‹ La famille Moronval drame en cinq actesChapitre 14 sur 50 · MAD. DE MORONVAL, OLIVIA , SOUS · texte numérisé non relu

MAD. DE MORONVAL, OLIVIA , SOUS

le nom de la marquise de Seront, INES, DANIEL.

MAD. DE MORONVAL. J’aurais voulu,

14 Lg MAGASIN THÉ ATA Al.

madame, tau» faire les honneurs de l'hospitalité que j'ai le plaisir de tous offrir.

Mais, mon état de souffrance m'rn ôte le pouvoir... ma fille m’a sans doute excusée auprès de vous?

OLIVIA. Vous ne pouviez, madame, être mieux remplacée que par cette charmante enfant... c’est à tous de me pardonner de n’avoir pas voulu accepter dans ce château un asile de quelques heures, sans en saluer la maîtresse... •

MAD. DK MORONVAL. Vous n’êtes point blessée , madame ?

OLIVIA. J'en ai été quitte pour la peur; Mon postillon m’aTersé si doucement, et il a si bien choisi sa place, que je n'ai vraiment pas le droit de me plaindre.

DANIEL. Il est certain qne la place a été on no peut mieux choisie, et madame pourra se. vanter d’avoir été versée sur la plus belle route de tout le Languedoc.

OLIVIA , souriant. Je m’en suis aperçue. . .

un pen tard. Je crois que tout le monde donnait dans ma voiture. Les chevaux sont entrés dans la berge, et il y avait une roue brisée quand nous nous nous sommes réveillés...

INÈS. D’après ceci, nous serions parfaitement heureuses de votre accident, si quelques momensde retard ne vouscontra* rient pas beaucoup?..

OLIVIA. Oh! pas le moins du monde...

je ne voyage que pour le plaisir de voyager, et je visite la France à petites journées.

MAD. DF. MORONVAL. Vous aussi , VOUS avex le goflt des voyages! . . Comment peuton abandonner sa patrie pour des pays inconnus, eteeuxqu’on aime pour desétrangers? Pardonnci-moi, madame, mais j’ai un fils qui voyage comme vous, qui est loin de sa famille comme vous êtes loin de votre famille, et je sais ce qu’on souffre quand on aime et qu’on attend.

Olivia. Moi, madame, en Italie, personne ne m’attend ni ne me regrette...

mad. DE MORONVAL. Quoi ? l'Italie est votre pays?... c’est l'Italie que vous quitte!?

OLIVIA. Oui, Madame.

mad. de moronval. Rome... avei-vous

habité Rome?

OLIVIA. J'habitais Forrare.

MAD. DE MORONVAL. Hélas, j'avais conçu nn espoir qui vient encore de s’évanouir...

Je pensais que vous avici pu connaître mon fils, mon fils qui vivant ou mort doitêtre maintenant en Italie... Je pensais déjà que Dieu vous avait envoyé ici pour m’apporter doses nouvelles... mais sans doute vous ne l'avei pas connu.

OLIVIA. De tous les étrangers qui visitent

mon beau pays, ic9 voyageurs français, madame, sont toujours ceux qu’on remarque davantage et qu’un aocucille avec plus do faveur... peut-être ai-je entendu parler de votre fils... quel est son nom?

MAD. DE MORONVAL. Le comte de Moronval.

Olivia. Le comte de Moronval... ce nom ne m’est pas inconnu... souffrez qua je rappelle mes souvenirs., oui, j’ai vu votre fils, à Ferrure... chez la comtesse Doria.

MAD. DE MORONVAL. Vous l’avez-vu! à quelle époque ?

Olivia. Mais... peu de jours aTantmon départ de l’Italie .. U y a un mois.

MAD. DE MORONVAL, INÈS, et DANIEL. Un mois !

INÈS. Entends-tn bien ma mère? un mois t

MAD. demoronval. Vous avez-Yumon fils! oh! ditc9, dites-moi tout ce que vous savez delui! — Il vous a parlé de moi, n’estce pas? il était triste en prononçant mon nom... pardonnez, mais il s’agit de mon Gis, de mon fils qui m'a laissée trois mois sans lettres et sans nouvelles, do mon fils dont je pleurais déjà la mort!

OLIVIA. En vérité, je regrette d’avoir si peu de chose ^ vous dire... il me semble en effet, que votre fils était triste, inquiet... si je. ne me trompe, il songeait à quitter l'Italie, il parlait de son prochain départ... assurément il doit être en route... vous allez le revoir... qui sait?.,, demain, aujourd’hui peut-être...

MAD. de MORONVAL. Aujourd'hui... ah I dites-moi... n’cst-cc pas mon fils qui vous envoie auprès de moi pour me préparer i\ son retour?., cette voilure brisée, cette hospitalité que vous êtes venue réclamer/i’cstce pas une ruse qu’il a imaginée?., je ne sais ce que je dis;... ma joie m’étouffe... C’est la providence qui a été touchée de mes larmes et qui vous a envoyée vers moi... oh !

quique vous soyez, qui m’avez rendu la vie et l’espoir, merci , merci ; sans vous je serais morte avant le retour de mon fils 1

INÈS. Mais comment est-il resté trois mois sans nous écrire?..

OLIVIA. Il vous a écrit sans doute; mais scs lettres auront été interceptées , perdues... vous craigniez un malheur irréparable; il n’y a peut-être dans tout ceci qu’un très simple accident... remettez-vous de celte émotion , madame ; et préparezvous A reprendre des forces pour le bonheur qui vous attend.

ANDRÉ, entrant. Le médecin de madamo la comtesse vient d’entrer dans son appartement...

mad. demoronval. Ah! je n'ai plus bcioin de lui!, je suis guérie... je suis heureuse!., je vais revoir mon fils!

LA FAMII.IB

INÈS. L’cxcés de la joie peut-être fatal comme celui de la douleur... ma mire, tu m'écouterai maintenant que je parle au nom de ton fils qui va revenir, de ton fils que je vais épouser... {Monument d’Olivia.) (l’est pour lui qu’il faut que la santé soit forte... vieus!..

u.\D. DEUOnoxvAL. Oui... tu as raison ; je ne veux pas que mon fils nie revoie pâle et souffrante., ce scraitun sujet d'inquiétudes pour lui. .. Daniel , donne des ordres. .. que la vieille maison prenne un air de fête...

que tout sourie à celui qui va revenir... et vous, madame, si vous voulez jouir du bonheur que vous avez apporté ici, si vous ne dédaignez pas les témoignages de mon affection et de ma reconnaissance, restez auprès de nous. .. attendez le retour de mon fils... vous m'avez dit que ce serait peutêtre pour aujourd’hui! — maintenant, Inès, jepuismarchersanstoi... reste... reste... ne m'accompagne pas... — -pour aujourd’hui!

Elle sort avec Daciel, lot» U «ait jusqu’au porte.

OLIVIA, seule sur le devant du théâtre.

Voilé donc la fiancée du comte de IVloronvall... elle est belle, cette jeune fille t

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