BON CITOYEN ET GRAND CANADIEN
De retour des funérailles de l’hon. Maurice Dupré, à Québec, le sénateur Sauvé fait sur son ancien collègue, les réflexions suivantes: “Maurice Dupré avait plutôt une haute éducation européenne. Chez-lui le plan social dominait la politique. Il avait de grandes aspirations. Arrivé à Ottawa en 1930 sans aucune expérience parlementaire, et peu de la politique canadienne, il se mit au travail avec une volonté à toute épreuve. Sa pleine connaissance de l’anglais et son titre d’Oxford lui valurent une sympathie, un appui dont il sut profiter avec une constante énergie.
Mais en toute circonstance, Maurice Dupré était Québécois avant tout. Son cher Québec ! C’est-à-dire, aussi, absolument canadien-français. Il se donna sincèrement cette mission avec une ardeur et des activités démonstratives qui lui attirèrent des sympathies, des adhésions de haute valeur. Il agissait avec une certaine ostention quand généralement d’autres, par expérience, procédaient •dans l’ombre, à l’insu et à l’instar des ennemis. Il supporta ses revers politiques avec un aplomb caractéristique qui lui fit redoubler son courage pour la lutte aux grandes heures contre la citadelle libérale, maisi de façon à ne pas se faire d’ennemis chez ses adversaires. Avocat, il s’intéressera plutôt, me dit-on, aux grandes affaires de l’industrie, de la finance.
Bref, Maurice Dupré était un brave citoyen, un excellent chef de famille, un pur canadien, un profond chrétien, catholique romain.
Aussi ses funérailles furent-elles des plus imposantes par le concours éminent de l’affluence et des personnages officiels qui lui rendirent un dernier
hommage. Concours consolant pous sa famille éplorée qui mérite* les nombreuses sympathies qu’elle a reçues” {La Presse, Montréal 9 octobre 1941).