvages.

En 1776, il fut un des premiers qui abandonnèrent leurs intérêts pour se rendre au fort Saint-Jean, où après un siège dangereux, il fut fait prisonnier avec nombre de ses compatriotes qui comme lui avaient marché volontairement à la défense de la Province contre l'invasion des rebelles. Après dix-huit mois de captivité dans les colonies bostonnaises, il fut échangé à la Nouvelle-Tork par le général Howe, conquérant dé cette ville, avec tous ceux qui avaient été faits prisonniers en Canada. (1)

On connait les différends du gouverneur Haldimand avec Pierre du Calvet. Pendant que ce dernier était tenu en prison à Québec par le soupçonneux gouver-

(1) M. Tabbë Verreau, dans son ouvrage Invasion du Canada, paçes 320, 324 et 325, publie trois lettres adressées par M. Duchesnay, pendant sa captivité, à son ami, Thonorable M. François Baby. Les rebelles profitèrent de son absence pour piller son manoir de Beauport. Voyez à ce sujet un curieux procès-verbal dans le Bulletin des Recherches Historiques^ volume IX, page 175.

Tieùr, un île ses créaiicierd, M. Davidson, fit saisir ses propriétés pour une dette de tfl06L M. Dnchesnay ne connaissait pas même duCalvet, niais touché de ses malheurs il lui prêta tout Tardent nécessaire p.mr se débarrasser desôn peu commode créancier. (1)

• Lé 10 Juillet 1792, M. Dachesnay était élu député de Buckingham k la Chambre d'Assemblée de la province du Bas-Canada. Ce comté comprenait en tout ou en partie les comtéâ actuels d'Yàmaska, Drummond, Nicolet, Lotbiniëro,8herbrooke et Mégantic.

Le 29 décembre 1794, il était nommé au Conseil Exécutif. (2) Il ne recevait pas do traitement.

L'honorable M. Duchesnay mourut à Beauport lé 15 décembre 1806. Il fut inhumé dans l'église de Beauport, du côté de répitre,sous le banc seigneurial, le 19, avec les honneurs militaires.

*' " Une grande fortune, déclare le Canadien du 20 décembre 1806, accrue par son industrie lui 'à souvent fourni l'occasion de rendre service à ses concitoyens ;

* aussi emporte-t-il l'estime et les regrets de ses parents et amis. "

11 était à sa mort seigneur de.Beauport, Saint-Roch des Aulnaies, Fossembault,Gaudarville et autres lieux, et colonel des milices de la division de Beauport.

La mort de M. Duchesnay donna lieu à un procès qui mit en ébullition toute la société de Québec.

" M. Duchesnay avait laissé un testament olographe, et la famille, madame veuve Duchesnay, née Catherine

(1) Pierre du Calveta ])ublic dans son livio, Tke Ctise of Peter du Calvet, Esq. of Montréal, in the province of Québec, pages 197 et 264, les deux lettres que lui écrivit M. Duchesnay à eetie occasion.

(2) Ses lettres patentes arriveront à Québec dans Tété de 1795 ; ce qui expliqucqu*il siégea à la Chambre d' Assemblée même après le 1er jjinvior 17l»5.

Dupré, Antoine Juchereau Duchesnay, fils aîné du défrint, riionorable Gabriel-Elzéar Taachereau, et le docteur François Blanchet, «es gendres, avaient requis M. Joseph Planté et AT Roger Leliëvre, notaires de •Qnobee, d'ouvrir le dit testament, et d'en vérifier la teiéur. Puis ils l'avaient déposé en l'étude de M. Planté, pour servir de minute aux expéditions subséquentes.

*' Au mois d'avril une action fat intentée par l'i'xéteur testamentaire, M. Gabriel-Elzéar Taschereau, et madame veuve Duehesnay, contre l'honorable John Young, pour le recouvrement d'une dette. M. Olivier Perrault était l'avocat des demandeurs, et produisît une expédition du testament et de l'acte de dépôt, certifié par M. Planté. Le défendeur fit défaut. Au •jour fixé pour l'audition ex-parte^ l'avocat-général, M. Jonathan Sewell, comparut et soutint que l'action devait être renvoyée parce que l'expédition du testament et de l'acte de dépôt signée par le notaire n'était point un acte authentique ni prouvé au désir de la loi. M. Perrault soutint que l'expédition était valide, que le testament était olographe et dans la forme des anciennes lois françaises, qu'il n^avait pas besoin d'être prou. vé ni vérifié. La Cour prit la cause en délibéré. Les juges de la Cour du Banc du Roi à Québec, étaient : rhonorftble Henry Alcock, juge en chef et grand juge pour la province, et leurs Honneurs MM. Thomas Dunn, Jenkîn Williams et P. A. de Bonne.

** Le 20 avril, la Cour du Banc du Roi décida que le testament n'avait pas été valablement authentiqué, et débouta l'action.

" Les héritiers firent alors une requête pour faire authentiquer et vérifier le testament devant la Cour. M, Planté comparut et présenta le document qui fut

vérifie. Pois il demanda qu'on lui remit le testament pour qu'il restât en son étude comme minute. Mais le juge en chef ayant exprimé l'opinion que cette pièce devait rester au greffe de la Cour, le notaire présenta une requête afin d'en conserver le di'pôt. M. Joseph- François Perrault, greffier, prétendit que c'était son privilège d'avoir la garde du testament. Un dialogue assez vif s'engagea. M. Olivier Perrault défendit la prétention de H. Planté. Enfin la Cour décida que ce point serait plaidé le 10 juin.

•* V affaire du testament avait pris des proportions qui passionnaient le public de Québec. La politique y mêlait sa note aigiie. Le greffier était un chouayen, Val ter ego du juge de Bonne. M. Planté, le notaire, était député du comté de Hampshire, et l'un des principaux membres d u parti patriote. C'était donc la lutte de chouayen contre patriote qui se transportait du forum, de l'assemblée et de la presse, an tribunal. Plusieurs des premières familles de la société québecquoise, les iamilles Dueheenay, Taschereau, etc., étant concernées dans l'afibire, on conçoit l'extraordinaire intérêt qu'elle provoquait dans cette ville. Tout le monde parlait de Vaffaire du testament,

^^ Au jour fixé, la joute légale eut lieu avec un grand éclat. Les sommités du barreau étaient aux prises. MM. J. A. Panet, orateur de la Chambre d'assemblée, et député de la Basse-Ville de Québec, et Pierre Bédard, député de Northumberland, comparaissaient pour M. Planté, M. Olivier Perrault comparaissait pour la famille Duchesnay, et M. Sewell, avocat-général et procureur-général, représentait le pouvoir public et les prétentions du greffier de la Cour.

" La Cour décida que le testament devait être déposé au greffe, et causa finita est. Les chouayens

Vcmportaiout, et il dût y avoir réjouissance dans le cercle de MM. de Bonne et Perrault, à Toccasion de cette petite victoire. (1)

L'honorable M Duchesnay avait é^iousé en premiëres noceé, à Beauport, le 12 août 1765, Julie-Louise TiiuarJde Bisiujeu, fille de Louis Liënardde Beaujeu, chevalier de Saint-TiOuis, capitaine dans les troupes de la marine, eu de Louise-Charlotte Cugnet.

Elle mourut à Beauport le 1er février 1773, à V&ge de 24 ans, et fut inhumoe dans l'église paroissiale, le 4.

Enfants : I Antoine-Louis ; II Julie-Marguerite • III François-Xavier ; IV Louise-Françoise ; Y Anonyme.

El secondes noces, à Saintr Pierre de l'île d'Orléans, le 7 mai 1778, il épous;i Catherine, fille de Jean-Baptiste LeCompte Dupré, colonel des milices et commissaire de paix de la ville et district de Québec, et de Catherine de Brouague.

Elle mourut à Québec le 14 novembre 1836, à l'âge de 77 ans, 8 m^is 3t 17 jour^s, et fut inhumée dans le cimetière do Sainte-Cathdrine de Fossembault le 17 ^î>vembre.

Enfants : VI Jean-Baptiste ; VII Charles-Louis • VIII Catherine-Henriette ; IX. Michel-Louis.

Page 1