‹ La famille Moronval drame en cinq actesChapitre 11 sur 50 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MAD. DE MOIIO N VAL, endormie sur un

lit de repos; INES, assise auprès d'elle et

trar aillant à un ouvrage de tapisserie ; DA- NIEL, qui entre par le fond.

INÈS. Doucement, doucement, Daniel; elle dort.

DANIEL. Puisse ce sommeil lui rendre uu peu de calme! Ma pauvre maîtresse!

oh ! qu’il y a dans ses traits d’accablement et de souffrance I

INÈS. Le médecin n’est-il pa9 encore venu ?

DANIEL. Et que peut le médecin pour la guérison de madame? ses douleurs morales la mettent dans un bien plus grand danger que l'affaiblissement de scs forces :

c’est l’amour maternel qui la tue. Allez, mademoiselle, ce n’est plus des hommes qu'il faut attendre du secours; il n’en faut attendre que do la Providence, qui d’un moment à l’autre peut nous ramener M.

dû Moronval,

INÈS. Il reviendra, Daniel. J’ai tant prié !

DANIEL. Chaque jour, mes prières 9e môient aux vôtres; mais nous avons beau faire et beau dire, madame croit que tout

est fini pour son fils et pour elle. Depuis cette nuit fatale — il y a trois mois de cela à peu près — depuis cette nuit où elle se réveilla tout à coup en criant : An secours!

on vient d’assassiner mon fils ; j’ai senti le poignard qui entrait dans son cœur.,, 11 s'est fait en elle une révolution qui l’a conduite en bien peu de temps aux portes du tombeau...

INÈS. Silence, je crois qu’elle s'éveille...

Daniel. Non , mais son sommeil est encore agité par des rêves pénibles...

MAD. DE MORONVAL, rirant. Est - CB lui?., est-ce là mon fils ? sanglant et pâle... O Dieu , qu’il est changé 1

DANIEL. Dire qu’elle ne peut goûter un instant de repos, pas même dans le sommeil !..

INÈS. Une seule pensée l’occupe.

MAD. DE MORONVAL, endormie. Est-ce toi qui m'attendais? où donc? dans le tombeau? Viens alors; donne-moi ta main...

Il y a long-temps que je suis prête.

INÈS, pleurant. Oh! mon Dieu! oh! mon Dieu ! j’aime encore mieux la réveiller que la laisser dans un songe aussi triste... ( Elle prend une mandoline et joue quelques mesures.) Essuie tes larmes, bon Daniel ; aie au-

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