JELNESSE ET MARIAGE DE J. MONOD
mon père un buste en plâtre, de grandeur naturelle. La famille possède des copies assez nombreuses de ce buste, qu'on peut voir aussi dans la sacristie de l'église de l'Oratoire.
Je ne mentionne que pour mémoire un médaillon en cire, très bien réussi, de papa, qui a été déposé étourdi ment sur un poêle chaud et ne s'en est pas remis.
Jean Monod, né robuste, voulut dès sa jeunesse s'habituer à se passer de douceurs et de conforts inutiles. Il coucha à la dure et ne se permit qu'une nourriture frugale.
Nos traditions de famille se bornent à peu de chose relativement à la jeunesse de papa. Ce qui est certain c'est qu'il se montra aussi intelligent que studieux et se distingua par une conduite exemplaire. Il ne tarda pas à être au premier rang parmi les écoliers dans ses études classiques à Genève.
Il se décida à embrasser, comme son père, la carrière pastorale, et entra dans la Faculté de théologie de Genève oii il se maintint encore au premier rang. Il avait une voix admirable et une cloculion parfaite qui vinrent en aide à son intelligence et à ses solides études. Par ses sermons d'épreuve, il lit pressentir ce qu'il deviendrait comme prédicateur.
Les auteurs classiques, grecs et latins, lui étaient
familiers. Il termina ses études de théologie d'une façon brillante et fut consacré au saint ministère le 12 mars 1787, en même temps que JMM. Lescale et Molière.
Il s'était épris à Genève d'une jeune fille qui paraissait disposée à répoudre à son affection; mais ici encore, comme pour mon grand-père de Goninck, Dieu, pour le bonheur de la famille, coupa court à ce projet. La mère de Jean obtint de son fils de renoncer à cet amour naissant, parce qu'il y avait dans la famille de la jeune fille des phtisiques. L'événement prouva plus tard qu'elle avait agi prudemment; cette personne mourut jeune, de la poitrine.
Jean ne tarda pas à être distrait de ses chagrins d'amour par un événement qui devait décider de son avenir et de celui de sa famille. Il fut chargé de conduire à Pétersbourg une sienne cousine appartenant à la branche suisse établie à Morges. Elle avait été nommée par le czar Alexandre P"" gouvernante d'une de ses filles. — Une des petites-filles de Jean-François Monod avait épousé Charles Rath, général russe, et Henri Emmanuel, mentionné plus haut, avait été créé noble russe Livonien. C'est peut-être ce qui explique le choix fait d'une demoiselle Monod par Alexandre I" pour l'éducation d'une de ses filles.
Jean s'acquitta de cette mission en 1790. A son